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Bon
6 février 2025
Dans un Tokyo fictif, les yakuzas (terme japonais désignant un membre de la mafia) sont dotés de mystérieux pouvoirs attribués à leurs tatouages de clan. Après avoir vu son père se faire assassiner et sa petite sœur être transformée en statue de pierre par un gokudô, surnom donné aux gangsters dotés de pouvoirs surnaturels, Aizawa part en quête de vengeance. Décidé à retrouver l’auteur de ces actes, le jeune homme devenu lycéen traque les gangs yakuzas, afin de trouver des informations sur le mystérieux malfaiteur. Pour ce faire, il s’est lui-même affilié à un gang de gokudôs, qui se servent de lui pour des tâches ingrates.
Vengeance, yakuzas et super-pouvoirs
Aptitudes sur-humaines et yakuzas n’est pas une nouveauté, lorsque l’on songe à Crying Freeman et son protagoniste éponyme, dont les combats et meurtres sont plus invraisemblables les uns que les autres. Le mangaka saute cependant le pas du fantastique dans Katagi Modoshi, en attribuant de véritables super-pouvoirs aux yakuzas dotés d’un tatouage. Shirata Kiyoto joue ainsi avec la tradition de l’irezumi, tatouage fait à la main qui recouvre intégralement une grande partie du corps. Il s’agit d’un signe d’appartenance entre clans des triades de yakuzas.
Autre reprise d’une tradition : pour obtenir le tatouage qui confère des pouvoirs magiques, il faut s’adonner au rituel du sakazuki, le partage d’une coupe de saké avec un chef de gang (oyabun). Cette tradition consiste dans la culture japonaise à officialiser le lien de subordination, le vœux de loyauté et la confiance entre un patron et son homme de main.
Jouer avec les stéréotypes du shônen
La drôlerie qui fait ressortir Katagi Modoshi du lot, le mangaka se joue ouvertement et délibérément de la trame classique des shônen. Destiné aux jeunes garçons, ce genre de mangas se caractérise par un jeune personnage principal masculin, qui se dépasse sans arrêt pour atteindre un but ultime, un rêve auquel il dédie toute sa vie et son énergie. Shirata Kiyoto nous met sur cette piste en introduisant Aizawa, un lycéen ténébreux et solitaire guidé par son désir de vengeance.
L’auteur se moque du stéréotype avec le personnage de Sosuke, une demi-portion qui se présente sous un masque de naïveté et de candeur. Pourtant, Sosuke est le Katagi Modoshi en personne, dont le super-pouvoir est d’effacer et purifier toute souillure de l’âme humaine (donc les tatouages des mafieux par extension). Le petit caïd Aizawa fait alors pâle figure face à ce combattant aguerri et redouté par la pègre tokyoïte, qui se cache derrière ses binocles rondes et sa coupe au bol. Un trait d’humour qui se joue des codes habituels dans la narration manga et dont on peut espérer une suite qui saura rebondir, après ce premier ressort dramatique ingénieux.
Voir en ligne : Pour commander le tome 1 de Katagi Modoshi - Soul Cleaner
Par Anthea MARIANI
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Katagi Modoshi - The Soul Cleaner tome 1 - Shitara Kiyoto - éditions Crunchyroll
Date de parution : 15 janvier 2025
Nombre de pages : 192
Prix : 7,99€