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Comme tous les trimestres, Blandice nous livre son nouveau numéro de cent pages composé d’un pot-pourri de bandes dessinées érotiques encadré par une série d’articles de fond. Pour rappel, depuis le numéro 27, l’éditeur Thierry Plée s’est affranchi de la tutelle de la Commission Paritaire des Publications et des Agences de Presse (CPPAP) afin de proposer un magazine érotique non censuré. Une liberté (re)trouvée qui s’accompagne malheureusement d’un défi financier car le magazine n’est dès lors plus subventionné. Or, c’est la dernière revue qui met en avant la bande dessinée érotique en kiosque, luttant contre la pudibonderie ambiante.
Et comment mieux la soutenir qu’en versant dans la magie satanique, entourée de succubes et de démons en tous genres ?! Ce numéro est donc exclusivement tournée vers cette thématique. Au niveau des bandes dessinées en elle-même, on retrouve tout d’abord un extrait d’Hellina - Scythe réalisée par Pat Shand & Gabriel Andrade. Cet extrait de l’album paru en 2019 nous permet de faire connaissance avec les deux héroïnes Hellina et Scythe, qui partagent leurs temps entre l’explosion de démons et les plaisirs saphiques. Un joyeux programme en perspective, surtout en libations de sécrétion et de sang.
Le second extrait s’éloigne du Comics pour se rapprocher du courant espagnol avec Alfonso Font : sa Démonika que nous vous avons présenté l’année dernière est une démone lubrique qui étanche sa soif de désir avec les damnés des enfers. Ce qui ne plaît pas beaucoup à Lucifer, car ses résidents ne sont pas censé prendre du plaisir en ces lieux. Du coup, il envoie Démonika sur Terre afin de corrompre quelques âmes. Mais comme la belle démone n’y est pas retournée depuis belle lurette, et qu’elle est en plus bien décidée à n’en faire qu’à sa tête, rien ne se passe comme prévu ! On aurait bien aimé que l’éditeur mette la totalité du court récit de 14 pages, mais il fallait laisser la place aux autres.
En effet, au gré des pages, on se rend compte que le catalogue de Tabou déborde littéralement de démones de toutes sortes et qui rivalisent de lubricité. Ainsi un extrait du tome 2 d’Orgies barbares->art28904] par E. Hartmann présente une succube affamée dans un récit complet, de quoi contenter le lecteur peut-être frustré après la conclusion abrupte de Démonika.
On fait ensuite la connaissance de Démone X, l’impératrice d’un monde parallèle, où vivent des créatures maléfiques. Mais la démone lubrique s’ennuie en son royaume : lassée de ses esclaves sexuels dénués de personnalité et d’imagination, elle interroge ses serviteurs démoniaques afin qu’ils lui ramènent une distraction digne de ses appétits. Ces derniers lui dénichent sur Terre une jeune femme qui ressemble presque trait pour trait à sa majesté, disposée du même plaisir des sens, sauf qu’elle est blonde au contraire de sa coiffure noire de jais. Dès lors, l’impératrice envoie l’un de ses trolls pour ramener la belle platine dans son lit.
Les dix premières pages de l’album ici présentées démontrent le mélange de graphisme érotique et d’humour délivré par Frans Mensink qui séduit d’emblée. Le corps de la belle impératrice se détache du noir de ses enfers, et après quelques traits d’humour bien sentis, on s’amuse encore plus lorsque l’immense troll traverse le miroir des dimensions et se retrouve sur Terre... avec la taille d’un... Gremlin ! Second atout : la jeune femme qu’il ramène n’est pas décidée à se laisser faire, ce qui nous vaiut de brusque retournements... de situation !
Soyons clairs : personne ne se prend au sérieux dans ce récit, ni les personnages, ni l’auteur. Les situations sexy ne s’encombrent pas vraiment de mises en situation réaliste et on profite de cette ambiance délurée, pour rire avec ces jeunes hommes et femmes, à qui on donnerait le paradis sans confession.
Enfin, ce tour des enfers se termine avec un dernier extrait, à savoir celui de Carpe Diem par Azpiri dans un registre plus soft qui continue de mêler souffre et humour.
Les lecteurs qui craindraient l’overdose profiteront de deux pauses très qualitatives dans des ambiances bleutées des deux albums sortis chez Dynamite : Goldie d’une douceur suave (l’ouvrage de Michelle Reviglio vient de paraître et Lilith de Janevsky dont nous avons déjà parlé l’année dernière avec passion. Ce dernier extrait donne l’occasion de lire une belle interview de l’auteur ainsi qu’une étude autour de Lilith, démone et première femme d’Adam. D’autres articles de fond émaillent ce numéro, dont un épais dossier consacré aux incubes et aux succubes. Tout un programme !
Bref, un numéro qui fait monter la température, qu’on provienne des enfers ou que l’on vise le paradis !
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Revue de bande dessinée érotique réservée à un public adulte et averti.
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