Commençons par un pas de côté. Les éditions Glénat, plus de 50 ans après la création de la revue par Jacques Glénat, proposent la Collection des Cahiers de la Bande Dessinée consacrée à des auteurs qui, chacun à leur manière, ont fait de la bande dessinée un art de référence à nul autre pareil. Parmi ces ouvrages d’entretiens qui évoquent les coulisses de créations mythiques, sont disponibles Franquin et moi par Numa Sadoul et Dessine (et tu connaitras l’univers et les dieux) de Frank Pé.
Quant aux Cahiers de la BD (et nous parlons bien maintenant de la revue) qui ne sont plus édités par Glénat, le numéro d’automne arrive dans les kiosques (ceux encore ouverts), les librairies et sites Internet.
Débutons le survol de ce n°28 par ce qui pourrait fâcher un peu : 15 pages de BD publiée dans le n°1 du nouveau magazine Charlotte. Espérons que d’autres magazines n’auront pas également cette idée. Si chaque revue publie en même temps les mêmes pages de BD, le lecteur risque de regretter son achat. Passons également et allègrement par-dessus la vingtaine de pages de pub (certes toutes relatives à la BD) et rendons-nous à la page 55.
Le cahier monographique fête le retour de Martin Veyron, créateur du désopilant Bernard Lermite, Grand prix 2001 (pour l’ensemble de son oeuvre) et Prix spécial 2017 (pour Ce qu’il faut de terre à l’homme) de la ville d’Angoulême.
Après quelques années d’absence, il revient avec Erostrate, personnage peu connu de l’Antiquité grecque : pour avoir mis le feu au temple d’Artémis à Ephèse, il fut condamné à mort.
En complément de l’entretien avec l’artiste, Vincent Bernière a recueilli l’avis de Romain Berthe, spécialiste de l’Antiquité et enseignant.
Le cahier iconique se penche sur Philippe Valette, auteur de l’Héritage fossile et sur Aimée de Jongh qui adapte Sa majesté des mouches (roman de William Golding), album apprécié d’ActuaBD.
Si les entretiens constituent l’un des points forts de la revue, le cahier thématique par sa transversalité offre un regard toujours intéressant.
Dans ce numéro d’automne des Cahiers, c’est le thème de la guerre, du Secret de l’Espadon à Maus, de Jacques Tardi au Captain America de Jack Kirby, du nouvel album d’Olivier Grenson (Le Partage des mondes) à celui de Joe Sacco consacré à la Guerre à Gaza, qui réfléchit aux liens étroits et anciens reliant BD et guerres.
Entre bravoure ou lâcheté, tragédies individuelles ou collectives, propagande ou dénonciation, le jeu de la guerre se compte en nombre de morts.
Le cahier héroïque accorde toute son attention au personnage créé par Jacques Martin, Guy Lefranc, l’un des classiques de la BD (et du journal Tintin) : Lefranc, un Tintin réaliste ? Nicolas Tellop, érudit et pédagogue, vous propose sa lecture. Avant de vous plonger ou replonger dans les 25 albums de la série (Cuba Libre par Régric et R. Seiter vient de sortir https://www.actuabd.com/Guy-Lefranc-T25-Cuba-Libre-Par).
Signalons enfin, en fin de revue justement, quelques bonnes feuilles de Jean Giraud alias Moebius de Christophe Quilien. Un pavé qui s’annonce incontournable sur la vie et l’oeuvre de Giraud/Moebius.
Un hors-série de 128 pages des cahiers de la BD sortira prochainement : Moebius - La double vie d’un génie.
Par Christian GRANGE
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