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Bon
28 mai 2025
Celles et ceux qui viennent du Mans la connaissaient : Jeannine Brunet, la mère Lapipe. Elle tenait le café du coin depuis toujours.
Réalisée par le journaliste Pierrick Bourgault et le dessinateur Gab, cette BD de 120 pages capture avec tendresse et humour l’atmosphère unique de ce bistrot sarthois.
Dans La Mère Lapipe au café du coin, l’auteur nous plonge dans un petit bistrot de quartier, théâtre d’humanité brute et de tendresse camouflée sous des couches d’ironie bon enfant. La Mère Lapipe, figure tutélaire et bougonne, règne sur ce café comme une vieille louve sur sa meute de marginaux, de poivrots et d’âmes cabossées. On y entre pour un verre, on en ressort avec un morceau de vie.
Le récit plonge le lecteur dans le quotidien de ce lieu hors du temps, où se côtoyaient retraités, ouvriers, soignants, étudiants et même un ministre. Les dialogues savoureux et les scènes de vie illustrent la gouaille et la générosité de Jeannine, qui, avec sa pipe toujours à la bouche, incarnait une humanité joyeuse et chaleureuse.
Les illustrations de Gab, réalisées à l’encre et à l’aquarelle, apportent une dimension visuelle vivante et expressive, renforçant l’immersion dans cet univers singulier. Les détails du décor, comme les affiches de Johnny Hallyday ou les briquets scotchés au comptoir, contribuent à recréer l’ambiance chaleureuse et authentique du café.
La Mère Lapipe au Café du Coin est bien plus qu’une simple bande dessinée ; c’est un témoignage précieux de la vie de quartier et de la convivialité des bistrots, ces lieux de partage et d’échange qui tendent à disparaître. Un ouvrage recommandé pour ceux qui souhaitent retrouver l’atmosphère si singulière des cafés de nos régions.
Aucun misérabilisme ici, mais une forme de dignité dans l’échec, de beauté dans le banal. Ce café devient le microcosme d’un monde en voie de disparition, celui où les silences disent plus que les discours.
La Mère Lapipe, derrière son accent râpeux et ses jurons fleuris, incarne une humanité rugueuse mais entière — à la fois rempart contre le vide et témoin d’un temps qui s’effiloche.
En somme, La Mère Lapipe au café du coin est une BD modeste dans sa forme, mais profondément touchante dans ce qu’elle dit de nous : le besoin d’un lieu, d’un lien, d’un peu de chaleur — même dans un troquet où le café sent la chaussette, où le comptoir colle, et où Johnny Hallyday veille en maître des lieux.
Voir en ligne : Editions Ouest France
Par LA BIBLIOPHAGE
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