Le Centre Pompidou confirme s’ouvrir à l’acquisition de planches de bande dessinée.

Par Didier PASAMONIK 22 juillet 2024 
Le directeur du Centre Pompidou l’avait annoncé récemment à Beaux-Arts Magazine : l'institution parisienne s'ouvre à l’acquisition d’un fonds d’originaux de bande dessinée. La chose est désormais officielle avec l’acquisition d’œuvres de dix auteurs qui ouvrent la voie à d'autres.

Tout commence en 2006, lorsque Laurent Le Bon, fraîchement nommé conservateur au Centre Pompidou, monte une exposition Hergé absolument marquante, la fusée à damiers d’Objectif Lune couvrant la façade. Toutes les planches du Lotus bleu se trouvent exposées. Ravie, l’ayant droit d’Hergé, Fanny Rodwell, offre une planche de Tintin à l’institution, une page de L’Affaire Tournesol, comme Hergé l’avait fait lui-même au Musée de la BD d’Angoulême. Mais cette première acquisition du Centre Pompidou est sans lendemain. Laurent Le Bon n’est pas soutenu par l’institution et va faire carrière ailleurs. Seule une suite de dessins de Robert Crumb, offerte incidemment par Florence et Daniel Guerlain s’adjoint à cette première donation.

Le Centre Pompidou confirme s'ouvrir à l'acquisition de planches de bande dessinée.
En 2006, une exposition rétrospective sur Tintin

Et puis, quasiment 20 ans plus tard, Laurent Le Bon revient à la direction du Centre Pompidou, comme président cette fois. C’est désormais lui le patron et, entretemps, la bande dessinée a acquis ses lettres de noblesse dans le monde de l’art contemporain. Il lance la pharaonique exposition « La Bande Dessinée à tous les étages » qui court jusqu’au 4 novembre 2024, et l’idée de l’acquisition de nouvelles planches suit son chemin.

Laurent Le Bon : il veut constituer une collection de planches au Centre Pompidou
Photo ; D. Pasamonik (L’Agence BD)

À Beaux-Arts Magazine, il déclare : « En ce qui concerne la politique d’acquisition, je ne peux pas vous donner les noms, mais à la suite de la planche d’Hergé, nous aimerions conduire une politique d’acquisitions, en bonne intelligence avec les autres institutions qui présentent de la bande dessinée : la BnF et le Musée de la bande dessinée à Angoulême. »

Aujourd’hui, on les connaît, les noms : un communiqué vient d’être publié qui en donne la liste. Il s’agit de David B, Edmond Baudoin, Blutch, Nicolas de Crécy, Emmanuel Guibert, Benoît Jacques, Eric Lambé, Lorenzo Mattotti, Catherine Meurisse, ainsi que Fanny Michaelis qui a fait l’affiche de l’événement de cette année. Cette entrée en collection confirme que la bande dessinée constitue désormais, selon les mots du communiqué, « un pan majeur de l’histoire du dessin contemporain. »

Parmi les planches acquises, Eric Lambé et Edmond Baudoin.
© Centre Pompidou / DR

Eric Lambé s’en félicite sur sa page facebook annonçant qu’une séquence de sept planches de l’album Le Fils du roi entre dans les collections du musée. Le communiqué ne dit pas s’il s’agit de dons ou d’acquisitions, mais déclare former le vœu que «  l’entrée en collection de ces nouvelles œuvres, à la suite de celles d’Hergé et de Crumb, soit suivie par nombre d’autres afin de poursuivre cette dynamique tant attendue. »

Voir en ligne : LE SITE DE L’EVENEMENT

Par Didier PASAMONIK

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47 Messages :
  • Le centre Beaubourg tombe dans le piège d’un certain élitisme et oublie que la bande dessinée est avant tout un Art populaire !

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    • Répondu le 23 juillet 2024 à  12:44 :

      Un art populaire ? Hormis Astérix et les mangas, les albums plus vendus de ces dernières années coûtent près de 30 euros. Du temps a passé depuis quand vous achetiez Zig et Puce pour trois sous.

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      • Répondu le 24 juillet 2024 à  15:25 :

        Faut réviser vos tablettes, les meilleures ventes BD mettent toujours en avant d’anciennes licences franco-belge.

