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Le catalogue Futuro de la fin de l’année montre un tempérament pugnace : on associe Zelba, autrice jeune mais déjà chevronnée avec une spécialiste de la navigation par gros temps : Isabelle Autissier. Une valeur sûre, Étienne Davodeau revient avec la constante d’une certaine revendication politique, menacée en ces temps de coupes budgétaires : l’accompagnement des patients frappés d’Alzheimer ; Emmanuel Lepage nous extrait de notre quotidien plombant pour nous faires retourner aux îles Kerguelen ; Benjamin Flao conclut son dyptique L’Âge d’eau… On retrouve parmi d’autres Hugues Micol, Dabitch, Nylso ou Maurane Mazars, des talents solides at appréciés, mais aussi des adaptations littéraires d’auteurs comme Erri De Lucca (Le jour avant le bonheur) servi par Didier Tronchet & Christian Durieux ou encore le Gulliver de Jonathan Swift servi par le plus grand dessinateur italien actuel : Lorenzo Mattotti !
La première salve a eu lieu le 20 août 2025 avec le retour chez Futuro de Benjamin Flao, le dessinateur de La Vie secrète des arbres qui nous livre la deuxième partie du diptyque L’Âge d’eau, une terrifiante anticipation de ce qui nous attend avec le réchauffement climatique : la montée des eaux, des territoires entiers submergés, un ordre sécuritaire de plus en plus prégnant et, mince filet d’espoir, une révolte où des marginaux réinventent une humanité lumineuse. Une « Futuropolis » en quelque sorte saluée par la critique et par le Prix Futurs 2023.
Nous vous avons parlé déjà de L’Ange corse qui montre l’envie de Futuropolis de renouer avec les grandes sagas d’aventure « à la Jean Van Hamme ». Cette saga historique raconte le rôle de la mafia corse dans la lointaine Indochine française… Un sujet inédit.
Autre récit épique avec l’adaptation en BD par Didier Tronchet & Christian Durieux du best-seller d’ Erri De Luca Le Jour avant le bonheur, un roman d’apprentissage poétique et initiatique, où un orphelin napolitain découvre l’amour et la mémoire de l’histoire grâce à un mentor mystérieux. Le ton mêle mélancolie, sagesse et un léger voile de merveilleux.
Une aventure du réel, ensuite, que celle d’Yves Faivre avec Les Cieux noirs (scénario : Alain Bujak ; dessins : Andrés Abiuso), ou l’aventure d’un agronome français emprisonné en Afghanistan après y avoir travaillé pendant plusieurs décennies et qui tente de faire de l’agriculture un instrument de la paix.
En septembre, c’est Isabelle Autissier qui tient la barre dans un dialogue avec Zelba sur la protection des océans, entre souvenirs de navigation et plaidoyer écologique
Nous avons déjà évoqué voici quelques jours Mimésia de Hugues Micol qui lui aussi s’inquiète pour la planète, mais davantage pour sa culture directement menacée par une IA qui a pris le pouvoir sur la planète bleue et qui a bien l’intention d’en faire disparaître toute création « authentique ». Une belle œuvre, l’une des plus importantes de l’auteur qui a une actualité à la Galerie Barbier en cette rentrée.
Léa Gauthier & Hélène Aldeguer évoquent, quant à elles, Emma Goldman, une figure de l’anarchie révolutionnaire du XXᵉ siècle, entre Russie, États-Unis et France. Un album tiré de son autobiographie Living my life.
Le gros morceau arrive le 8 octobre avec la nouveau titre d’Étienne Davodeau : Là où tu vas. Un récit sur la maladie d’Alzheimer dans le soin de laquelle les personnes soignantes jouent un rôle déterminant. On peut compter sur l’empathie, l’intelligence et la délicatesse de l’auteur de Loire pour traiter d’un sujet intime qui touche énormément de personnes, en France et ailleurs.
Bios et des témoignages
Frida Kahlo est racontée par Dominique Osuch dans Frida Kahlo, un tramway nommé Diego, une aventure aussi politique qu’amoureuse, mêlant l’art et la vie. Dans la foulée, on lira le tome 3 de Crénom Baudelaire, tiré du roman du regretté Jean Teulé, par Dominique & Tino Gelli.
Christophe Dabitch & Nylso, dans L’Homme à la licorne nous racontent la vie de l’arnaqueur Victor Lustig qui, dans l’entre deux guerres, c’est authentique, vendit la Tour Eiffel à des gogos. Les auteurs racontent surtout le contexte des mythes et des légendes qui courent sur son compte.
Au niveau des docu-fictions, on suivra Mathilde Ramadier, Laure Woestelandt & Maurane Mazars dans Madones & Médées, un album aux résonances contemporaines qui arpente le sujet de la maternité avec une jeune psychiatre qui interroge les injonctions sociales et les sentiments intimes qui accompagnent cet événement qui marque une vie.
Au nombre des habitués du catalogue Futuropolis, il y a évidemment Emmanuel Lepage qui revient aux Îles Kerguelen où il nous avait emmenés jadis. Près de 15 ans après, il continue de « Danser avec le vent ».
Lorenzo Mattotti aura une belle actualité à la fin de cette année. Outre son Artbook arthurien paru chez Locus Solus avant l’été, il publie chez Futuropolis sa lecture du roman philosophique de Jonathan Swift, Les Voyages de Gulliver et s’apprête à faire une exposition de son travail à la Galerie Martel de Paris.
On jettera un coup d’œil à quelques belles rééditions de ce programme : L’édition anniversaire de Fred Vargas & Edmond Baudoin – Les Quatre fleuves, suivi de Le Marchand d’éponges, où l’on retrouve le commissaire Adamsberg. Un classique.
Autre classique réédité, l’intégrale du Pouvoir des innocents de Luc Brunschwig & Laurent Hirn dont le cycle III reparaît en novembre, 35 ans après sa publication originale.
Plus ancien et plus iconique, la réédition de Popeye de Elzie Crisler Segar dont Futuropolis publie les pages du dimanche Sundays 1933-1938, renouant avec le travail patrimonial de Futuropolis « canal historique », celui de Robial & Cestac, dans la mémorable collecton Copyright.
Par Didier PASAMONIK
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