Très bon
1er mars 2025
Une jeune femme sillonne la Russie à la recherche de l’assassin de son père. Le meurtre a eu lieu sous ses yeux alors qu’elle lisait son recueil de contes slaves favori, assise dans un coin de la bibliothèque paternelle.
Sous couvert d’une fausse identitécelle d’, une représentante de produits pharmaceutiques, elle frappe aux différentes portes espérant reconnaître l’assassin et assouvir sa vengeance. Ces médicaments qu’elle propose, elle en est elle-même une consommatrice : ceux-ci lui permettent de surmonter ses douleurs physiques et surtout psychiques qu’elle en encourues. Mais la prise de ces substances la rend dépendante et modifie sa perception de la réalité. Les corps se tordent et se déforment. Les meurtriers qu’elle rencontre et combat prennent l’apparence de monstres qui l’effrayaient au cours de ses lectures d’enfance.
L’histoire est sombre. Les scènes de pugilat sont sanglantes. L’idée du scénario est classique mais sa présentation est particulière et originale. Plusieurs interprétations sont possibles. Est-elle en train de faire un cauchemar ? Le choc post-traumatique subi à ce moment précis de son enfance, nourri par les contes fantastiques, entraîne-t-il cette confusion du monde réel et d’un univers peuplé de chimères ? La lecture de cet album vous donnera toutes les explications.
Un récit noir servi par un dessin expressionniste où les cheveux prennent vie, où les visages sont davantage des masques expressifs que des figures humaines, et où la neige (la poudre blanche ?) tombe en flocons stylisés, ronds et abondants.
L’ensemble narratif et graphique est tout indiqué pour les lecteurs désireux de quitter un moment les produits formatés qui pullulent aux USA et constitue une belle introduction à l’art de Matt Kindt et Matt Lesnewski.
Par David SPORCQ
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