L’exposition « Manga, tout un art » cartonne : plus de 120 000 visiteurs à date, elle est en passe de battre le record de 130 000 entrées pour une exposition au musée Guimet, un record qui tenait depuis 20 ans ! Avec deux expositions en une : au deuxième étage se trouve sur l’une des œuvres d’art les plus emblématiques de l’histoire de l’art, La Grande Vague de Kanagawa d’Hokusaï. Le rapport au manga ? Un certains nombre d’artistes européens (Moebius, Manara, mais aussi le couturier John Galliano...) lui rendent hommage.
Le rez de jardin se consacre à l’exposition la plus importante : Manga, tout un art ! Il faut dire que le sujet en vaut la peine : aujourd’hui, le manga représente plus de 50 % du marché de la bande dessinée en France et, selon GfK, plus de 36 millions d’exemplaires de mangas ont été vendus en France en 2024. L’Hexagone est ainsi devenu le deuxième plus grand consommateur de mangas au monde en nombre de titres disponibles. Un succès fulgurant — en hausse de près de 90 % depuis 2019 — qui dépasse largement la génération du Club Dorothée et qui méritait bien une mise en perspective historique. C’est précisément ce que propose le musée Guimet avec cette exposition ambitieuse, en replaçant le phénomène manga dans une histoire artistique et culturelle riche de plusieurs siècles.
Didier Pasamonik, que nos lecteurs connaissent bien, en est le co-commissaire avec la conservatrice Estelle Bauer.
Cette exposition est véritablement un introduction aux mangas. Une chronologie qui part des premières bandes dessinées publiées au Japon (elles ne sont pas japonaises mais anglaises et françaises !) aux publications d’avant la Deuxième Guerre mondiale jusqu’à Tezuka Osamu, surnommé le « Dieu des mangas », le créateur d’Astro Boy, du Gekiga et des samouraïs de Shirato Sanpei dans Kamui Den paru dans Garo, aux yokaïs de Mizuki Shigeru, de La Rose de Versailles de Ikeda Riyoko à la revue Margaret, Sailor Moon ou Candy Candy, de la revue Shonen Jump avec ses grands héros One Piece, Naruto, Dragon Ball, Demon Slayer jusqu’à Fairy Tail et L’Attaque des titans, en passant par Akira d’Otomo ou encore Gen aux pieds nus de Nakazawa Keiji, tous mis en parallèle avec des véritables objets culturels patrimoniaux japonais (statues, de rares imprimés du XVIIe au XIXe siècle, des katanas, des masques, etc. ) qui ont inspiré ces grandes œuvres, signifiant le caractère intemporel de l’art des mangas.
Pour terminer en beauté, l’exposition propose trois ouvertures nocturnes afin de profiter jusqu’à la tombée de la nuit de cette superbe visite, avec une fermeture exceptionnelle à 21 h. Gratuite pour les moins de 26 ans, c’est suffisamment rare pour être signalé !
Voir en ligne : LE SITE DE L’EVENEMENT
Par Colin BESNIER
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