Descendant du train avec un petit sac pour tout bagage, Goldie est bien décidée à se laisser porter par la vie tout en profitant de celle-ci. Dès la première rencontre, elle matche sur ce beau ténébreux, mais pas question pour la belle de se laisser embrigader par le premier venu. Après une belle nuit d’amour, elle repart sur les routes, bien décidée à trouver du travail.
Et pourquoi pas au sein de maid café où elle s’était arrêtée hier ? Certes, Goldie n’est pas la reine des pâtisseries, mais elle adore les uniformes extravagants dessinées par la patronne. La belle blonde ne s’imagine pourtant pas que la ville n’est pas aussi grande qu’elle l’imagine, et que les coïncidences n’arrivent pas que dans les contes de fées.
L’année dernière, nous vous présentions « Kinky », le nouvel label de Dynamite/La Musardine. Son éditeur Nicolas Cartelet nous l’avais défini en ces termes : « J’ai remarqué ces dernières années l’émergence d’une nouvelle bande dessinée érotique, plus moderne, moins « rentre-dedans », portée par des auteurs jeunes du monde entier. [...] Graphiquement, on s’éloigne aussi du réalisme qui domine bien souvent la BD érotique. C’est à ce nouvel érotisme que Kinky sera consacré. »
Après The Rock Cocks, Split check, voici un nouvel opus (cette fois, un one-shot) qui nous a complètement conquis ! Tout le monde connaît l’histoire de Boucle d’or et des Trois Ours ; la jeune autrice italienne de 27 ans Michelle Reviglio y trouve un terreau fertile pour imaginer le périple de son héroïne en errance, une jeune femme qui a certainement quitté ses proches car son style de vie ne leur convenait pas et qui se cherche au propre comme au figuré.
Lors de la lecture on s’amuse des parallèles réalisées par l’autrice entre son propre récit et le conte : papa ours, maman ours et petit ours ; la soupe, la chaise et le lit ; l’errance face au foyer ; etc. Tout autant qu’on apprécie rencontrer les quatre personnages qui sont les piliers de cette fable moderne. Car il est bien question d’une histoire assez universelle : des adultes consentants qui cherche à se définir dans leurs amours et leurs relations, en sortant de la définition traditionnelle du couple.
On est surtout séduit par le magnifique travail graphique de Michelle Reviglio : ses lavis de couleurs donnent de magnifiques volumes et des atmosphères différentes à chaque chapitre. Pour autant, Goldie reste au centre de nos attentions : cette jeune femme dont le corps ne correspond pas à celui que la mode nous assène à renfort de mannequins anémiques. Goldie est belle parce qu’elle est globalement bien sa peau, une femme pulpeuse dont les formes semblent mettre en appétit les personnes qu’elles rencontrent, le tout dans des échanges tendres et passionnés.
« J’ai rencontrée Michelle Reviglio via les réseaux, nous explique l’éditeur Nicolas Cartelet. J’ai adoré les quelques planches de BD qu’elle postait et je lui ai proposé de créer une bande dessinée pour Dynamite. J’ai trouvé une grande modernité dans son dessin, j’aime le fait qu’elle aborde l’érotisme avec ses yeux de jeune femme, sans pour autant se cacher au moment de représenter la chose. Pour moi c’est très rafraîchissant. Quant au futur après « Goldie », Michelle participe d’ailleurs au recueil « Fièvres » à paraître en mars prochain, et j’espère évidemment l’accompagner dans d’autres projets chez Dynamite. »
Au final, Goldie est l’une des très bonnes découvertes érotiques du moment. On passera outre quelques placements de dialogues parfois approximatifs, pour apprécier son graphisme généreux, ses étonnants zooms et autres cadrages, ainsi surtout que la sensualité qui se dégage de l’ensemble, à commencer par celui des magnifiques costumes de maid dessinés tout au long du récit. Le magazine Blandice ne s’y est d’ailleurs pas trompé car Goldie se retrouve dans leur récent numéro de cet automne.
Bref, une histoire gourmande, à consommer sans modération !
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Bande dessinée érotique réservée à un public adulte et averti.