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Bon
31 décembre 2025
On ne se lasse pas de ce cher Petit Requin. Il faut dire qu’il est aussi attendrissant qu’un Bisounours !
Mais il est surtout mystérieux. Après quatre tomes, on n’en sait toujours que peu sur lui, ou sur son passé. Il respire en dehors de l’eau, “marche” avec sa nageoire caudale et mène un train de vie de parfait citadin. Pourtant, il ne porte aucun vêtement et ne parle pas. C’est bien là les limites de son anthropomorphisme. Après avoir fait craquer tout le monde avec son charme naturel au bourg de Huit-Poisson et fait un saut dans la commune voisine de Sept-Poisson, l’adorable Petit Requin entend ouvrir de nouveaux horizons.
Petit Requin, grands voyages
Notre poisson fait la rencontre d’une collégienne en manque de confiance. Sur le point de déménager vers la grande ville, la jeune fille a le cafard à l’idée de changer d’école et de laisser ses amis derrière elle. Rien de tel que la présence de Petit Requin pour lui redonner un peu de force. Un vrai animal de médiation. Une idée germe bientôt dans la tête de l’animal : Aller lui aussi se frotter à la métropole. En d’autres termes, c’est l’heure pour lui de se plonger dans le grand bain. À mille lieues des Dents de la mer ou du récent film Sous la Seine, rassurez-vous. Entre nouvelles amitiés, émerveillements et découvertes - sans oublier l’épreuve des transports en commun saturés, où l’on se retrouve compressé, à peine capable de respirer - on retrouve tous les ingrédients de cette série mignonne, qui ne perd jamais de sa fraîcheur.
Petit Requin a tellement d’amour à donner qu’il ne traîne jamais avec les mêmes amis. Pourtant, dans les derniers tomes, il s’était attaché à un petit lézard et une petite grenouille, tous deux presque aussi adorables que lui. Or, les voilà absents de ce dernier opus, même lorsque Petit Requin est encore à Huit-Poisson. Chaque tome semble une parenthèse, une tranche de vie autonome, centrée sur l’instant et l’émotion plutôt que sur la continuité de ces liens tissés. Une approche qui peut dérouter, mais qui renforce aussi la dimension universelle et contemplative de la série. Qui n’a jamais rêvé que sa peluche prenne vie ?
Heureusement, un récapitulatif des copains croisés est à retrouver en fin d’ouvrage, accompagné d’un “guide touristique” de la grande ville.
Le manga est constitué, comme toujours, de courtes saynètes d’une à quatre pages en moyenne. Il n’y a pas beaucoup de dialogues et l’intrigue laisse place à la contemplation innocente et la poésie des petits instants quotidiens. Toutefois on remarque un peu plus de causerie que dans les précédents tomes. L’une des forces de cette série réside dans son choix audacieux pour un manga : être entièrement colorisé, offrant ainsi une expérience visuelle entière sublimant chaque scène. Une série si solaire, si pop, ne pouvait se faire qu’ainsi.
L’auteur japonais, connu sous le nom de plume Penguin Box, voue une affection aux animaux. Une passion qui se reflète autant dans son pseudonyme que dans son univers. Dur de ne pas mordre à l’hameçon !
Voilà un quatrième opus à glisser sans hésitation entre les mains des plus petits et grands rêveurs.
Vous reprendrez bien un peu de poisson
Un long métrage est sorti l’été dernier au pays du Soleil Levant, reprenant l’idée de ce quatrième tome. Aucune date de sortie francophone n’a toutefois été annoncée à ce jour - Si sortie il y a...
Nous ne manquerons pas de vous tenir informés.
Par Rémi BARNAULT
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Le tome 4 de Petit Requin est en vente dans la collection du Renard Doré des éditons Rue de Sèvres, pour 12,90 €.
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