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Hypoxie, l’histoire d’une hospitalisation - Par Laurent Dandoy - L’employé du Moi

Par Charles-Louis DETOURNAY 8 septembre 2008 
Entre vision kafkaïenne et découverte de la vie par les yeux des autres, cette intéressante récit autobiographique du milieu hospitalier traduit fort bien les moments d'inaction et d'impatience vécus lors de cette immobilisation forcée.

Suite à un inquiétant malaise pulmonaire, l’auteur est admis un week-end en observation dans un hôpital bruxellois. Ce véritable épisode tragique est le point de départ de ce “récit de voyage” décalé, immobile et burlesque à l’intérieur d’un système hospitalier, une déambulation dans une institution qui est synonyme, pour nous tous, d’angoisses et de mort.

Au fil des pages, cependant, l’auteur prend conscience, principalement par la rencontre d’un vieil homme “au soir de sa vie” comme voisin de chambre, que la maladie, au-delà des stéréotypes et des métaphores, n’est pas la “fin de toutes choses”, mais au contraire initie un autre regard et un re-nouvellement de la perception de vie.

Hypoxie, l'histoire d'une hospitalisation - Par Laurent Dandoy - L'employé du Moi

L’employé du Moi est une petite maison d’édition bruxelloise qui cultive principalement les histoires autobiographiques et les expériences graphiques de ses auteurs. Dans la veine de 40075km.net, et en association avec Grandpapier qui recueille les travaux d’une centaine de dessinateurs, ces auteurs accueillent critiques et conseils, pour ensuite publier leurs meilleurs récits.

Laurent Dandoy avait déjà réuni ses souvenirs de jeunesse dans le crépuscule des ballons de foot, tenant plus du recueil d’illustrations, que de la bande dessinée en tant que telle.

Avec Hypoxie, c’est via un vrai journal de bord que l’auteur tient à nous faire partager cette expérience traumatisante, déstabilisante et à la fois enrichissante [1]

Dans un style graphique très instinctif et vivant, à la manière d’un carnet, l’auteur relate heure par heure son week-end décalé. Si ses pensées instantanées permettent de partager son désarroi et ses appréhensions, on regrette de ne pas avoir sa vision au long terme et ses réflexions abouties sur le sujet. Une fin rassemblant cette conclusion et un épilogue médical auraient pu compléter agréablement le récit, mais on comprend que Laurent Dandoy n’ait souhaité faire partager que ses états d’esprits présents, afin de plonger le lecteur dans ce moment de vie, si commun et à la fois si particulier.

Par Charles-Louis DETOURNAY

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Du même auteur, commander Le crépuscule des ballons de foot sur Internet

Les illustrations sont © Dandoy/Employé du Moi.

[1] Par rapport à la version informatique d’Hypoxie et à son évolution presque quotidienne, une dizaine de pages ont été retirées, présentant un trop faible intérêt pour la publication.

 
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13 Messages :
  • Cette mode d’éditer sur papier des blogs mal foutus, mal dessinés, trop vite torchés conduira la bd francophone à sa perte.

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    • Répondu par Michel Dartay le 8 septembre 2008 à  20:20 :

      commence déjà à me saouler, donc normalement les éditeurs vont se rendre compte d’ici un an ou deux de la lassitude du public. Dommage que ce qui était au départ une nouvelle forme de narration est devenu du gavage à force de trop nombreuses déclinaisons.

      Je trouve dommage que l’article n’ait pas établi un rapprochement avec le magnifique Hopital de Ted Benoit, paru vers 1982 (de mémoire) dans l’Echo des savanes première formule.

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    • Répondu par papi le 9 septembre 2008 à  16:31 :

      Je me permet d’apporter quelques précisions à la défense de l’auteur, étant personnellement au fait de certains détails quand à la production de cet album.

      Ce projet n’a pas spécifiquement été produit pour un blog, mais comme livre. Ça a pris du temps, ça n’a pas été vite torché et c’est assez virtuose graphiquement malgré les apparences, mais bon chacun son truc. On peut ne pas aimer, mais s’il vous plaît, ne me dites pas que c’est mal dessiné, je déteste ce qui est bien dessiné, ça va avec ce qui est bien rangé, bien en ordre, bien dans la case, et ça fait peur.

      Internet est dans ce cas-ci un relais "com" bien utile qu’un éditeur comme l’employé du Moi peut encore se payer à moindre frais, (le seul d’ailleurs) partant de l’idée qu’on est jamais trop lu et que cela ne nuira pas à la vente du livre. En attendant d’avoir d’autres moyens financiers pour matraquer le public de pubs et mettre un peu plus la pression sur le libraire du coin afin qu’il déballe encore plus vite mes nouveautés et remballe toujours plus vite celle des autres.

      A se demander si le vrai danger qui guette la bd francophone ne serait pas plutôt son business modèle ? Cette critique des blogs fait penser à ce discours des majors qui tirent sur le téléchargement, angoissé à mort de devoir rendre des comptes à leur shareholders.

