Bon
26 septembre 2025
Dans ce tome culminant, Ikki du Phénix se dresse tel un colosse insurmontable face à Seiya et ses compagnons chevaliers de bronze. Le frère aîné de Shun d’ Andromède déploie ici toute la puissance écrasante qui fait sa réputation, questionnant les chances de victoire de nos héros dans un combat aux enjeux existentiels. Masami Kurumada parvient à transcender les codes du nekketsu en insufflant une dimension tragique à ce duel fratricide. La personnalité complexe d’Ikki, tiraillé entre sa nature protectrice envers Shun et sa soif de puissance, trouve ici son expression la plus aboutie.
(ndlr : il a fallu de sérieuses « corones » à Seiya pour dire en face à Ikki qu’il est une mauviette qui se plaint sans arrêt… je n’aurais jamais osé !)
Alors que ce combat atteint son paroxysme, un tournant dramatique bouleverse la donne : l’arrivée d’un émissaire du Grand Pope, porteur d’une mission d’assassinat. Cette intrusion marque l’entrée en scène des redoutables Silver saints, préfigurant les affrontements à venir et la montée en puissance progressive de la saga. Cette escalade narrative témoigne du génie de Kurumada pour ménager ses effets et maintenir le lecteur en haleine. Le Sanctuaire, jusqu’alors évoqué comme une entité lointaine, s’impose désormais comme une force tangible et menaçante.
Cette Final Edition se distingue par sa volonté de proposer la vision ultime de son créateur. Kurumada a personnellement retravaillé certains dialogues et intégré des chapitres inédits, faisant de cette version un véritable « Director ’s cut » du manga. Si l’édition reste sobre par rapport à sa version Deluxe, elle mise sur l’essentiel : un contenu définitif dans un écrin accessible.
Au format 127x180 mm, ce tome de 288 pages offre un excellent compromis entre qualité et prix, permettant à une nouvelle génération de découvrir l’univers des chevaliers d’Athéna. La traduction de Thibaud Desbief respecte l’esprit de l’œuvre originale tout en la rendant fluide pour le lectorat francophone.
Ce quatrième tome clôture magistralement ce 1er arc narratif, laissant les lecteurs sur leur faim et avides de connaître la suite des aventures de Seiya. L’intensité dramatique atteint des sommets, particulièrement dans les séquences où Ikki déploie sa technique dévastatrice de l’Oiseau Phénix. Kurumada prouve une fois encore son talent pour mêler mythologie grecque et codes du shonen, créant un univers unique où se côtoient grandeur épique et émotion pure. Cette conclusion -ô combien provisoire !- nous laisse entrevoir l’ampleur des défis qui attendent nos héros face aux représentants du Sanctuaire.
Par Milan MORALES
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