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Bon
5 août 2025
C’est d’ailleurs ce vent qui narre l’histoire du camp Joffre, à l’origine un camp militaire, mais qui fut reconverti en camp d’accueil des réfugiés républicains espagnols qui fuyaient la guerre civile. Entassés d’abord dans des conditions inhumaines à Argelès-sur-Mer, c’est dans ce camp devenu Camp de Rivesaltes qu’ils vont trouver des installations en dur pour y survivre pendant plusieurs années. C’est à travers la petite Dolorès que l’on découvre le destin de cette population bien peu considérée par les autorités et les forces de l’ordre de l’Etat français.
Après Dolorès, les récits qui suivent sont portés par une galerie de personnages qui incarnent la destiné d’une population en transit ici ou internée pour un temps plus long. Rose, l’infirmière suisse découvre les horreurs de la Shoah quand elle comprend que les Juifs qui arrivent dans le camp n’y font qu’une étape avant d’être envoyés à Drancy, succursale des centres de mise à mort.
Anton subit un sort assez commun, puisqu’il est Tsigane, population jugée indésirable par l’occupant nazi et par le régime installé à Vichy. La situation se retourne ensuite contre celles et ceux qui ont installé la terreur durant l’occupation.
Le jeune Kurt, soldat de la Wehrmacht, y est enfermé avec les autres membres de sa troupe. Ils attendent tous d’être extradés vers l’Allemagne, à condition de survivre au climat et aux morsures assassinent du vent.
L’histoire du camp aurait pu s’arrêter après la Seconde Guerre mondiale, mais c’était mal connaitre ce qu’un état peut faire d’une structure comme celle-ci. Karim est le symbole de la manière dont été traités les harkis, ces Algériens qui ont combattu aux coté des Français lors de la guerre d’indépendance. Il est logé dans un camp surpeuplé après avoir été démobilisé, animé par ce sentiment d’avoir été abandonné par la métropole et désespéré par l’espoir perdu d’un jour retraverser la Méditerranée pour revoir sa terre natale. Il faudra attendre le début des années 2000 pour de quelques acharnés d’histoire décident d’investir ce camp alors laissé à l’abandon pour le transformer en un lieu de mémoire.
Le style sobre et émouvant de Sae Youn Koh colle plutôt bien à l’histoire du camp qui reste assez méconnue du grand public. Le fait que Laurent Joly, historien et directeur du comité scientifique du mémorial de Rivesaltes ait collaboré avec Clément Baloup au scénario confère une forte crédibilité historique à l’ouvrage. Les personnages qui incarnent les communautés qui sont passées par le camp humanisent son histoire et retirent le caractère trop documentaire et trop pédagogique qui aurait pu nuire à un tel projet.
Par Romain BLANDRE
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Histoire du camp de Rivesaltes, Il ne nous restait que le vent - Par Baloup & Sae Youn Koh - Ed. Alter Comics