En tête d’affiche : Brume. Alors que le troisième tome devait être le dernier, la jeune sorcière revient pour un quatrième volume qui ouvre un tout nouvel arc narratif. Toujours accompagnée de ses fidèles amis, elle se retrouve confrontée à une adversaire redoutable après avoir, par erreur, libéré une terrible sorcière. Entre humour, magie et frissons, l’album promet un grand souffle d’aventure, porté par le dessin de Carine Hinder et le scénario de Jérôme Pélissier qui font une fois de plus merveille.
Autre retour attendu : celui des Larmes du Yôkaï de Margo Renard et Loïc Clément pour une deuxième aventure. Dans ce Japon médiéval teinté de fantastique, Caleb, le chat-samouraï, et son compagnon le chien Doglass poursuivent leurs enquêtes dans un univers graphique foisonnant, plein de dérision.
Du côté des nouveautés, Pendragon inaugure un diptyque prometteur qui joue la carte du métissage culturel et graphique : une couverture aux faux-airs de comics américains, un trait empruntant autant à Scott Pilgrim qu’au manga, et un récit initiatique où Sid Cooper, fraîchement débarqué dans sa nouvelle école, se lance dans une quête abordant l’amitié, la jeunesse et l’écologie. Le tout relevé de références musicales et pop culture.
Pendant que de nouvelles pages s’ouvrent, d’autres se referment. C’est le cas du triptyque Simone. Cette série raconte l’histoire de Simone Lagrange, rescapée d’Auschwitz et témoin-clé au procès de son geôlier, le nazi Klaus Barbie, surnommé le boucher de Lyon. Un récit poignant, autant par son thème que par son traitement scénaristique signé Jean-David Morvan. Au dessin, David Evrard prolonge le travail mémoriel entamé par le duo dans Les Amis de Spirou et Irena. Les œuvres jeunesse abordant ce pan de l’Histoire restent délicates, mais toujours essentielles, doublées d’une grande utilité pédagogique et patrimoniale. Le duo en maîtrise parfaitement les codes.
Dans la collection Vents d’Ouest, c’est la série Amélia Woods de Carole Breteau et Morgane Lafille qui tire sa révérence avec un quatrième et dernier tome. Une aventure qui promet de nombreuses révélations sur son héroïne, Amelia.
Enfin, Glénat continue d’exploiter sa licence Disney, plus que jamais. Nostalgie garantie avec les albums Âge d’or qui rééditent des classiques autour de plusieurs personnages de l’empire Disney : Mickey par Floyd Gottfredson, Paul Murry, Romano Scarpa… Picsou par Carl Barks, Tony Strobl ou encore Giorgio Cavazzano et Donald, par Al Taliaferro, Freddy Milton et bien sûr Carl Barks.
On reprendra bien un peu de canard, puisqu’arrive en parallèle Picsou et les Bit-coincoins, une création originale signée Jul (l’auteur parisien, scénariste de Lucky Luke, pas le rappeur marseillais) au scénario, et Nicolas Keramidas, désormais habitué de la collection, au dessin. On y retrouve le richissime palmipède Balthazar Picsou, dépassé par notre monde moderne, entre cryptomonnaies, influenceurs et géants de la tech. Une histoire résolument actuelle et déjantée, qui bénéficiera pour l’occasion d’une édition collector avec couverture exclusive.
N’oublions pas le grand cru de la BD de canard, Don Rosa, et son best-seller La jeunesse de Picsou qui fera son grand retour en novembre. Son œuvre en pas moins de dix volumes (excusez-nous du peu). Tout cela en sachant que certaines histoires de l’artiste sont désormais censurées par Disney, comme nous l’avions déjà évoqué [1] [2].
L’intégralité des histoires ayant déjà été publiée avec succès par l’éditeur entre 2012 et 2016, en seulement sept volumes - et de surcroit, sans la censure - à voir si cette collection au goût du jour arrivera à séduire les lecteurs, voir les collectionneurs.
À noter que l’auteur américain sera exceptionnellement en dédicace en France, en septembre, à Nice et à Paris. Un mauvais timing pour faire signer la dernière réédition de son œuvre, mais il devrait en revanche dédicacer la précédente, titrée "La grande épopée de Picsou".
Enfin, on notera que l’éternel pré-ado Titeuf joue une fois encore à cache-cache pour la rentrée. Pas de nouvelle aventure cette année, ni de recueil de gags inédits… C’est pô juste.. Mais pas de panique, Zep donne rendez-vous le 13 novembre pour On a perdu Titeuf, un livre-jeu type Cherche et Trouve à la Où est Charlie. Particularité : Si l’auteur Suisse orchestre ce hors-série, il confie toutefois le dessin à Éric Buche, lui aussi Suisse et surtout l’un des membres-fondateurs du magazine Tchô. La mission, si on l’accepte, est donc de trouver Titeuf et ses amis, au fil des pages. Suivez la mèche !
Par Rémi BARNAULT
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