Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Dog Eat Dog Era est un album paru originellement en 2023 au Japon dans le catalogue de l’éditeur Kill Time Communication. Il s’agit d’une histoire complète, racontée en huit chapitres.
On y suit les déboires d’une héroïne anonyme, à l’approche de la trentaine. Bien que fiancée à un homme plus jeune qu’elle, celle-ci vit chez ses parents et se force de faire leur fierté. Patatras ! Son fiancé déclare à qui veut l’entendre dans le quartier qu’elle l’a trompé… Pour pouvoir en réalité cacher ses propres infidélités ! Les parents de l’héroïne sont dévastés, pensant qu’ils ont élevé « une mauvaise fille ». Détruite par la vision qu’ont ses parents d’elle, notre héroïne erre dans les rues, le regard hagard… et finit par se faire renverser par un camion...
Les lecteurs aguerris auront déjà compris que l’on est probablement face à un Isekai et c’est bel et bien le cas, ce qui est plutôt rare dans le domaine des mangas érotiques. L’héroïne devient ainsi le personnage principal d’un jeu vidéo d’Heroic Fantasy auquel elle jouait avec passion lorsqu’elle était étudiante : « Dog Eat Dog Era ».
L’héroïne est réincarnée et devient « la sorcière sans nom », la personne la plus puissante et la plus convoitée de son univers… Un destin sombre se cache derrière cette figure car, quoi qu’il arrive, ce personnage meurt à la fin du jeu, terrassée par la coalition des chevaliers du roi. L’héroïne est consciente de ce destin et cherche à y échapper, de même qu’elle cherche à échapper à la solitude de sa précédente vie. Elle achète donc comme esclaves de jeunes jumeaux dragonides pour les élever comme sa propre famille et pour qu’elle ait des proches qui lui survivent…
Nous avons été surpris par la grande importance accordée à la narration dans cet album. L’auteur Oniben Katze (inédit en France) n’hésite ainsi pas à mettre fréquemment de côté l’aspect érotique de son histoire pour approfondir à la place les liens entre les personnages, mais aussi régulièrement éprouver la sorcière par rapport à ses choix de vie.
Nous avons trouvé cette histoire intéressante, en dépit d’un sentiment d’inachèvement que confirme la postface où l’auteur où il explique qu’il aimerait ultérieurement développer tous les personnages qu’il a introduits dans son œuvre.
Il est désormais temps de remarquer le dragon (à défaut d’éléphant) dans la pièce : le thème central de l’album est l’inceste. Les deux esclaves dragonides ont grandi et sont devenus des hommes avides de prendre leur revanche sur leur violent destin avant leur rencontre avec la sorcière… Ils ont donc décidé de prendre du plaisir avec leur maîtresse, désormais placée sous leur hypnose et rendue amnésique grâce à la magie… Tout cela en cultivant l’idée qu’ils forment encore une famille !
Avec deux conséquences : côté face, le développement de sentiments forts chez la sorcière, qui a trouvé la paix et l’amour dans cet univers ; côté pile, cet univers factice où la pauvre héroïne est maltraitée et victime impuissante de ses agresseurs. Ces derniers étant d’ailleurs on ne peut plus toxiques pour son équilibre de vie.
La domination marque aussi de son empreinte le contenu érotique de l’album, celui-ci mettant souvent en scène une sexualité de groupe entre la sorcière et les jumeaux dragonides. Une ambiance débauchée nimbe l’intégralité de ces séquences, comme le prouve par exemple l’histoire bonus à retrouver sous la couverture souple.
En dépit d’un contexte résolument sombre, l’artiste parvient néanmoins à mettre l’accent sur le plaisir au féminin : un soin particulier est ainsi apporté aux préliminaires dont fait l’objet la sorcière, mais on remarquera aussi ce souci du détail dans la position des mains de ses amants sur son corps afin de maximiser son plaisir.
La qualité esthétique de ses planches se démarque particulièrement lorsque l’artiste réalise plutôt fréquemment des illustrations de pleine page ou en doubles pages.
À conseiller en priorité aux lectrices et aux lecteurs à la recherche de romances torturées et sulfureuses.
Par NICKYL
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Dog Eat Dog Era – The Book | Le Péché originel de la sorcière. Par Oniben Katze (scénario et dessins). Traduction de Pascal Cugnot. Hot Manga. Sortie le 24 avril 2026. 228 pages. 11,95 Euros.