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Blandice #29 : Vivre nu

Par Charles-Louis DETOURNAY 4 août 2024 
Le numéro estival de Blandice continue de s'incarner sans complexe le top des bandes dessinées érotiques du moment. Bandes sexy alternent avec articles de fond (allons, pas de mauvais esprit), contentant autant le profane que l'initié. Liberté sans tabou !

On ne cesse de vous le répéter depuis six mois : la nouvelle mouture du magazine Blandice mérite toute votre attention et votre soutien ! Pourquoi ? Tout d’abord car l’éditeur s’est affranchi de la tutelle de la Commission Paritaire des Publications et des Agences de Presse (CPPAP) afin de proposer un magazine érotique non censuré. Une liberté (re)trouvée qui s’accompagne malheureusement d’un défi financier car le magazine n’est dès lors plus subventionné. Or, c’est la dernière revue qui met en avant la bande dessinée érotique en kiosque, luttant contre la pudibonderie ambiante. Il faut donc la soutenir !

La seconde raison pour l’acheter tient bien entendu à son contenu, toujours aussi différent que pertinent !! Quoique vous en pensiez, bande de coquinous, ce sont d’abord les articles éditoriaux qui attirent notre attention, car ils sont rédigés avec classe et sens de l’analyse et abordent souvent des questions de société avec un angle qu’on ne retrouve pas dans les magazines traditionnels.

La thématique du « vivre nu » amène un premier passionnant édito qui utilise une fois de plus l’histoire de l’art, comme nous le mentionnait précédemment Katia Even. On explique entre autres que la nudité masculine était tolérée dans l’antiquité, voire encouragée dans les sports, alors que celle de la femme fut rapidement proscrite. Jusqu’à se poser des questions comme identifier la période historique à laquelle le vêtement est un devenu un marqueur différenciateur entre les sexes ? Le naturisme est naturellement un sujet central de ce numéro, par sa progression historique ou encore un reportage au Cap d’Agde, haut lieu du phénomène en France. On retrouve d’ailleurs les témoignages de quatre adeptes convaincus de la pratique.

Changement de cap (si l’on peut dire) avec le lien entre l’érotisme et le racolage commercial. Ce long dossier prend des positions assez osées (comprenez "affirmées") en analysant le marché de la bande dessinée américaine, mais aussi celui du marché européen de la BD, concernant les illustrations volontairement dénudées des héroïnes : il évoque une stratégie de sexualisation des albums et de leur marketing, notamment par Soleil et Delcourt dans les années 1990. Ce qui est assez étonnant dans cet édito signé par Kamil Plejwaltzsky, c’est que la sexualisation qui force l’achat entraînerait un épuisement scénaristique et une lassitude des lecteurs. Cette conclusion se trouvant en face d’une publicité pour un album de Tabou où la couverture a justement été ultra-travaillée dans une pose sexy, ne reflétant pas vraiment le contenu graphique ou scénaristique de l’album en question... Que l’on voit le phénomène comme une lutte contre la pudibonderie ou une pratique commerciale qui use ou abuse, cet édito mérite à lui seul l’achat de la revue pour les amateurs du genre.

Blandice, c’est aussi (et surtout) de la bande dessinée, avec la suite du tome 3 de Petit Bout de l’Histoire et de notre chouchou dont il nous tarde vous parler : Hors des Sentiers battus. C’est aussi l’occasion de retrouver des extraits d’albums que vous auriez pu avoir loupés : Histoires s d’elles, le récent Trois Copines à Milan, le torride Kiff et Chaleurs estivales d’Ikna qui s’affiche d’ailleurs en couverture du magazine.

Enfin, on profite d’un récit complet et inédit de 14 pages (une première dans le magazine) : après les réussites de Sans un mot... et Quelques mots pour le dire, la talentueuse dessinatrice italienne revient en adaptant les nouvelles de Cyril Corti (ci-dessus et ci-dessous). Certainement un album à suivre et qui place cette artiste comme l’une des figures montantes de la bande dessinée érotique actuelle !

"Oni, plaisirs intimes", la nouvelle bande dessinée d’Elena Ominetti

Par Charles-Louis DETOURNAY

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Code EAN :

Revue de bande dessinée érotique réservée à un public adulte et averti.

Sur le même sujet, lire : Angoulême 2024 : Katia Even & Thierry Plée : « Notre revue de bande dessinée érotique "Blandice" prend un nouveau départ. »
ET
Blandice 28 : La BD au féminin

Tabou adulte érotique
 
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1 Message :
  • Blandice #29 : Vivre nu
    12 août 2024 10:07, par Victor C. Blocmick

    "Que l’on voit le phénomène comme une lutte contre la pudibonderie ou une pratique commerciale qui use ou abuse, cet édito mérite à lui seul l’achat de la revue pour les amateurs du genre."

    Bof. Ce serait plutôt un argument contre en ce qui me concerne. Les moralisateurs compulsifs qui nous martèlent de bienveillance agressive à longueur de pubs et d’émissions télévisées vont donc se nicher jusque dans les revues de BD pornographiques, de nos jours ? Pas étonnant, hélas, que la jeunesse préfère le dangereux chaos d’Internet. Jadis, le rédactionnel de L’Echo des Savanes ou de La Poudre aux Rêves Comix n’aurait jamais ainsi craché dans la soupe érotique. Certains paradoxes ne sont guère plus que de l’hypocrisie.

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