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        • Répondu le 24 juillet 2024 à  21:44 :

          Ben non, j’avais dit "hormis Asterix". La BD la plus vendue en 2022-2023 est le roman graphique de Blain et Jancovici. Sur le début 2024, c’est celui de Larcenet adapté de McCarthy. Livres onéreux qui ne ressortent pas de la "BD populaire", ni des anciennes licences franco-belges.

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  • D’un coté je me réjouis qu’un grand musée comme Pompidou s’intéresse (enfin) aux originaux de Bandes Dessinées, d’un autre je m’interroge sur le choix des artistes, qui sans vouloir leur manquer de respect, ne sont pas les plus représentatifs du 9ème art…

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    • Répondu le 23 juillet 2024 à  12:41 :

      Les jamais-content, les jaloux et les rageux : jamais en vacances.

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    • Répondu le 23 juillet 2024 à  14:17 :

      Si les grands musées commencent à acheter, va falloir arrêter les planches dessinées au feutre à l’eau sur des papiers médiocres… et arrêter la palette graphique aussi.

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      • Répondu par Mantra Gora le 23 juillet 2024 à  19:52 :

        Cela ressemble à un palmarès bis du FIBD, pas de quoi s’extasier !
        La BD, ce ne sont pas les quelques auteurs branchés de l’Asso et cie, le patrimoine BD est beaucoup plus vaste, diversifié et plus riche en découvertes !
        Maintenant, cela fera un peu de fric aux auteurs autrices vivant vivantes !

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    • Répondu par Olga le 24 juillet 2024 à  09:51 :

      Bah, je peux comprendre une partie de ces choix, je suppose que le Musée Popompidou- Beaubourg n’a pas vocation à à rendre hommage aux auteurs belges, ni à ceux ayant cessé toute activité depuis des dizaines d’années.
      Nicolas de Crécy a vendu beaucoup de ses toiles chez Artcurial, quant à Lorenzo Mattotti, il a déjà la galerie Martel à Paris ! Le choix de David B, Edmond Baudoin, Blutch et Emmanuel Guibert me semble justifiable. Quant aux autres, je ne comprend pas !

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      • Répondu le 24 juillet 2024 à  11:57 :

        Vous pouvez toujours donner votre avis, mais c’est celui qui tient le portefeuille qui achète ce qu’il veut.

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        • Répondu par Gina Vanilla le 24 juillet 2024 à  19:44 :

          Oui, bien sûr, et ce sont les élus qui décident de la politique ! hihihi MDR !

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      • Répondu le 24 juillet 2024 à  12:21 :

        Même avec la BD, le Centre Pompidou préfère son versant expérimental, plus proche de l’art contemporain. Encore une négation de la BD comme discipline à part entière.

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        • Répondu le 24 juillet 2024 à  15:48 :

          Faudra nous expliquer en quoi Blutch, Mattoti ou Meurisse ont à voir avec l’art expérimental ou contemporain… les trois sont des figuratifs, nourris par l’illustration et baignés de classicisme. A la limite, une planche de Placid et Muzo de Nicolaou est beaucoup plus proche de l’art expérimental.

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          • Répondu par Gina Vanilla le 24 juillet 2024 à  19:43 :

            Quand vous écrivez "A la limite, une planche de Placid et Muzo de Nicolaou est beaucoup plus proche de l’art expérimental.", vous voulez dire que c’est abscon tellement c’est débile ?

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          • Répondu le 24 juillet 2024 à  20:09 :

            Le figuratif à la base, c’est déjà de l’expérimental !

