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Blandice #34 : Courtisanes

Par Charles-Louis DETOURNAY Très bon 2 novembre 2025 
Alors que l'hiver est à nos portes, le trimestriel Blandice vient réchauffer les chaumières, en proposant son lot habituel de bandes dessinées érotiques et d'articles de fond. Chaud devant !

Comme tous les trimestres, Blandice nous livre son nouveau numéro de cent pages composé d’un pot-pourri de bandes dessinées érotiques encadré par une série d’articles de fond. Pour rappel, depuis le numéro 27, l’éditeur Thierry Plée s’est affranchi de la tutelle de la Commission Paritaire des Publications et des Agences de Presse (CPPAP) afin de proposer un magazine érotique non censuré. Une liberté (re-)trouvée qui s’accompagne malheureusement d’un défi financier car le magazine n’est dès lors plus subventionné. Or, c’est la dernière revue qui met en avant la bande dessinée érotique en kiosque, luttant contre la pudibonderie ambiante.

Blandice #34 : Courtisanes
Extrait du dossier traitant des geishas

La thématique de ce dernier numéro de l’année 2025 s’intéresse aux courtisanes en tous genres. Universelles et intemporelles, ces femmes ont de tous temps œuvré dans l’ombre des boudoirs, jouant et assouvissant les désirs des hommes, tout en maintenant une influence notable sur leurs sociétés. Si certaines ont été objet de fantasmes et de pouvoir, la grande majorité ont connu des destins bien moins reluisants, ce qui ne les empêche pas d’être les reflets des mœurs de leurs époques.

On l’a compris, le sujet est aussi vaste que délicat et il faudrait bien plus d’un numéro pour en aborder toutes les facettes. La rédaction décide alors de se focaliser sur certains sujets plus spécifiques. Tout d’abord les geishas, que notre culture occidentale a encore parfois du mal à bien situer. Certains pensent que ce vocable détermine toutes les épouses japonaises tandis que d’autres y voient un terme générique pour désigner les prostituées du pays du Soleil Levant. La réalité se situe au-delà de ces idées reçues, à mi-chemin entre des esthètes garantes des traditions et des femmes à l’érotisme aussi distant que distingué. Un passionnant article signé par Marie Montheillet qui nous permet de dépasser les idées préconçues.

Extrait du dossier traitant des courtisanes

La même autrice livre également un vibrant plaidoyer à l’endroit et oour les droits des actuelles travailleuses du sexe en France, donnant une vision assez claire de la loi et de ses frontières qui restent pourtant encore assez floues.

Mais c’est surtout son dossier sur les courtisanes qui nous a passionnés : l’autrice passe en revue les différentes périodes de notre Histoire, afin d’identifier comment la position des ces femmes a progressivement évolué, sans jamais ternir leur influence.

Les interviews de Marc Lemonier, auteur de Secrets de maisons closes à la Musardine et de Maïa Mazaurette que nos lectrices et lecteurs connaissent bien, ouvrent des portes complémentaires à cette discussion, loin de clôturer le sujet mais de montrer comment il est vaste et souvent méconnu.

Le Fruit le plus doux - Par Gabrielle Di Caro

L’essentiel de ce numéro est à nouveau composé de bandes dessinées érotiques qui illustrent plus ou moins cette thématique, en fonction de l’actualité des sorties. C’est d’ailleurs plus l’Histoire qui est évoquée, tout d’abord avec la suite de la prépublication du Fruit le plus doux de Di Caro : de Marylin Monroe à l’héroïne de son histoire, l’auteur nous entraîne dans les arcanes de l’Amérique des années 1950. Le tome 2 de cette série sort prochainement, nous vous en reparlerons.

La Duelliste - Par Trif & Celestini

Quant à eux, Trif & Celestini ont quitté les contes et l’Antiquité pour le XVIIIe siècle et la cour de Louis XV. Une version érotique en hommage à la Rose de Versailles qui ne manque ni de passion, ni de charme(s).

Après La Chair des dieux, Winona & Emka passent de la mythologie nordique à celle de l’Egypte des pharaons avec Isis, mes mystères dévoilés. Un dessin en couleurs directes plein de contrastes et d’évocations charnelles.

Isis, les mystères dévoilés - Par Winona & Emka

Les séquences de bande dessinée s’éloignent aussi de l’Histoire pour aborder des sujets plus vastes :

– Suspiria par Montagliani & Bulgarelli nous présente une sculpturale diablesse qui vient pervertir un petit village. Le magnifique travail en noir et blanc laisse présager un album dans la pure lignée des fumetti de l’époque, une touche de souffre en plus.

– Habitué des nymphettes les plus dévergondées, Pylate revient avec L’Île de la débauche. Une saynète estivale qui plaira à ses nombreux fans.

Suspiria - par Montagliani & Bulgarelli

– Dans notre futur où tout acte charnel a été prohibé au sein de Pantapolis, Pistoia & Trono mettent en scène Valentine, une héroïne rebelle qui a décidé de faire du sexe son arme de combat contre le pouvoir en place. Et elle n’y va pas de main morte !

– Enfin, nous sommes ravis de découvrir le nouveau album d’Elena Ominetti : Seconde Chance. Ce premier extrait assez soft, présente un outil révolutionnaire : un casque virtuel qui permet de ressentir toutes les sensations d’une autre personne. Notre héroïne ingénieure en robotique le fait essayer à sa grand-mère paralysée, afin de la sortir de sa léthargie. Avec un résultat qui dépassera toutes les attentes !

Seconde chance - Par Elena Ominetti

Bref, en plus d’un sujet central développé avec intelligence et conviction, ce nouveau numéro de Blandice dispose d’un contenu suffisamment varié pour convenir à tous les goûts. Son statut du dernier des Mohicans de la presse de bande dessinée adulte ne l’empêche de maintenir la qualité de ses parutions. Longue vie à Blandice !

Par Charles-Louis DETOURNAY

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