Excellent
22 août 2025
Alors que le grand saut vers la destination finale a enfin eu lieu, le début du volume joue sur l’impatience du lecteur en revenant en arrière dans le temps pour deux petits moments. Mais qu’on se rassure, la frustration n’est que fugace car ces deux séquences offrent quelques surprises. Dans la première nous retournons à l’époque de l’orphelinat pour évoquer de nouveau la mystérieuse boussole (et les expérimentations farfelues de Rico), et en bonus une rencontre avec Cravali.
Ensuite, nous revenons presque au temps présent (notion néanmoins relative au sein de l’Abysse) avec deux caverniers qui font leur chemin dans le niveau 6. Nous découvrons le membre absent de Hail Hex, resté en arrière pour permettre aux autres de fuir lors de la confrontation avec Bondrewd. Eux aussi sont à la recherche de la fameuse vestale et devraient donc rejoindre prochainement nos héros. L’intérêt de cette sous-intrigue n’est pas clair, mais nous pouvons supposer qu’il s’agit sans doute d’un moyen de ramener Bondrewd auprès de Nanachi au moment décisif.
Après ces préambules, nous retrouvons le groupe de Rico et les Hail Hex qui sont entrés dans l’Ultime Tourbillon. Les discussions amènent Rico à poser une question sur l’existence des âmes à Slajo : le sujet est récurrent et nous avons droit à une bonne synthèse, avec des confirmations mais aussi des révélations. L’idée de la sauvegarde revient de nouveau, avec en toile de fond une grande extinction qui aurait lieu tous les 2000 ans. Chacun y va de son interprétation et de ce qu’il espère trouver au fond de l’Abysse, mais il faudra remettre le sujet à plus tard car la nature du lieu les ramène à la dure réalité.
Le volume se termine par une séquence 100% action avec la confrontation contre une créature cauchemardesque dont Akihito Tsukushi a le secret. La noirceur de son graphique alliée à ses motifs organiques se révèle une nouvelle fois sublime. De plus, la bataille nous fait découvrir les compétences spéciales des Hail Hex, dirigés d’une main de maître par une Srajo au sang-froid sans faille.
Bien que l’histoire et l’exploration du niveau 7 n’avancent pas dans ce tome, l’ambiance mystérieuse associée aux réflexions sur l’énigme de l’Abysse demeure fascinante. De plus, si nous ajoutons sa pointe d’action finale, aussi intense que terrifiante, Made in Abyss continue d’entraîner le lecteur dans une aventure hors norme, où le merveilleux et l’horreur se mélangent d’une telle façon qu’il devient difficile de les distinguer. Seul bémol, la réduction du nombre de pages, qui passe de 160 (habituellement) à 130 : trop court, comme nous l’avons mentionné, en dépit de la qualité de l’ouvrage !
Par Guillaume BOUTET
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Made in Abyss T.13. Par Akihito Tsukushi. Traduction : Yoan Giraud. Ototo, collection "Seinen". Sortie le 11 juillet 2025. 130 pages. 9,35 euros.
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