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        • Répondu par ಠ_ಠ le 24 juillet 2024 à  21:59 :

          C’est quand même la foire aux ronchonneries par ici.
          Entre celles et ceux qui trouvent que les acquisitions sont trop élitistes, celles et ceux qui trouvent que l’idée même de ces acquisitions est une mauvaise idée, celles et ceux qui trouvent que l’essence de la BD, c’est d’être un art populaire et que les auteur·ices qui empreintes des chemins plus expérimentaux sont des escrocs.
          J’avoue que je ne comprend pas trop cet esprit de conservatisme qui régne chez les amateur·ices de BD.
          Il y a sans doute un malentendu persistant entre les auteur·ices et les amateur·ices dans la définition même du medium BD.
          Pourtant, ne trouvez-vous pas qu’il est heureux que cet art puisse réunir un nombre aussi singulier de formes, de narrations, d’appréhensions différentes, tout en restant vraiment insaisissables malgré des prérogatives de création très simple ?
          C’est à mon avis là sa plus grande force !
          Et que le Centre Pompidou fasse rentrer dans sa collection des auteur·ices plus aventureu·ses que "mainstream", c’est tout sauf une surprise, et ça n’a rien de honteux. C’est un centre d’art moderne et contemporain, sont territoire c’est avant tout l’expérimental plutôt que le classicisme, so what did you expect ?

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          • Répondu par Mantra Dora le 25 juillet 2024 à  18:06 :

            Oui, d’accord avec vous qui écrivez "Pourtant, ne trouvez-vous pas qu’il est heureux que cet art puisse réunir un nombre aussi singulier de formes, de narrations, d’appréhensions différentes, tout en restant vraiment insaisissables malgré des prérogatives de création très simple ?"
            Mais le problème, c’est que c’est toujours un petit groupe d’auteurs à la môde qui se retrouve encore mis en avant, alors que beaucoup de leurs précurseurs aujourd’hui disparus sombrent peu à peu dans l’oubli, hormis Hergé, Franquin, Morris,Jacobs, Tillieux et Uderzo, bien sûr ! Bien sûr toute la BD commerciale pour enfants ou plus âgés, sans autre prétention que de distraire dans des fascicules hebdos, n’est pas du niveau de ce prestigieux peloton de tête, parfois invité à titre posthume dans les musées et expos, toujours vedettes dans les salles de ventes aux enchères dont le principal mérite est d’avoir su concilier travail, talent et réussite commerciale !

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            • Répondu le 26 juillet 2024 à  06:56 :

              Il est curieux et révélateur que personne ne semble s’intéresser à la seule question qui vaille : à quel prix le Centre Pompidou achète ces planches de bandes dessinées ?

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              • Répondu le 26 juillet 2024 à  16:31 :

                Révélateur de quoi ?

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                • Répondu le 26 juillet 2024 à  19:49 :

                  Révélateur du fait que les artistes de la BD peuvent être sensibles aux honneurs et sujets à la jalousie quand ces honneurs leur échappent, mais peu intéressés aux questions d’argent. Qui sont pourtant fondamentales en l’occurrence.

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  • Le lieu de conservation des bandes dessinées n’est pas le musée d’art mais la bibliothèque. La bande dessinée, c’est du livre, de la presse, de l’imprimé, pas des originaux pensés pour être accrochés à des murs. La bande dessinée est faite pour être lue, le dessin est indissociable de l’écrit. Si vous séparez l’un de l’autre, la bande dessiéne devient un art hybride. Ce qu’elle n’est pas et ne doit pas devenir. Sa dimension populaire, c’est sa démultiplication : l’imprimé ou le numérisé.
    La seule manière d’exposer une bande dessinée est d’aligner toutes ses planches dans leur continuité. Pas d’exposer des extraits. Il ne viendrait à personne de déouper un morceau de toile ou un morceau de sculpture et de dire que c’est une œuvre d’untel. Exposé un "manuscrit" original de bande dessinée a déjà été fait : Le Lotus Bleu au Centre Pompidou ou Astérix le gaulois à la BNF. Mais bon, depuis la tapisserie de Bayeux (qui s’expose de la même manière), on a inventé l’imprimerie.
    Le lieu de conservation de la bande dessinée, c’est la BNF, pas un musée d’art moderne ou contemporain. De même que le lieu de conservation du cinéma, c’est la médiathèque.
    La consécration d’un médium ne peut passer que par sa compréhension. Avant d’agir, il faut se poser la question ontologique : qu’est-ce que la bande dessinée.
    Le choix du centre Pompidou démontre que ses décideurs confondent "dessin" avec "bande dessinée". Ils se laissent happer par une dimension du 9ème art en en oubliant deux autres : l’écrit et la composition. Une planche n’est qu’un extrait de ce qui constitue la composition d’un ouvrage.
    Mais bon, la Critique de la bande dessinée n’est tellement pas soutenue, tellement pauvre (d’abord pauvre économiquement) qu’il ne faut pas s’étonner de ce manque de compréhension et d’intelligence.

