Excellent
25 mars 2026
Nous reprenons d’abord là où nous avions laissé Erika : une fois Zoé vaincue, la troupe du Grünthal prend le contrôle du repaire des bandits. Comme promis, Zoé leur révèle l’emplacement du Trésor de Mars ainsi que les événements survenus lorsqu’ils s’y sont rendus. Nous savions déjà que Muster n’avait pas été guéri et qu’il était allé au bout de sa vengeance, mais son récit révèle bel et bien l’existence d’une entité mystérieuse qui aurait pu soigner le baron. Toutefois, le prix exigé était inacceptable pour lui.
Après cet épisode, qui conclut (pour le moment ?) l’intrigue du Trésor de Mars, les deux jeunes filles peuvent enfin profiter d’un repos bien mérité, et commencer à concrétiser leur rêve : devenir apprenties Künstlers afin d’intégrer le Grünthal à l’âge adulte. De son côté, Cuan Kilbourne doit leur faire ses adieux, car une nouvelle mission l’attend.
C’est cette dernière mission qui occupe l’essentiel de ce tome et fait office d’épilogue à la série. Andro Austad la confie personnellement à Cuan et, au vu de ce que l’on sait du personnage, tout laisse penser qu’elle se terminera mal. Au-delà de sa dimension tragique, cette intrigue explore une nouvelle facette de la thématique homme-machine si chère à l’œuvre de Yukito Kishiro.
Cuan infiltre un lieu étrange, le Katakombe, où repose les corps de ceux qui ont abandonné leur chair pour devenir des cyborgs. Cette dimension philosophique fait écho à Yoko, née sans véritable corps, mais aussi à Erika qui a choisi de renoncer au sien pour lui ressembler. C’est dans ce lieu, que l’on peut considérer comme sacré, que Cuan doit débusquer une société secrète responsable de l’assassinat de Wisehart.
Nous avons droit à un court rappel d’histoire sur la colonisation de Mars et sur la création du PanzerKust, avec un ajout surprenant : l’existence d’une société secrète, aussi ancienne que l’art martial martien, aux traditions extrêmement douteuses, mais parfaitement dans l’esprit de la série et de l’exploration des frontières de l’humanité. Malheureusement Cuan ne sort pas indemne de cette mission et son nom, tout comme le scandale sur lequel il enquêtait, tomberont dans l’oubli.
Gunnm Mars Chronicle s’achève sur une note douce-amère, fidèle à une série qui aura exploré l’enfance surprenante de Yoko et Erika. Yukito Kishiro enrichit une nouvelle fois son univers en y ajoutant des intrigues inédites et de personnages originaux. Les mauvaises langues diront qu’il s’agissait d’une digression en grande partie inutile, mais ces chroniques martiennes apportent indéniablement une nouvelle profondeur au mythe de Gunnm : du baron Muster au Zonoèdre en passant par la reine de Cydonia.
Quant aux aventures de Yoko et d’Erika, elles doivent toujours se retrouver au temps présent pour régler leurs comptes. En attendant, la suite de leur histoire nous sera contée dans une nouvelle série qui débutera cette année au Japon, au titre tout à fait clair : Gunnm PanzerKunst Chronicle.
Par Guillaume BOUTET
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Gunnm Mars Chronicle T.11. Par Yukito Kishiro. Traduction : David Deleule. Glénat Manga, collection "Seinen". Sortie le 18 mars 2026. 178 pages. 7,90 euros.
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