Très bon
31 décembre 2025
Momoko Sakura continue de s’amuser avec ses souvenirs d’enfance, qu’elle dessine sans tenir compte d’une quelconque chronologie : elle les narre comme si elle était en soirée afin de faire rire l’assemblée. Ainsi, le volume s’ouvre sur la fameuse excursion en montagne, évoquée mais non racontée dans le tout premier tome.
Cet épisode de la vie de Maruko peut sembler anodin, mettant en scène les jeux souvent idiots des enfants, avec des effets d’entraînement, mais c’est la chute que nous retiendrons : pour des chocolats, notre héroïne est prête à tout, même à se mettre à genoux, surtout lorsqu’à la clé il y a une découverte révolutionnaire à ses yeux : la truffe au chocolat !
La passion de Maruko pour les choses sophistiquées, voire de riches, constitue l’un des thèmes de ce tome à travers quelques moments forts de ses jeunes années. Un chapitre la montre essayer d’entraîner sa famille à fêter dignement Noël, mais à part le sapin et les cadeaux — ce qui n’est déjà pas si mal — le reste leur passe au-dessus de la tête. Un autre chapitre amène la famille, de façon assez improbable, à dîner dans un restaurant français : pour ses parents c’est une très mauvaise expérience (surtout en raison des prix) mais pour Maruko c’est un rêve éveillé.
Le reste des histoires de Chibi Maruko-chan explore les autres facettes de la fillette : lorsqu’elle tombe malade, elle passe une journée de rêve à se la couler douce... au point de filer à l’anglaise pour assister à la venue d’un champion de yoyo dans la boutique du coin. Un peu plus honorable : avec sa meilleure amie elles recueillent un chiot perdu et mobilisent la classe pour le nourrir. Une touchante attention, même si cela finit de façon décevante pour Maruko (mais heureuse pour le chiot). Enfin, avec ses amis, elle assiste à un télécrochet local et passe à la télé — au milieu du public, mais pour sa famille, c’est bien entendu un grand évènement.
Comme toujours, le tome est complété par Les Saynètes de Momoko Sakura, qui explorent d’autres âges de la mangaka. Nous la retrouvons d’abord au collège, s’inquiétant de ne pas avoir encore ses règles contrairement à ses amies, et surtout découvrant que la puberté change bel et bien les relations entre garçon et fille. Puis nous faisons un bond vers ses années d’étudiante, et plus particulièrement lorsqu’elle donnait des cours particuliers à des collégiens, pour une histoire mélancolique sur les séparations. Enfin, la dernière saynète revient très en arrière avec Momoko âgée de six ans, qui décide de partir seule à l’aventure un dimanche ensoleillé.
Un ensemble d’histoires qui continuent d’offrir une lecture amusante et décalée dans laquelle la mangaka évoque sans honte ses médiocrités et ses bizarreries, mais aussi la candeur et les joies simples de l’enfance. La dimension nostalgique et universelle de Chibi Maruko-chan réside dans cette mise à nu du ridicule d’un monde qu’elle prenait enfant ô combien au sérieux, et parfois au tragique, et dans lequel tout un chacun se reconnaît inévitablement... pour le meilleur et pour le pire !
Par Guillaume BOUTET
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Chibi Maruko-chan T. 5. Par Momoko Sakura. Traduction : Anaïs Fourny. Mangetsu, collection "Koten". Sortie le 19 novembre 2025. 176 pages. 7,95 euros.
Chibi Maruko-chan sur ActuaBD :
– Lire la chronique du tome 1
– Lire la chronique du tome 3