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    • Répondu le 26 juillet 2024 à  13:28 :

      Ce dont il faut s’étonner par contre, c’est de l’immaturité, voire de la puérilité, de la plupart des commentateurs ici, dès qu’il est question de s’interroger sur ce qu’est, ou ce que devrait être la bande dessinée. On assiste alors chaque fois à un festival d’assertions catégoriques, têtues et péremptoires nous expliquant avec une autorité suspecte, ce qu’est la bande dessinée et ce qu’elle n’a pas le droit d’étre, comment elle doit être lue, comment elle doit être comprise, analysée, vendue, conservée, exposée, dans quel ordre on doit regarder les planches ou même les vignettes et jusqu’à quel point toute approche ou initiative différente doit être farouchement combattue au nom de la pureté imputrescible de cet art noble et forcément « populaire ». C’est très gamin, assez rigolo et un peu ridicule.

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      • Répondu le 26 juillet 2024 à  16:30 :

        Votre ponctuation est un désastre.

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        • Répondu le 26 juillet 2024 à  19:45 :

          Pas vraiment. Il n’y a qu’une seule virgule mal placée. C’est plutôt honorable.

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  • Avec le musée ou plutôt la cité de la bande dessinée à Angoulême, celui de Bruxelles, je suis étonné de voir que certains s’émeuvent de voir que des planches soient acquises par des instances museales. Avec le nombre de galeries et des centaines d’expos partout. On parle de conservation ah oui .

    C’est drôle aussi de voir que certains pensent que la BD = presse et bibliothèque , point ! Haha. Perso, je comprends cette fougue, cette radicalité, quand j’étais jeune je pensais pareil, la BD accrochée au mur, tsss ! Et puis j’ai vu l’expo bruxelloise, toutes les planches du Lotus bleu, j’en suis sorti les jambes flageolantes. Et j’ai pas lu l’album hein ! j’ai vu pour la première fois des originaux d’Hergé ( allez voir le musée à Louvain-la -Neuve si vous pouvez) et j’ai changé d’avis . Oui la BD doit être exposée AUSSI comme ça. Quand on voit les planches, on ne lit pas , on regarde et on voit le travail , un morceau du travail immense, non on ne voit pas que le dessin on voit le papier, le format, la technique, la vibration, les repentirs, les collages, tout ce qui immanquablement disparaît lors de l’impression( à de rares exceptions près). Ce papier, ce geste , on le ressent physiquement, justement parce qu’on ne lit pas. Si je vois une planche de Gaston, je ne vais pas lire le gag je l’ai lu 800 fois déjà, je veux VOIR l’encre, le trait, la magie dont je ne me préoccupe que peu quand je me marre en lisant.

    Puis en fait, si Beaubourg achète des planches, les publications restent, ça ajoute une nouvelle façon de les regarder, de les envisager. OK, la lecture est primordiale mais des planches accrochées, regardées, scrutées différemment c’est mettre la BD en avant. C’est pas fait pour ça ?! Hou les puristes, les intégristes.

    Un visiteur de musée qui va voir ces plus ou moins grandes feuilles de papier avec ce curieux quadrillage ou ces divisions , ces nuages qui sortent des bouches et cette répétition de personnage verra que tous ces illustrés qu’il connaît depuis de décennies sont en réalité une suite d’objets faits à la main ( on leur expliquera que désormais , ....)

    " une page accrochée c’est un bout d’histoire, rien de complet" ...et les gags alors ? Une page de Calvin& Hobbes du dimanche ou de Mutts , voire un strip de plein de séries c’est un récit complet. Sinon, on s’en fout que ce soit complet, ça donnera peut-être envie de sortir du musée et d’aller faire un tour en librairie .

