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La thématique dominante est le lien entre illustration et peinture. Un vibrant hommage est rendu à un des génies du dessin, Claude Lapointe, récemment disparu. Outre les nombreux livres jeunesse qu’il a illuminés de ses dessins d’une lisibilité parfaite, il fut sans doute l’enseignant le plus marquant du dessin, au sein de ce qui est devenu la Haute école des arts du Rhin (HEAR) qu’il a co-fondée en 1972 et qui reste la plus performante encore aujourd’hui.
La liste des grands noms du dessin (illustration, BD) qui ont reçu son enseignement et qui s’en souviennent avec émotion est très longue. Et voilà que l’on peut découvrir sa peinture, incroyable, à la fois virtuose et beaucoup plus sombre que ses dessins jeunesse, part occultée de son œuvre. Expo qu’il a eu le temps d’initier, visible à la médiathèque Olympe de Gouges.
Un autre virtuose de l’illustration et de la BD est David Sala, dont on peut voir le travail dans plusieurs médiathèques voisines. Idem à la médiathèque André Malraux, où expose l’illustrateur alsacien Thomas Ehretsman, qui travaille beaucoup pour les magazines étatsuniens et auteur de couvertures remarquées.
Affichiste des Rencontres, Celia Housset expose dans toute la ville. Le festival parallèle Central Vapeur a confié son affiche à Brecht Vandenbroucke, qui expose en dialogue avec André Derainne à la Menuiserie-garage Coop, où se tient aussi le Salon des Indépendants.
Au musée Tomi Ungerer, l’expo Évidence, dessiner le présent confronte quatre artistes contemporains : l’Allemand Nino Bulling, auteur de La Part du feu (Cambourakis), le Libanais Mazen Kerbaj, bien connu du public français, la Française Leïla Czermak Ichti, qui utilise volontiers le texte dans sa peinture, et la Libanaise multitechnique (ici la broderie) Mounira Al Solh. Ces travaux se focalisent sur l’intime, la vie personnelle, pour raconter l’époque.
Au musée d’Art moderne et contemporain, La Bibliothèque des images, un panorama de livres illustrés notamment par des peintres, illustrateurs et graveurs, de toutes les avant-gardes passées : on passe de Dada (Tzara, Arp, Schwitters), aux romans graphiques gravés (Lynn Ward, Masereel, Patri), en passant par les surréalistes (Picabia, Broodthaers), le Jugenstil, l’Art nouveau, Arts & ; Craft, les constructivistes russes (Lissitzky, Maïakovski), les cartoonistes de Simplicissimus, de La Plume ou d’ailleurs (Daumier, Hadol, Grandville, Bouquet), les Beggarstaff, les photomontages de Heartfield, les détournements situationnistes, et des graveurs (Joseph Sattler, auteur d’un impressionnant Die Niebelung), des affichistes 1900 (Mucha, Grasset, Boutet de Monvel), des photographes sociaux des années 1930, sans oublier des artistes locaux (Gustave Doré, Marie-Louise Amiet) ou les classiques (Ernst, Klinger). Un dialogue arts graphiques-livres avec chaque fois un contrepoint moderne. On en sort ébloui d’images admirables.
Des rencontres devenues incontournables pour les amoureux du dessin, au même titre qu’Angoulême pour la BD, Saint-Just-le-Martel ou Kruishoutem pour le dessin de presse. Inscrivez ces rendez-vous sur vos agendas !
Par Yves FREMION
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