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Bon
9 mars 2025
Cet album marque une petite révolution pour l’éditeur Hot Manga : des étiquettes explicatives sont apparues en quatrième de couverture, comme c’est le cas déjà ces dernières années chez la concurrence. Il s’agit là d’une initiative bienvenue car elle permettra aux lecteurs néophytes, qu’ils soient en librairie ou en convention, de saisir le contenu de ces albums scellés par un film plastique solide.
Mon Épouse est la reine des démons ?!, publié originellement en 2016 par l’éditeur nippon Kill Time Communication, tient son titre du récit éponyme, raconté ici sur huit chapitres, plus deux bonus [1]. On y suit les aventures de Yûya à l’académie de magie de Seirô : un étudiant lambda à la différence près… qu’il est le descendant du héros qui a mis fin à la guerre contre les démons !
Une nouvelle étudiante, Rina, intègre sa promotion : elle se présente comme la petite-fille de la reine des démons et n’hésite pas à directement défier Yûya dans un combat magique ! L’astuce de cette introduction mouvementée, c’est que l’histoire communément partagée par les humains a occulté un détail important sur l’issue de cet antique conflit : lorsque la reine des démons a ses chaleurs, c’est au seul descendant de la lignée du héros qu’il revient la tâche de la contenter afin d’apaiser sa fureur.
Chaque chapitre étant constitué d’une petite vingtaine de pages, il n’y a finalement que peu de développements scénaristiques ou retournements de situations à découvrir au fil de ce récit. Celui-ci ne manque pas d’intérêt, mais les différentes héroïnes que Yûya rencontre tombent très vite sous le charme de notre héros. Lequel va ainsi constituer, malgré lui, un véritable Harem dans son académie car, en plus de pouvoir satisfaire la reine des démons, son lignage lui permet d’avoir un sperme capable de doper les capacités magiques de ses partenaires… Pratique dans un univers où les affrontements magiques existent ! Toutefois, d’un point de vue scénaristique, il n’y a pas de véritable tension sentimentale ou au minimum un triangle amoureux qui se dessine… Ce qui peut être frustrant pour les lecteurs, car l’univers dépeint donne envie de s’y investir.
De même, nous avons trouvé qu’il y avait une exploitation déceptive de la Fantasy dans cette histoire : Nanase Mizuho y développe ainsi sans trop l’approfondir un univers où l’on apprend la magie à l’école et où cette dernière sert aux joutes amicales entre établissements. Les séquences d’action mettant en scène les aptitudes magiques des différentes héroïnes sont réussies, notamment sur le plan esthétique, mais elles ne permettent pas de faire véritablement avancer l’intrigue globale de l’histoire.
L’emploi de la Fantasy n’aboutit pas pas non plus à des propositions érotiques qui sortent de l’ordinaire. Les fantaisies de l’artiste se révèlent guère surprenantes, en particulier pour les lecteurs avertis. Ainsi, il n’y a qu’une unique séquence mettant en scène un ébat de groupe de tout l’album. Toutefois, en abordant le genre du Harem d’une façon canonique (c’est-à-dire qu’un chapitre correspond invariablement à un ébat avec une héroïne différente pour le héros), Nanase Mizuho démontre qu’il maîtrise ses gammes : dans une ambiance luxurieuse, ses séquences érotiques sont classiques mais efficaces.
Ce que nous avons aussi particulièrement apprécié dans cette histoire, c’est la place qu’elle offre à la comédie. L’auteur fait preuve de touches d’humour réussies et régulières, ce qui permet d’offrir une ambiance légère et accrocheuse à son intrigue.
L’album est finalement complété par deux histoires indépendantes mettant en scène un Yôkai de renard pour la première et une Kunoichi (une femme Ninja) pour la seconde. Ce sont là aussi des histoires qui ne se révèlent pas révolutionnaires, mais qui permettent de mettre en avant, à l’instar de tout l’album, le très joli trait de l’artiste.
Par NICKYL
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Mon Épouse est la reine des démons ?! Par Nanase Mizuho (scénario et dessins). Traduction de Mathilde Gaillard-Morisaka. Hot Manga. Sortie le 26 février 2025. 192 pages. 9,95 Euros.
[1] La première histoire bonus mettant en scène une succube supposément déjà introduite dans l’intrigue alors que ce n’est pas le cas, on suppute qu’une histoire a été enlevée par l’éditeur pour éviter les ennuis à sa publication sous nos latitudes.