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    • Répondu le 27 juillet 2024 à  11:08 :

      "on regarde et on voit le travail , un morceau du travail immense, non on ne voit pas que le dessin on voit le papier, le format, la technique, la vibration, les repentirs, les collages, tout ce qui immanquablement disparaît lors de l’impression( à de rares exceptions près). Ce papier, ce geste , on le ressent physiquement, justement parce qu’on ne lit pas. Si je vois une planche de Gaston, je ne vais pas lire le gag je l’ai lu 800 fois déjà, je veux VOIR l’encre, le trait, la magie dont je ne me préoccupe que peu quand je me marre en lisant."

      Si regarder la bande dessinée comme ça, c’est pas un truc de puriste…

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      • Répondu le 27 juillet 2024 à  16:54 :

        C’est un truc de dessinateurs… mais ça peut intéresser aussi des amateurs, des connaisseurs ou de simples curieux.

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        • Répondu le 29 juillet 2024 à  11:01 :

          N’importe quoi peut intéresser les gens. Une exposition de boulons ou de bouts de plastiques. La bande dessinée comme objet et objet d’étude mais pas comme finalité.

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      • Répondu par Sergio Salma le 28 juillet 2024 à  12:02 :

        Ah mais pas du tout, ce n’est pas un regard de puriste. À moins que... à moins que jamais vous n’alliez dans aucun musée, ce que je peux comprendre, c’est élitiste, y a un ticket d’entrée à payer et c’est un endroit où on se recueille en quelque sorte, c’est très mental... On y réfléchit, on remet dans le contexte, on observe, on se penche sur l’objet. Soudain on voit la réalité de l’image ,de l’objet très connus, célèbres, on voit le format. Merde, on se cultive !

        On connait tel ou tel tableau, par exemple un Rembrandt ou un Monet, on les a vus partout, sur des calendriers, dans les dictionnaires ou sur des objets de merchandising. Puis on se retrouve devant une toile du XVIIe siècle de 4 mètres de base et 3 mètres de haut. Vous éprouvez une sensation physique et immanquablement vous vous approchez pour voir, vraiment voir, le travail de l’artiste, ses coups de pinceaux apposés il y a 400 ans ( pour Rembrandt van Rijn je précise, pas pour Monet ). Et que dire des sculptures autour desquelles on peut tourner. Passer dessous parfois.

        Visiter le musée Marmottan, c’est voir la taille des nymphéas et leur réalité on est d’accord ? "Oui mais pour des pages de BD c’est pas pareil, la différence de taille n’est pas significative". Pourtant , c’est justement l’impression qui ( et c’est bien normal) aplatit le trait, enlève les nuances, fait disparaître toutes les recherches et les chipotages souvent acharnés de la réalisation. Les anciens étaient comme vous en quelque sorte, ils ont dans leur grande majorité peu considéré leurs planches( parfois abandonnées, perdues, négligées...) et comme vous , ils ne pensaient qu’à fournir l’objet à transformer pour être inclus dans un récit. Certains allaient jusqu’à parler des pages comme un déchet de fabrication( d’imprimerie). On en trouvait derrière les armoires, croquées, salies avec des chutes , des essais ratés . D’autres les ont gardées soigneusement.

        Oh c’est vrai c’est pas important de voir un manuscrit de tel écrivain, le vrai papier avec sa vraie encre, sa vraie écriture ses ratures, oui ce n’est pas vital. Comme vous je pensais que ça se rapprochait du fétichisme.

        Alors que Beaubourg ( qui a déjà exposé de la BD y a bien longtemps) achète des planches comme vous je suis étonné. Mais moi c’est parce que je trouve que ç’aurait dû être fait depuis belle lurette (et Gai-luron).

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        • Répondu le 29 juillet 2024 à  06:13 :

          Exposer des planches de BD comme des tableaux, génial, mais toujours les mêmes, les plus en vue, ceux et celles dans les petits papiers des éditeurs et des médias, les mainstream, les mainstream commerciaux, les mainstream expérimentaux, ras-le-bol, pendant ce temps, le reste de la profession c’est de la crotte.