      Voir en ligne : http://grandpapier.org

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      • Répondu le 10 septembre 2008 à  00:03 :

        c’est assez virtuose graphiquement
        Ca n’a rien de virtuose, puisque l’auteur n’arrive pas à exprimer ce qu’il veut par le dessin, c’est assez flagrant dans la page présentée ici, il est obligé de tout commenter car il ne sait pas représenter (on ne peut lui en vouloir puisqu’il n’est pas dessinateur). Beaucoup croient que la bd peut être un pis-aller, que les éditeurs sont moins regardant qu’en littérature, L’employé du Moi malheureusement leur donne raison en croyant que pour faire underground, indépendant, il faut faire moche et malfoutu, c’est vraiment du snobisme mal placé. Ils sont aussi dans un créneau, celui de la pitié, pour ça utiliser la maladie est pratique, dans le même genre on avait eu une auteure qui nous racontait son cancer avec un dessin plus que nul et une narration inintéressante, tous croient échapper à la critique par ce biais, mais que nenni. David B avait donné le ton avec l’Ascension du Haut-mal, mais David est lui un véritable auteur de BD qui sait raconter par le dessin, et lui est réellement un dessinateur virtuose, par un gribouilleur pathétique comme on en publie aujourd’hui beaucoup trop.

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        • Répondu par moi non plus je ne signe pas le 12 septembre 2008 à  10:52 :

          Le monde change mon vieux, ça ne se passe plus comme avant tant pis tant mieux. Aah elle est bien loin la bd d’avant ! Hypoxie n’est sans doute pas une œuvre majeure c’est vrai (sauf respect pour l’auteur), et si on devait lire du David B. à tout bout de champ on se plaindrait tout autant que tu sembles le faire (sauf respect pour cette œuvre majeure). La façon dont les choses sont publiées aujourd’hui n’est pas un mal, ne soyons pas nostalgiques, ça n’est pas pire qu’avant, ça serait trop simple ! Croire qu’on publiait systématiquement de l’épais par le passé c’est oublier que l’histoire fait son tri et ne garde que ce qui mérite de rester. Huons donc ensemble ces gens-foutre de l’employé du Moi pour le moment si cela te soulage (mais de quoi ?), bien que je n’ai pas l’impression qu’ils surfent systématiquement sur le créneau de l’underground moche.

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        • Répondu par Alex le 15 septembre 2008 à  00:14 :

          Entre les dessinateurs qui dessinent mal (à notre plus grand regret) et ceux qui dessinent d’après photos ( qu’on les écartèlent sur la place publique !) il ne reste plus qu’à lire en boucle jusqu’à la fin des temps les aventures de Tintin... et le capitaine Haddock... et Tournesol.... et le Spip... et les Rapetou... Oooh, voila que je mélange tout encore !

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  • Je connais beaucoup de découpages qui ont plus de qualités graphiques que ce soi-disant travail abouti.

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    • Répondu par Charles-Louis Detournay le 8 septembre 2008 à  19:20 :

      L’aboutissement d’une oeuvre est purement subjective. Nulle part, je n’évoque que cela soit le cas pour cet album, mais

      "on regrette de ne pas avoir sa vision au long terme et ses réflexions abouties sur le sujet."

      Concernant le graphisme, je parle de dessin instinctif, et je laisse le lecteur se faire sa propre opinion avec un exemple. Ensuite, libre à chacun de juger ...

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      • Répondu le 8 septembre 2008 à  21:50 :

        Monsieur Detournay, je ne m’en prenais pas à votre texte mais au sujet de votre article. Il me semble que c’est encore cela l’essentiel.

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  • pour moi ce livre est bouré de finesses et de poésie tant par sa forme surprenante pour un lecteur de bd clasique que par son humour a se demander si les auteurs de ces commentaires ont lu la bd ou ont réagis par apriori pour ce type de bd .
    non vraiment celle-çi vaut la peine

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  • mais oui, c’est ça, cette « mode » mènera la bande dessinée franco-belge à sa perte, et d’ailleurs comme on le sait, elle contribuera aussi à la fonte des glaciers et provoquera le retour de la peste noire en europe.

    mais non, n’ayez crainte, lanfeust et les gendarmes seront là pour nous sauver de ce funeste destin ! ouf ! on respire...

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  • Mon commentaire est basé sur les pages pré-publiées sur Grandpapier qui je pense donnent une idée assez précise du contenu de l’album. Le côté rustique des pages laisse en effet d’abord pour le moins circonspect. Je ne comprends pas pour autant les réactions épidermiques que j’ai pu lire ici : en quoi la publication d’un tel ouvrage entraînerait la mort de l’édition ? J’ai aussi eu un sentiment de consternation au départ en découvrant les pages : encore un témoignage banal au graphisme pauvre (je n’utilise pas Lanfeust comme maître étalon), une pauvreté qui pourrait d’ailleurs être un artefact pour faire "underground". Et puis... Et puis j’ai mieux compris le pourquoi de ce graphisme qui n’est ni assuré ni rassurant. C’est au moment où l’accompagnatrice du personnage principal le laisse seul à l’hopital : ça marche. Vraiment, ça marche. Et on comprend que tout artifice esthétique qui se serait voulu "joliesque" aurait cassé l’ambiance bancale d’un tel périple hospitalier. C’était le meilleur choix à faire. Je ne dis pas que l’on tient là un chef d’œuvre, ce n’est clairement pas ma tasse de thé, mais ce livre méritait d’être "là".

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    • Répondu le 10 septembre 2008 à  14:36 :

      Ahahah ! on le connait ce couplet : Oui c’est très mal dessiné et très moche, mais c’est fait exprès, si il voulait le dessinateur pourrait dessiner comme Rembrand, il est hyper doué, mais là ses gribouillis malhabiles servent le récit.

      (c’est aussi pour ça que Sylvie Vartan chante faux, pour servir des chansons pas terribles, sinon, c’est La Callas)

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