Constatant la disparition de nombreux lieux de diffusion et de nouvelles habitudes de lecture, Frédéric Bosser justifie cette évolution par la volonté d’accorder davantage de place aux auteurs.
Les premiers signes de ce nouveau cap se perçoivent à travers la mise en place de nouvelles rubriques comme celle centrée sur l’itinéraire d’un auteur à travers un long entretien (titré « Parcours ») qu’ inaugure Stanislas à l’occasion de la parution de La fin du Monde chez l’Association. Auteur discret et rare, ce dernier ne mâche pas ses mots tout en jetant un regard lucide sur ses quarante ans de carrière.
À l’image de Baladi, Denis Robert et Dominique Ziegler, dans une interview à trois voix, parlent cash, eux aussi. Avec Chacal Hebdo paru aux éditions The Hoochie Coochie, le trio revient sur l’histoire de Charlie Hebdo en révélant certains aspects peu reluisants de son fonctionnement. « L’esprit Charlie », emblème de l’hebdomadaire satirique, s’y trouve sacrément écorné au fil d’anecdotes caustiques et troublantes quant à l’attitude de certains membres de l’équipe.
Côté patrimoine, la revue propose dans la rubrique Intégrale, une relecture de l’oeuvre de F’murrr ; un regard rétrospectif sur un travail loin de se limiter au Génie des Alpages, série emblématique de cet auteur disparu en 2018.
Avec Talent à découvrir, dBD cherche à mettre en lumière un auteur n’ayant pas encore rencontré le succès éditorial et critique ;avec La Ville (éditions Atrabile) Nicolas Presl est à l’affiche.
L’inédit du mois consacre un dessin « oublié » tiré des cartons et dont l’auteur ou le propriétaire raconte la genèse. Un dessin collectif paru dans Le Bulletin des jeunes fabriqué en 1977 pour le tout jeune centre Pompidou deCBeaubourg est présenté à cette occasion.
La pertinente rubrique de Philippe Tomblaine, rebaptisée Dans les coulisses accueille Sergio Salma qui dévoile les étapes de la réalisation de la couverture de son Vincent avant Van Gogh (Glénat)
D’autres créateurs figurent dans ce numéro , le chanteur Arthur H et Alfred dans une interview croisée, Sylvain Repos pour la conclusion de sa série Yojimbot (Dargaud).
Ce « changement formule ne bouscule pas fondamentalement le contenu, loin s’en faut ! On retrouvera dans ce numéro avant-premières, infos et cahier critique, rubriques qui ont fait le succès du magazine. Les changements restent surtout visibles à travers un effort sur la pagination (qui atteint les 130 pages) et un tarif qui passe à 10€.
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