Très bon
6 août 2024
Grâce à l’aide de la sorcière Mina, Aglédios a sécurisé le village d’Ormélion pour accueillir les réfugiés de la région. Ces derniers ont été chassés de leur terre par les troupes de l’Eglise qui ont brûlé leurs champs à cause d’une épidémie dévastatrice. Les autorités religieuses ignorent pour le moment qu’Ormélion a recueilli ces réfugiés, et surtout, qu’ils disposent d’un moyen de soigner l’épidémie.
Mais avant de s’occuper de politique, Aglédios doit trouver un moyen de nourrir à court terme cette communauté. Il décide de chasser l’une des bêtes géantes de la région, un Tauros, ce qui donne lieu à une intense scène de chasse et d’action. Puis il fait le tour des arrivants pour déterminer les compétences de chacun et lancer divers projets à long terme.
Une partie « quotidien des survivants » marque un temps d’arrêt dans cette cacophonie lorsqu’un petit groupe de l’Inquisition les localise. Leur mission : les pourchasser et les attaquer. Heureusement Aglédios utilise une nouvelle fois ses compétences de guerrier aux mille gadgets pour les capturer. Il les intègre ensuite à la communauté en leur confiant une nouvelle tâche : protéger les habitants des bêtes monstrueuses issues de la grande forêt.
La dernière partie du manga entraîne Aglédios et ses alliés dans une opération d’infiltration au sein de la capitale. Il s’agit de récupérer des graines, de l’argent, de vérifier l’eau de la ville mais aussi de se confronter à l’Eglise. Les conflits entre la noblesse et le clergé sont évoqués, et nous découvrons plus en détails la question des humains-bêtes et de la magie, mais tout ceci arrive un peu tard.
En effet, si en termes d’action et de développement de personnages le manga de Dai Chikamoto et de Gonbe Shinkawa s’est révélé passionnant à suivre, son univers a manqué d’explication. Les monstres, la magie ou la situation politique, tout arrive sans introduction. De ce fait le lecteur ne sait jamais si les personnages sont face à une situation extraordinaire ou non. Le principe d’une colonie dans une région éloignée à la faune et à la flore monstrueuse est intéressante, mais le manque d’explication a rendu, le plus souvent, les situations confuses.
Le centre de gravité de l’histoire - la relation entre Aglédios et la sorcière Mina -, que le jeune noble a cru au début responsable de l’épidémie qui a tué les siens, reste la partie la plus claire de l’histoire, et donc la plus réussie. De façon générale, les relations et les moments forts des survivants face à l’adversité de la nature demeurent les points forts de la série, rattrapant largement le côté décousu de l’univers.
Par Guillaume BOUTET
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Les Survivants d’Ormélion T. 2 & T. 3. Scénario : Dai Chikamoto. Dessin : Gonbe Shinkawa. Traduction : François Boulanger. Casterman, collection "Sakka". Sortie le 27 mars 2024 & le 19 juin 2024. 208 pages. 8,45 euros.
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