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          • Répondu par YANNICK HODBERT dit : YANNICK le 30 juillet 2024 à  16:34 :

            Les anciens dont je fais partie n’ont fait de la bande dessinée un métier qu’à une seul condition, être pris dans un journal pour pouvoir en vivre. On nous demandait de ne pas faire un style d’histoires déjà prises. L’auteur n’avait qu’un seul but, s’approprier des lecteurs en racontant des histoires. Aujourd’hui ce monde là n’existe plus, Les journaux ont pratiquement disparu. Les auteurs de BD sont devenus comme les écrivains à la recherche d’un éditeur.
            Alors ils font de belles planches, pour plus tard la vente.
            Bref, je suis triste de voir que l’on a oublié les jeunes lecteurs de base, Que faire marrer les enfants et devenu ridicule et que certains utilisent la notoriété de la Bande dessinée édifiée par les anciens pour se faire du fric, c’est tout simple. Ce que vous montrez pour aller au Centre Pompidou ce n’est pas de la bande dessinée, ce n’est que de l’art moderne, c’est illisible, faite un journal avec, à part la famille et les amis de l’auteur personne va l’acheter.
            Il y a pourtant de grands Auteurs de bandes dessinées et pour l’annonce de votre grand projet d’acquisition de BD vous faites preuve d’une grande cécité.

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            • Répondu par ಠ_ಠ le 30 juillet 2024 à  22:04 :

              Cher Yannick,
              J’ai été bercé, comme beaucoup, par vos histoires et votre graphisme. Et même votre travail sur Malabar, qui est peut-être anecdotique pour vous, a touché l’enfant que j’étais et je vous en remercie.
              Vous avez raison, ce monde d’autrefois n’existe plus. Les règles et coutumes de consommations ont changées, les dessinateurs et dessinatrices ne travaillent plus de la même façon et ne suivent plus les même objectifs que vous aviez.
              Pourtant notre époque n’est ni mieux ni moins bien que celle où vos albums d’Hercule étaient de francs succès.
              Les bande dessinée mis en avant au Centre Pompidou sont certes, des travaux d’avant garde et exigeantes, mais elles font complétements partie, à mon sens, du très très large éventail de ce que peut-être la bande dessinée.
              Par ailleurs, en retombant sur vos travaux il y a peu, je n’ai pu m’empêcher de constater que votre graphisme et surtout votre narration est elle même proche d’un travail d’avant garde. Et cela n’a rien de péjoratif, rassurez-vous, c’est même tout l’inverse. Car vous avez su mettre en forme de manière si singulière et inventive des histoires et personnages, qui pourraient être considérés comment désuets, alors qu’en fait il y a dans vos images une vraie bizarrerie et une folie douce très particulière - et encore une fois c’est un compliment.
              La bande dessinée moderne a su accompagner les époques depuis Töpffer. Elle a su évoluer et s’accorder avec les différents supports sur lesquels elle pouvait vivre. La bande dessinée est capable de prendre, plastiquement, graphiquement et narrativement, tellement de formes, qu’il est difficile de la figer en un seul endroit. Ne pensez vous pas qu’il faille accueillir cette particularité plutôt que de s’en offusquer ? Soyons heureux de faire partie de cette grande famille si singulière.

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              • Répondu le 31 juillet 2024 à  08:47 :

                Ce n’est pas la famille qui dérange, mais le merchandising fait autour et qui fini par brouiller les codes de la famille. On peut s’émanciper d’un carcan professionnel, mais gare à ne pas tomber dans la caricature. Et cette expo à Pompidou n’est qu’une caricature de la BD. Aucun autre art n’est aussi malmené que celui de la BD, sûrement parce qu’elle est toujours considérée comme un truc pour les mômes et ce n’est pas le roman-graphique qui arrangera les choses.

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                • Répondu par ಠ_ಠ le 31 juillet 2024 à  18:57 :

