Très bon
15 mars 2025
Kyle Asher est un ancien « judge » qui vient de terminer une peine de 20 ans sur Titan (un pénitencier aux conditions inhumaines). Le visage mutilé, l’âme meurtrie, il veut toutefois être réhabilité. Ce n’est pas gagné car il est suivi de très près par les « judges » qui appréhendent la récidive. Son retour en grâce est d’autant plus compliqué que la population délinquante n’est pas tendre avec les « judges » soient-ils déchus de leurs droits.
Mais l’attitude du protagoniste sur le chemin de la rédemption pose question. Ses déplacements sont jonchés de cadavres. S’agit-il vraiment de légitime défense ? Rapidement, il paraît évident que la pègre locale accompagne son parcours de réinsertion.
Graphiquement et narrativement, les auteurs, par l’usage de découpages et de plans appropriés, laissent peu de répit au lecteur. Les dialogues sont aussi incisifs et percutants que les balles perce-blindage à tête chercheuse employées par Judge Dredd. Tout en multipliant les scènes d’action, l’intrigue progresse et la véritable nature des personnages se dévoile.
La mise en couleurs opérée par Chris Blythe est proactive. Elle joue un rôle primordial en créant les ambiances et immerge le lecteur dans les entrailles funestes de cette cité futuriste où règne une insécurité totale. Les couleurs blafardes éclairent juste ce qui est nécessaire afin d’exposer les silhouettes et faciès menaçants des acteurs. Les couloirs et ruelles faiblement éclairés resteront toujours le terrain propice aux malfrats.
Cette reprise procure une bonne dose d’adrénaline à la série-culte du magazine 2000 AD [1]. Celle-ci bénéficie d’un électrochoc bienvenu. Sans être dénaturée, c’est avec plaisir et réconfort que l’on retrouve son ADN. On perçoit toutefois une perte de l’humour propre à la création de John Wagner et de Carlos Ezquerra là où elle gagne en noirceur et modernité. Ce qui reste immuable, par contre, dans cette nouvelle approche, c’est que le mot de la fin revient à Dredd en même temps que tombent sa décision et son jugement.
Par David SPORCQ
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[1] Le Repenti est un récit auto-conclusif publié récemment (03/2021 à 09/2023) dans le magazine 2000 AD.