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Zep et son éditeur Guy Delcourt ont de quoi être "happy" : après un Happy Sex qui s’intéressait aux relations du couple sous la couette, un Happy Rock dont le riff échevelé s’avérait aussi virtuose dans le trait que dans les situations scéniques, voici Happy Parents qui s’intéresse à l’éducation de nos chères petites têtes blondes. Est-ce là une nouvelle incursion de Titeuf au pays des adultes ? Non : plutôt une exploration d’adultes innocents dans le monde périlleux et terrible des enfants.
Le sujet est rebattu, rincé comme une vaisselle passée trois fois dans la machine à laver familiale. Qu’est ce qui distingue l’humour domestique de Zep de celui que l’on peut voir avant le 20h sur les grandes TV commerciales, lequel ne démérite pas, soit dit en passant ? La bande dessinée justement.
Car dans ces 60 gags en une planche, ces soixante tableaux de parents dépassés, c’est toute la tendresse de Zep qui transparaît, sa sincérité, son attention portée aux détails, la qualité de son trait et de ses portraits, avec une économie fascinante de moyens : ses personnages sont silhouettés à même la case (le plus souvent inexistante : Zep n’aime pas tracer les "gaufriers"), des dialogues colorés (remarquez : ceux des enfants sont souvent blancs), des situations finement observées dont le caractère "vécu" en remontrerait à Françoise Dolto elle-même.
Roland Barthes disait de Claire Bretécher qu’elle était "la meilleure sociologue de l’année 1975". Zep est en train de gagner le même diplôme pour l’année 2015.
Par Didier PASAMONIK
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