                  Allons l’ami·e, tous les arts sont en permanence malmenés, pervertis, trahis, déformés ou mal compris selon les différents contextes dans lesquels ils sont montrés ou étudiés.
                  Et la bande dessinée pas plus que les autres.
                  Ça fait partie de l’essence même de l’art d’échapper à une définition définitive et de rester insaisissable.
                  La bande dessinée n’est pas épargnée par le marketing, vous avez raison. Depuis toujours elle est un art commercial ainsi qu’un outil bien éculé par la publicité.
                  Par ailleurs, sa diffusion en livre ou fascicule en fait un art du multiple accessible au plus grand nombre et donc populaire (dans le sens noble du terme). De nos jours, elle n’est justement plus réservée au mômes et les adultes peuvent lire tout une production qui leur est spécifiquement adressée. Ne trouvez-vous pas que la pluralité que propose la bande dessinée contemporaine est une aubaine ?
                  L’exposition montrée Centre Pompidou n’a jamais eu pour vocation de montrer toute la bande dessinée, elle est curatée, et le choix a été fait de mettre en avant une production d’avant garde. Ce choix peut vous déplaire certes, mais il n’a rien de caricatural. Nul besoin d’être méprisant, car votre point de vue, quand bien même il serait fort pertinent, ne saura jamais être une absolue vérité.
                  C’est plutôt l’odeur sur ce forum, d’un devoir de pureté semée par pas mal d’intervenant·es, de ce que doit être ou ne doit pas être la bande dessinée, qui est fort caricatural et qui sent de plus en plus mauvais.

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                  • Répondu le 1er août 2024 à  09:37 :

                    Il ne faut pas être naïf, cette expo à d’abord été le lieu d’âpres négociations éditoriales et marketing avec Pompidou pour le choix des planches et des auteurs. Très éloigné du sens populaire de la BD, mais tellement plus proche de l’Image de Marque ! Une expo coûte cher à mettre sur pied, tout le monde doit rentrer dans ses frais. Et comme vous le soulignez, il serait temps de sortir de cette image de la BD comme outil de la publicité de station-service, ce qui n’est pas le cas des autres arts. Bien sûr, un art doit être vivant et savoir évoluer, l’Opéra, le Cinéma, la Littérature, arrivent à le faire, mais tout en gardant des bases solides. Depuis des années la BD a pris le virage de l’expérimentation, au détriment de sa mission première du plus grand nombre, en effaçant peu à peu l’héritage du passé. Attention à ne pas verser dans la consanguinité de styles, de chapelles éditoriales, d’effet de mode, ou de l’entre-soi, c’est ce qui tuera votre pluralité.

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                    • Répondu par Michel Dartay le 4 août 2024 à  16:11 :

                      Bien d’accord !
                      La BD me semble devenir plus élitiste, du moins ce sont ses aspects les plus modernes et expérimentaux qui sont le plus souvent mis en avant dans les expositions et les Prix, au détriment de son riche passé.
                      Plusieurs facteurs à cela :
                      La réduction du nombre de revues disponibles dans le circuit Presse.
                      Le peu d’engouement des nouvelles générations, sauf pour le manga qui les fédèrent , ou certains blogs.
                      Où sont passés les feuilletons de l’été, publiés par le passé dans les grands quotidiens nationaux (Le Monde, Libé, les Echos notamment ? Mais aussi dans le Fig-Mag et autres) ?
                      On achète davantage les derniers Lucky Luke, Astérix, Blake et Mortimer par habitude que par réel intérêt ou plaisir de lecture qui laisse parfois un goût amer, c’est surtout pour completer la collection grâce à une diffusion omniprésente et un buzz médiatique appuyé.
                      Pour le récent Gaston, la curiosité conjuguée au parfum de scandale a pu jouer. Il y a aussi le plaisir de retrouver d’anciens personnages jamais oubliés,
                      Les dessinateurs au trait réaliste académique peinent à susciter l’enthousiasme du public, à moins de reprendre des franchises importantes. Juillard a vendu beaucoup plus d’albums de Blake et Mortimer que des Sept Vies de l’Epervier, pourtant bien plus importantes en qualité.
                      La BD devient donc un art à deux vitesses, les auteurs médiatisés à outrance d’un coté, et les besogneux de l’autre.
                      Je trouve cette situation profondément injuste !

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                      • Répondu par Michel Dartay le 5 août 2024 à  19:26 :

                        Parce que des planches de Rahan par Chéret, de Doc Justice par Marcello, des Krostons par Deliège, du Vieux Nick par Remacle sont aussi dignes d’être regardées, même si elles cotent moins de mille euro l’unité ! Idem pour des centaines d’autres auteurs qui ont contribué à la popularité de la BD, par un travail acharné, dans des conditions financières parfois peu avantageuses.

