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Excellent
9 juin 2026
Il y a bien longtemps, les dieux ont choisi des humains pour assurer le changement des saisons. Depuis, celles-ci reviennent grâce aux Agents, au nombre de quatre, et aux chants et aux danses qu’ils exécutent. Considérés comme des incarnations divines, les Agents naissent au sein de quatre grandes familles prédestinées et doivent s’acquitter de leur mission jusqu’à leur mort.
Un fardeau dont la charge écrasante finit souvent par briser les Agents, d’autant qu’il est amplifié par certains pans de la société. En effet, des groupes hostiles tentent régulièrement de kidnapper ou même de tuer les Agents pour diverses raisons, qu’elles soient politiques ou religieuses. Ainsi, il est impossible pour les Agents d’espérer avoir une vie ou des relations ordinaires, et cela jusqu’à la fin de leurs jours.
C’est dans ce contexte qu’il y a dix ans, Hinagiku Kayô, l’agente du printemps, a disparu. Au cours de cette période seules les trois autres saisons se sont succédées, avec des intensités redoublées. Aujourd’hui, Hinagiku est enfin de retour. Et c’est accompagnée de sa gardienne, Sakura Himedaka, qu’elles voyagent de nouveau à travers le pays pour invoquer le printemps en cette fin d’hiver.
À la base, nous trouvons un light novel [1] écrit par Kana Akatsuki, célèbre pour sa précédente série Violet Evergarden, magnifiquement animée par le studio Kyoto Animation. Débuté en 2021 et illustré par Suoh, le roman Agents of the Four Seasons compte huit tomes à ce jour.
Le manga lancé en 2022, dessiné par Nappa Komatsuda, avec sept tomes pour le moment, adapte la première partie du roman, La danse du printemps, correspondant aux deux premiers tomes. Signalons qu’en parallèle du manga, les éditions Akata ont également publié ces deux premiers tomes du roman.
Le récit s’articule autour de quatre duos, l’agent et son gardien, qui font face à la charge et aux contraintes de leur destin. Et plus particulièrement, c’est l’histoire de Hinagiku et de sa disparition qui constitue le fil rouge. La nature tragique de l’évènement est rapidement dévoilée, ainsi que le lien avec l’agent de l’hiver. Hinagiku n’est pas revenue tout à fait la même et l’histoire explore sa reconstruction, sur fond de culpabilité, de rancune, mais aussi de pardon. La dimension surnaturelle sert alors essentiellement de cadre à une étude psychologique.
Poétique et magnifiquement mis en images par Nappa Komatsuda, Agents of the Four Seasons est difficile à décrire : il s’agit avant tout d’une ambiance, entre mélancolie et espoir, qui joue sur l’exploration des sentiments. La finesse d’écriture de Kana Akatsuki permet de donner vie à des personnages à la sensibilité à fleur de peau, parfaitement transmise au lecteur. C’est à la fois simple et captivant, offrant une lecture fascinante et grandement recommandée.
Par Guillaume BOUTET
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Agents of the Four Seasons - La danse du printemps T.1 & T.2. Par Nappa Komatsuda (dessin), Kana Akatsuki (auteur original) & Suoh (design des personnages). Traduction : David Pollet. Éditions Akata. Sortie le 18 mars 2026 & le 20 mai 2026. 165 pages. 8,05 euros.
[1] Petits romans publiés en feuilleton, illustrés, formellement très simples et très populaires, notamment auprès du jeune public.