Très bon
2 juin 2025
Comme les précédents tomes, celui-ci est divisé en deux parties : la série Chibi Maruko-chan à proprement parler et une compilation d’histoires autobiographiques de Momoko Sakura, mais à d’autres âges (adulte, adolescente, etc.). Le ton reste le même avec un humour sarcastique, voire féroce, qui décrit un âge ingrat (très) précoce et une héroïne qui fait beaucoup de bêtises lorsqu’elle ne paresse pas ou ne se lamente pas sur son sort.
Dans le détail, nous retrouvons six chapitres de Chibi Maruko-chan, dont une « grande » histoire en deux parties. Tout d’abord, notre héroïne s’agace de la nouvelle passion à la mode chez ses camarades : le vélo. Évidemment, elle déteste : c’est difficile, cela fait mal lorsqu’elle tombe et demande trop d’efforts. Mais grâce à ses amis, elle finit par réussir à en faire, tant bien que mal. L’histoire met en avant le mauvais caractère de notre héroïne, mais aussi son entourage qui se soucie d’elle malgré tout.
Dans la suite, Maruko a une grosse dispute avec sa sœur au sujet d’un cahier offert avec des boîtes de thon. Puis c’est le Nouvel An, avec oncles et cousines qui viennent à la maison pour une journée sous le signe des jeux et de l’alcool (pour les adultes). Ensuite, Maruko se retrouve, à l’insu de son plein gré, candidate au poste de déléguée de classe (une lutte féroce à la clé). Et enfin, elle décide de faire le voyage de sa vie : aller toute seule chez ses grands-parents, qui habitent dans la ville voisine (à vingt minutes de train).
Le récit de Momoko Sakura continue d’offrir une vision sans concession des mesquineries de l’enfance, ponctuée de remarques cruelles et de grandes affaires occupant ses journées, mais aussi celles de sa famille et de ses amis. La seconde partie reste dans le même registre. D’abord avec l’histoire de sa crise d’appendicite (que sa famille a parfaitement ignorée, croyant à une énième comédie), puis avec son installation à la capitale pour travailler (moment émouvant avec sa mère, même si elle se fera rapidement licencier – dormir au boulot est apparemment mal vu), et enfin avec la lamentable histoire de son premier amour.
Toutes ces histoires sont entrecoupées d’anecdotes de la mangaka, qui disserte sur ses obsessions, souvent étranges et toujours très drôles. N’ayant honte de rien et décidant de rire de ses médiocrités et bizarreries, Momoko Sakura nous convie à ces souvenirs à la fois comiques et attachants, nous plongeant dans une époque révolue mais ô combien universelle. Une lecture simple mais percutante.
Par Guillaume BOUTET
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Chibi Maruko-chan T.3. Par Momoko Sakura. Traduction : Kevin Stocker. Mangetsu, Collection "Koten". Sortie le 2 avril 2025. 176 pages. 7,95 euros.
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