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La vente qui démarre ce jour rassemble quelques très belles pièces issues de l’animation. Allez voir ! En voici quelques exemples :
Goldorak, le robot de l’espace est une création de Go Nagaï (né en 1945) pour le géant de la production Toei Animation. Elle doit son immense notoriété en France grâce à sa diffusion en 1978 sur Récréa2. C’est une œuvre iconique caractéristique de la pop culture japonaise des années 1970-1980.
Créé d’abord en 1996 par Kazuki Takahashi pour le Weekly Shonen Jump de la Shueisha, Yu-Gi-Oh ! devient une série de dessins animés à peine deux ans plus tard. Récemment, le Musée Carnavalet a fait une belle exposition autour de cette œuvre. Elle avait été saluée par le Président Emmanuel Macron en personne.
Est-ce bien utile de s’étendre sur le succès de One Piece, le manga le plus vendu au monde ? One Piece est la quintessence de la Pop Culture japonaise dans ce qu’elle a de plus iconique : courage, fantaisie, amitié, univers fantastiques… On a mille et une raisons d’aimer One Piece !
Saint Seiya ou Les Chevaliers du Zodiaque en version française est une autre série de dessins animés cultes en France, diffusée à partir de 1988 sur TF1 dans l’émission Club Dorothée. Les Chevaliers d’Athéna ont subjugué le monde par la diversité de leurs aventures et des designs qui les ont animés. Publiées entre 1985 et 1990 dans le Weekly Shōnen Jump et comptant 28 tomes, ces mangas sont récemment entrés dans la bande dessinée franco-belge avec Saint Seiya Time Odyssey, scénarisée par Arnaud Dollen et dessinée par Jérôme Alquié.
À la découverte des dōjinshi
Notre ami Wikipédia définit les dōjinshi (同人誌, littéralement « magazine créé par un individu ») de la manière suivante : « des recueils édités par des amateurs souhaitant présenter leurs travaux […] et diffusés à des échelles plus ou moins larges ». Souvent comparés à des « fanzines », ils constituent un marché très important au Japon, rassemblant des dizaines de milliers de fans. Plusieurs mangakas reconnus ont d’ailleurs débuté comme dōjinshika, comme le collectif CLAMP (Card Captor Sakura, Tokyo Babylon, RG Veda…), Ken Akamatsu (Love Hina), ou encore Monkey Punch (Lupin III).
Ces œuvres constituent ce qu’on appelle du « fanart » : des illustrations individuelles, ou des histoires publiées, autoproduites par un artiste ou un collectif. Vous en avez sûrement tous déjà vus sur vos réseaux préférés, où les artistes mettent en avant leur portfolio numérique. Au Japon, ces dōjinshi sont disponibles dans des magasins spécialisés, comme les célébrissimes Toranoana et Surugaya, dont les étagères sont remplies du sol au plafond.
Mais LE point de ralliement des dōjinshi, ce sont les conventions, parmi lesquelles la plus célèbre est la « Comic Market », ou Comiket pour les intimes. La convention se tient deux fois par an dans le gigantesque bâtiment Big Sight de Tokyo, situé dans la baie d’Odaiba. Le centre de congrès, emblématique par ses pyramides inversées, accueille les quelques 500 000 visiteurs annuels dans plus de 80 000 m² ! À titre de comparaison, la Japan Expo, qui est tout de même l’un des plus grands événements manga d’Europe, oscille entre 200 et 250 000 visiteurs depuis les années 2020.
Pour la plupart, les dōjinshi parodient et rendent hommage à des œuvres de Pop Culture, par exemple en braquant les projecteurs sur un personnage secondaire, en proposant un univers alternatif où les événements dits « canons » changent, ou encore (et c’est le plus populaire) en mettant les personnages dans des situations romantiques, voire plus. Ces travaux font même partie intégrante du paysage culturel japonais, et les références à l’univers du dōjinshi sont nombreuses dans les anime et mangas : Comic Party, Genshiken, ou même Miss Kobayashi’s Dragon Maid les évoquent.
On pourrait croire que ces créations sont déconnectées des auteurs d’origine, et qu’elles se contentent d’exploiter le matériau d’origine pour leurs propres intérêts. Que nenni ! Parfois, ce sont les mangakas eux-mêmes qui proposent ces œuvres autopubliées. Miyamoto Kano par exemple, spécialisée dans les titres BL (Boys’ Love) est réputée pour produire des dōjinshi étoffant l’univers de ses titres publiés. Une façon pour certains auteurs de relâcher un peu la pression intense des éditeurs, un projet personnel qui ne demande pas de fournir 70 à 80 planches mensuelles.
Certains artistes, qu’ils soient mangakas ou assistants, sont de plus en plus nombreux à œuvrer dans le domaine du dōjinshi. Certains auteurs réduisent même leur production dans le cadre de la presse dite « régulière » pour se concentrer sur ces dōjinshi qui présentent un triple avantage : les délais de livraison des planches sont fixés par eux-mêmes (donc pas de crunch abusif), les auteurs peuvent toucher un pourcentage plus élevé en vente directe et ils disposent d’une plus grande liberté artistique du fait de l’absence de ligne éditoriale à respecter. Attention, même avec ces libertés, les publications restent souvent à but non lucratif.
Alors, il faut le dire clairement, quand ces auteurs fans utilisent un personnage connu appartenant à de sévères ayants droit, ils sont en infraction. Cependant, pas de panique, la police japonaise ne passe pas son temps à faire des descentes chez tous les artistes amateurs du pays ! Au Japon, les dōjinshi sont en situation de « shinkokuzai », une procédure judiciaire qui nécessite obligatoirement une plainte. Tant que les éditeurs ne portent pas formellement plainte, les dōjinshika ne craindront rien. Et comme les ayants-droits tolèrent ces « fanarts » (comme aux USA), nul besoin de s’inquiéter.
Même les politiques japonais, pourtant réputés pour leur intransigeance, semblent accepter ces dōjinshi dans le cadre de la loi. En 2016, l’ex- Premier ministre du Japon feu Shinzo Abe affirmait que les dōjinshi « n’étaient pas en concurrence avec le marché des œuvres originales et ne nuisaient pas aux profits des créateurs originaux. » À moins de complètement voler un travail original, de ternir l’image de ce dernier, ou alors de bafouer les droits de manière inconsidérée, les dōjinshika sont sains et saufs pour encore un moment !
Salil K. Mehra, professeur de droit à l’université Temple de Philadelphie, a même publié un article dédié dans la revue spécialisée Rutgers Law Review. Il y écrit : « Certains argumentent que les dōjinshi correspondent à des concepts analogues au « fair use » américain » (p.27) [1].
Les éditeurs ont en réalité peu d’intérêt à interdire cette pratique. Salil K. Mehra explique même que « le marché du dōjinshi est un moyen pour l’industrie de découvrir de nouveaux talents artistiques. » (p.37). En effet, même en plein milieu de la Comiket, nombreux sont les éditeurs (Kodansha, Shueisha, Shogakukan…) qui ont leur propre stand et envoient leurs chasseurs de tête recruter les talents locaux. Cette pratique, dite « speed editing » est très répandue, et il est commun de voir des jeunes auteurs aspirants s’aligner devant le stand des éditeurs. Des entretiens d’embauche avec portfolio, en somme !
Voir en ligne : LE SITE DE LA VENTE DE PEREZ ENCHERES
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