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Série TV : Lazarus, une fable existentielle dystopique signée Shin’ichiro Watanabe

Par Anthea MARIANI 1er septembre 2025 
2052. La Terre s'est affranchie de toute souffrance et de toute maladie grâce à un médicament révolutionnaire : l'Hapna. Alors que la quasi entièreté de l'humanité en a consommé, son créateur, le professeur Skinner, révèle que la molécule est un poison à retardement et que les jours de ses consommateurs sont comptés. La brigade Lazarus, composées de repris de justice tous aussi barrés que géniaux, se met alors en quête du mystérieux scientifique, détenteur de l'unique remède à la fin de l'humanité.

L’intrigue de Lazarus se déroule en 2052... Date dont il suffit d’inverser les deux derniers chiffres pour obtenir 2025. De même que ce clin d’oeil glissé dans la date, le réalisateur Shin’ichiro Watanabe ne fait guère de mystère sur son intention de critiquer nos sociétés modernes. Avec les mises en scènes successives du mauvais usage d’armes biologiques, du dérèglement climatique, de la paupérisation des pays en voie de développement et des systèmes d’oppression profitant aux puissances occidentales, le réalisateur coche toutes les cases de notre actualité en les projetant dans un futur dystopique.

Et pourtant, on entrevoit une lueur d’espoir dans de petits détails qui font chaud au coeur. Qu’il s’agisse des étranges actions philanthropes et de la folie douce du professeur Skinner, des mains tendues à autrui par l’équipe Lazarus ou de la présence de plusieurs personnages LGBT+ dont on respecte les identités, la mini-série donne à voir un humanisme aussi émouvant qu’il peut être tourmenté.

L’humanité, nue face à ses torts

À soixante ans, Shin’ichiro Watanabe est déjà célèbre pour sa carrière exceptionnelle. Il est notamment le réalisateur de la série de Space Opera cultissime Cowboy Bepop, de l’étrange rencontre rap et Japon médiéval Samuraï Champloo et pilote du storyboard de l’onirique et absurde Ergo Proxy. Dans la même veine que ses oeuvres précédentes, le réalisateur renouvelle dans Lazarus son amour pour l’existentialisme et un nihilisme teinté d’un amour profond pour la vie.

Axel, personnage-clef de l’intrigue, se présente comme une version adulescente de Spike, le héros de Cowboy Bepop. Jeune homme redoutablement doué au combat et doté d’une légèreté ponctuée d’un goût pour l’ironie, il incarne à la perfection le Sisyphe heureux d’Albert Camus. Ayant accepté que l’humanité est poussée à s’autodétruire, il ne s’émeut guère de sa fin programmée par l’Hapna. Nihiliste heureux, le jeune homme embrasse le chaos, les horreurs comme la beauté du monde qui l’entoure à mesure que ses missions l’emportent aux quatre coins du monde avec ses coéquipiers.

Voir en ligne : Pour visionner Lazarus

Par Anthea MARIANI

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Lazarus - Par Shin’ichiro Watanabe - Adult Swim
13 épisodes

✏️ Shin’ichiro Watanabe
 
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