Très bon
11 mai 2025
Entrons dans le vif du sujet : les albums de LiLite, comment se présentent-ils ? D’aucuns auraient pu penser qu’une jeune pousse sans passif éditorial évident proposerait à l’heure des comptes un produit de médiocre qualité, mais… Ce n’est assurément pas le cas.
Avec les albums de LiLite, les amateurs de Hentaï découvriront des albums d’une qualité qui surprend vu la petite taille de l’éditeur. Avec ces premiers albums, nous avons des parutions qui répondent au format standard du marché, avec la présence d’illustrations en couleurs et une couverture souple, mais aussi le recours à un papier et une impression d’une qualité équivalente aux concurrents. Au tarif éditeur annoncé de 12,50€, le prix se situe aussi dans la fourchette moyenne du secteur.
Au moment où nous rédigeons cet article, le site internet de l’éditeur n’est pas encore fonctionnel, comme aurait pu le laisser présager sa mention sur la quatrième de couverture. Nous ne doutons pas que l’éditeur planche sur le sujet pour proposer, comme évoqué précédemment, des parutions numériques aux lecteurs dans les prochains temps.
Aujourd’hui, nous revenons particulièrement sur Pandémonium | Bons baisers du Pandémonium ! ♥, un album signé par un artiste qui nous avait tapé dans l’œil l’année dernière avec le très bon Lovely Ride (Hot Manga) : à savoir Napata.
La capitale des enfers déclamée dans le récent et très bon album du chanteur Vald donne son nom à ce recueil de treize histoires courtes, généralement d’une petite vingtaine de pages chacune, relevant du registre Vanilla. Ce deuxième album de la carrière de l’artiste est paru originellement en 2015 dans le catalogue de l’éditeur nippon WaniMagazine, le leader du marché local du Hentai.
Parti pris innovant : les éditions LiLite indiquent en fin d’album à quelle date ont été originellement publiées les différentes histoires. À l’instar de ce qui se fait du côté des sommaires de Comics, cela permet de prendre conscience de la temporalité de l’œuvre et de la fréquence de production de l’artiste. On apprend ainsi que Napata a réalisé ces histoires de 2013 à 2015.
Les trois histoires inaugurales forment un arc narratif qui justifie le titre de l’album : un étudiant lambda reçoit des bibelots de la part de son père, probablement pour égayer son appartement. Étonnamment, l’étudiant reçoit des appels récurrents de la part de son paternel pour savoir si tout se passe bien, car…
Les bibelots se révèlent être possédés par des entités démoniaques qui ont besoin de l’énergie sexuelle des humains pour être en bonne santé ! Le propos de ces histoires est léger, mais la science ici déployée par Napata est à nouveau imparable : le très joli trait de l’artiste sublime le contenu érotique de ces chapitres d’ailleurs plus acidulé que prévu pour un Vanilla. En effet, grâce au concours d’une succube et d’une Oni (démone dans la culture nippone), Napata n’hésite pas à mettre en avant la pratique de la sodomie dans ces ébats.
Un large pan de l’album témoigne par la suite de la capacité de l’artiste à maîtriser le registre du Vanilla sur le bout des doigts. On retrouve ainsi avec plaisir dans cet album des histoires romantiques avec de doux sentiments mis à l’honneur, notamment lors de réguliers retournements de situation qui dynamisent les récits. Ce nouvel album souligne à nouveau la propension de Napata à proposer un contenu érotique classique pour les lecteurs aguerris, mais diablement efficace grâce à l’atmosphère luxurieuse qu’il sait si bien instiller (à nouveau, l’artiste porte dans cet album un soin particulier aux préliminaires).
En terme d’ambiance justement, difficile de ne pas souligner la plus-value annoncée de l’éditeur LiLite : toutes les onomatopées et diverses inscriptions sur les planches sont intégralement traduites en Français. Il n’y a ainsi pas de cohabitation entre la typographie originelle et la traduction en Français. Le rendu final est clairement attrayant et témoigne de l’expérience professionnelle du responsable éditorial de LiLite, qui assure aussi la typographie de la collection.
Le dernier tiers de l’album nous a quant à lui surpris car Napata s’aventure du côté du NTR avec quelques histoires, dont un arc narratif en deux chapitres. Même si ces récits d’adultère sont plus sulfureux par leur nature, on reste sensiblement dans la registre de prédilection où évolue l’artiste car les bons sentiments sont à nouveau au rendez-vous. Cela n’empêche toutefois pas les personnages principaux de ces récits de réfléchir à leur passion et au caractère tabou de leurs élans !
Grâce à la diversité des thèmes proposés et aux qualités artistiques évidentes de Napata, Pandémonium | Bons baisers du Pandémonium ! ♥ est un très bon album pour les lecteurs appréciant le genre Vanilla et un très bon choix de lancement de collection pour le nouvel éditeur LiLite.
Par NICKYL
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Pandémonium | Bons baisers du Pandémonium ! ♥ Par Napata (scénario et dessins). Traduction de Willem Fonteneau (Kotobashi Traduction). LiLite Édition. Sortie le 16 mai 2025. 226 pages. 12,50 Euros.