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                        • Répondu le 6 août 2024 à  15:50 :

                          Complètement d’accord, le passé de la BD n’est pas une erreur, mais un patrimoine ! Beaucoup trop de décideurs l’oublient.

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  • Je viens de tomber sur le très complet catalogue de cette exposition, et à la vue de ce dernier, je crois qu’il y a un vrai procès d’intention à propos de cet événement. Certes la communication ainsi que les "focus" de l’exposition mettent plutôt en avant des travaux d’avant garde, mais en réalité, dans l’ensemble et à ma grande surprise, l’éventail des artistes montré·es est vraiment large et à de quoi satisfaire un très large public.
    Alors oui, il manquera toujours des artistes que l’on aurait aimé voir dans ce genre de rétrospectives, mais la proposition du Centre Pompidou me parait très solide.

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    • Répondu le 6 août 2024 à  15:57 :

      Je l’ai vu aussi… rien de nouveau, toujours les mêmes artistes, et beaucoup trop « d’inconnus(es) » en sont absents. Une fois de plus, le parisianisme bon teint n’a pas su élargir sa focale.

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      • Répondu par ಠ_ಠ le 6 août 2024 à  21:10 :

        Ma foi, inconnu·es par vous et vos ronchonneries sans doute. Mais votre bon goût est sans doute sans égal, et vous satisfaire semble être un bien difficile défi.

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        • Répondu le 7 août 2024 à  18:09 :

          Je ne sais pas ce que c’est que le parisianisme mais parmi les auteurs fortement mis en avant, toujours un peu les mêmes en effet, je ne vois pas beaucoup de parisiens… quant à mettre en avant des artistes inconnus, j’imagine le tollé et les jalousies qui s’exprimeraient ici et ailleurs si c’était le cas…

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  • Passé l’emerveillement de la découverte des planches originales, je dois dire que j’ai aussi eu un sentiment mitigé : la surexposition d’auteurs parisiens est une réalité (je pense a Tardi mais aussi a tous les auteurs qui sont dans les petits papiers des medias parisiens, comme Sfar pour ne donner qu’un exemple). Meme sentiment quant a la comparaison avec les œuvres de l’expo permanente : trop forcé, trop je "suis comme eux", trop petit bourgeois... Finalement peu BD. Néanmoins je ne peux cacher ma joie d’avoir vu le travail de nombreux bedeistes, y compris les auteurs cités plus haut.

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    • Répondu le 12 août 2024 à  16:14 :

      Des auteurs parisiens encore une fois je n’en ai pas vu beaucoup. Evidemment si vous considérez comme parisiens tous les auteurs qui ont parfois des articles dans la presse non-régionale… ça me paraît quand même fou qu’on en soit encore à ces querelles de clocher, ou à ces jalousies de classe… la Bd mérite mieux que ça. D’ailleurs cette expo rencontre paraît-il un grand succès, c’est plutôt stimulant.

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    • Répondu par Milles Sabords le 15 août 2024 à  06:32 :

      Tiens, un copycat ! Vous avez oublié un « s » à mille. Ce n’est vraiment pas le typo d’expo que j’irais voir.

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      • Répondu le 16 août 2024 à  10:29 :

        Ça ne nous étonne pas beaucoup. Une exposition ambitieuse et bien fichue, qui met en avant d’immenses artistes incontournables issus du monde entier et beaucoup beaucoup d’autres tout aussi talentueux et méritants, même si moins connus du vaste public, ça ne peut pas être votre truc.

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        • Répondu par Milles Sabords le 17 août 2024 à  05:55 :

          Cela n’a rien à voir avec les artistes présents, mais ce brouhaha comme cache-misère d’une profession qui n’est toujours pas reconnue comme telle et dont les principaux artisans vivent sous le seuil de pauvreté et pointent au RSA, désolé, je préfère vous laisser le « truc ». Il y a tellement de problèmes à régler plutôt que de muséifier la situation, il en va de l’avenir de la BD, sans compter le développement d’une IA qui plagie allègrement les travaux artistiques, sans versement de droits et sans légifération. Des cimaises contre un malaise.

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PAR Didier PASAMONIK  
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