Le premier tome de Tokyo Black Box est paru originellement en 2023 dans le catalogue de l’éditeur japonais Bunendo. Il s’agit d’une histoire complète, racontée en huit chapitres.
On y suit les aventures de Shizuku, une énergique enquêtrice de la police. Chargée d’une nouvelle affaire, son supérieur lui conseille de requérir l’aide d’un professeur de physique, supposément génial, pour boucler plus rapidement ce dossier. Le professeur Arikawa ne demande qu’une chose aux autorités en contrepartie de son expertise : qu’on lui envoie une jolie policière pour pouvoir coucher avec cette dernière. Shizuku est révoltée par ce que l’on vient de lui dire mais s’exécute, par sens de la justice. Elle rencontre donc Arikawa à l’université, puis répond à ses demandes pour les besoins de l’enquête.
Hentai oblige, Shizuku obéït aux ordres fallacieux d’Arikawa, qui lui donne même préalablement un aphrodisiaque pour rendre l’entreprise plus agréable. Shizuku s’abandonne progressivement au plaisir du sexe en compagnie du professeur, pensant être sous l’effet de la substance qui lui a été administrée… mais il s’agissait simplement en fait d’une pilule de vitamines ! Un détail que se cache bien de dévoiler Arikawa, notamment lorsque Shizuku lui en redemande lors de leurs rencontres ultérieures.
L’intérêt de la comédie romantique développée dans cet album réside dans le fait que Shizuku comprend progressivement la nature de ses sentiments pour le professeur, de même pour Arikawa qui devient visiblement amoureux de la policière au fil des chapitres. Pourtant, on ne peut que relever que la relation entre Shizuku et Arikawa évolue très lentement dans ce tome et cette tournure lente des événements pourra globalement laisser les lecteurs sur leur faim. Les deux amants se tournent plus autour l’un de l’autre qu’ils ne forment progressivement un véritable couple, sans que des moments véritablement forts ne viennent rythmer leur relation. On a connu plus entraînant dans le genre de la comédie romantique, ce même au sein de l’industrie du Hentai.
Ce que l’on a aussi trouvé frustrant, c’est que l’album est supposé reposer sur la résolution d’affaires criminelles, mais aucun chapitre ne prend le temps d’en développer une seule. Arikawa est supposé être un génie, mais on ne saura jamais en quoi consiste ses compétences ! Dans le rayon des frustrations, on pourra même ajouter que pour un album ayant le mot « Tokyo » dans son titre, la capitale du Japon n’est jamais ouvertement mise en scène dans cet album…
L’ouvrage révèle toutefois d’autres qualités : par exemple, sur le plan graphique, le trait de l’artiste Shimohara n’est jamais pris en défaut. On remarque rapidement que l’artiste joue beaucoup sur l’aspect mignon de sa petite héroïne (Shizuku mesure 1,56 m selon les notes à retrouver sous la couverture souple) : celle-ci a souvent un uniforme différent (par exemple, de domestique ou une marinière) et ses partenaires ne manquent pas de la taquiner en raison de son aspect « mignon à croquer ».
Sur le plan érotique, les propositions de Shimohara sont plutôt surprenantes au fil des chapitres. Comme évoqué sur la quatrième de couverture, l’emploi de sextoys permet la découverte d’un plaisir nouveau pour Shizuku. L’album a une ambiance plutôt lascive et se révèle d’ailleurs original lorsqu’un chapitre est consacré au plaisir solitaire au féminin ou qu’un autre met en scène un ébat entre jeunes femmes.
En dépit de ses manques parfois criants, le premier tome de Tokyo Black Box n’en demeure pas moins sympathique à lire. Le très joli trait de l’artiste sublime ainsi un contenu érotique plutôt surprenant, mais il donne aussi vie à un duo de personnages aux aventures légères sympathiques à suivre. Nous sommes désormais curieux de découvrir le prochain tome de cette série, ce format en feuilleton était une chose très rare parmi les mangas érotiques qui nous parviennent.
Par NICKYL
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Tokyo Black Box – Tome 1. Par Shimohara (scénario et dessins). Traduction de Gwendal Malignac. Hot Manga. Sortie le 27 mars 2026. 192 pages. 11,95 Euros.