En dépit d’une chaleur étouffante, ce dernier week-end des 29e RDV de la BD d’Amiens a fait le plein. Certes, les allées étaient plus aérées qu’il y a deux semaines, et tant mieux, vu le climat, mais quand même : plus de 12 000 personnes ont visité à l’inauguration la capitale de la Somme.
« Cette année a été au-delà de nos espérances. » nous confie Sophie Mille directrice du festival. Fatiguée mais toujours alerte et surtout le sourire aux lèvres, elle dresse le bilan d’une année exceptionnelle. « On a, à la fois fidélisé le public habituel mais aussi un nouveau public » constate-t-elle. Le festival qui défend une dimension familiale et grand public voulait, avec la venue de Naoki Urazawa viser une cible « plus jeune, lectrice de manga, qui ne venait pas d’habitude. » Objectif accompli.
Le changement de dimension du public se confirme sur le plan géographique. D’ordinaire fréquenté par un public régional, celui des Hauts-de-France ou de la région parisienne, cette année les visiteurs sont venus de loin, de l’autre bout de la France, voire de l’étranger.
Mais ce qui s’affirme comme la principale victoire de cette 29e édition, c’est sa fréquentation tout au long du mois de juin. « On a eu plus de visiteurs que sur les deux week-ends des éditions précédentes. » Car c’était l’une des particularités de cette édition 2025 : le festival s’est déroulé sur trois et non quatre week-ends avec donc un week-end « muséal » où seules les expositions étaient accessibles. Des moments appréciés des visiteurs, principalement locaux, qui ont pu profiter de la Halle Freyssinet sans la foule des grands jours.
Hormis la qualité de la dizaine d’expositions dont certaines hors-les-murs se prolongent au-delà de la clôture du festival, la programmation explique ces chiffres records. « On voulu densifier le programme du troisième week-end pour ne pas l’esseuler » analyse Sophie Mille. Pari réussi.
À l’heure du bilan, vient la question de « l’après . » En juin 2026, les Rendez-Vous de la BD d’Amiens célèbreront leur 30e édition. Une année-anniversaire qui s’affiche comme un défi : comment transformer l’essai et continuer de grandir ? « Même sans l’anniversaire, on aurait eu la pression. constate la directrice du festival : On a mis le doigt dans un engrenage qui fait qu’on ne peut que grossir. On prépare déjà l’année prochaine, puis la suite. » Une ambition ouvertement assumée.
Pour les plus curieux et les fins limiers, la programmation de la maison de la culture d’Amiens permet déjà d’entrevoir une ligne de force de la prochaine édition avec une exposition intitulée : « Un Certain Mickey »à la Maison de la Culture. La souris de Walt Disney visitera en effet une région pas si loin de ses racines normandes, le patronyme de Disney désignant le berceau de la famille du créateur américain, venue « d’Isigny ». Pour autant, Sophie Mille l’assure « nos trente ans seront bien évidemment à notre image : humble, familiale, festive... mais en plus gros ! »
À l’année prochaine, donc !
Par Kelian NGUYEN
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