Septembre. La Rentrée. Comme nous pourrons le découvrir peu après, Please ! Freeze ! Please ! est un album qui s’inscrit de manière évidente dans ce contexte, mais rien ne nous interdit de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur. En effet, lors de la dernière San Diego Comic Con en juillet dernier, un éditeur américain avait invité un artiste japonais dont les œuvres ne laissent pas insensibles le lectorat…
Quand on voit de telles images, on se dit forcément qu’il y a quelque chose à faire en France au début de l’été…
Amis éditeurs du marché du Hentai en langue française, s’il-vous-plaît, parvenez à faire venir Shiwasu no Okina à la prochaine Japan Expo. On ne doute pas qu’il sera très bien accueilli par ses lectrices et ses lecteurs européens. Après, des Shikishis à 2 000 € avec la conversion magique comme de tradition, on ne s’engage pas à ce qu’ils trouvent tous forcément preneurs. Mais tout peut arriver !
Revenons désormais sur Please ! Freeze ! Please !, un album qui étonne au premier abord en tant qu’objet avec son aspect massif : avec près de 300 pages, il s’agit d’un des Hentai (si ce n’est « le ») les plus imposants en terme de pagination que l’on ait vus traduits en langue française. Sans qu’il y ait une grosse augmentation de prix à la clé de la part de NihoNiba, ce qui est à saluer.
Que nous proposent les dix chapitres de cet album paru originellement en 2020 chez l’éditeur nippon Hit Publishing Company ? On y suit les aventures de Tsukami et Idabashi, deux étudiantes qui par amour de la lecture ont pris la responsabilité de tenir la bibliothèque de leur établissement. Pas de chance pour elles, la bibliothèque subit des coupes budgétaires et le chauffage est ainsi très chichement allumé. Elles ressentent un froid de canard à force d’être assises derrière leur bureau !
Tsukami converse à ce sujet avec un habitué de la bibliothèque, leur camarade Mayumura. Affirmant qu’il n’est pas frileux, Tsukami a une idée : elle invite Mayumura à s’asseoir entre elle et Idabashi pour qu’il les réchauffe ! Si les jeunes femmes deviennent vite accroc à la chaleur humaine, Mayumura a bien du mal à rester de marbre entre ses camarades… et se retrouve gêné d’avoir une érection.
On n’ira pas plus loin dans la révélation de l’intrigue mais faites nous le crédit de nous croire lorsque l’on affirme qu’avec un tel synopsis simple et innocent, Shiwasu no Okina parvient à explorer l’essence de l’érotisme comme on l’a rarement vu ces dernières années. On risque peut-être de manquer de superlatifs pour rédiger cet article, mais la montée en tension de cet album est tout simplement magique à lire.
L’éditrice de la collection NihoNiba nous avait prévenus : pendant une bonne première centaine de pages, on ne voit pas d’ébat. Tout comme on voit très, mais alors très rarement des parties du corps convoquées par la sexualité. Pourtant, Shiwasu no Okina réussit le tour de force de proposer ici un contenu érotique à la sensualité évidente et à la tension qui monte de manière subtile. Amateurs de Vanilla, vous êtes ici face à une nouvelle référence pour vous.
Deux voies vers la découverte de l’amour s’ouvrent devant Mayumura, chacune correspondant à l’une de ses camarades, novices comme lui. Tsukami lui propose en premier lieu de s’enfermer ensemble dans la réserve de la bibliothèque et lui promet qu’elle ne bougera pas une fois à l’intérieur, laissant ainsi faire Mayumura ce qu’il veut de son corps. L’excitation de Mayumura est palpable, mais l’artiste évite de tendre vers une situation glauque pour au contraire présenter un moment touchant où les apprentis amants se découvrent.
Idabashi, finalement intéressée elle aussi par Mayumura, lui propose aussi de s’enfermer ensemble dans la réserve. Avec elle, c’est Mayumura qui ne devra pas bouger et la laisser faire ce qu’elle veut de son corps. Avec Idabashi, ce sont les pratiques de domination féminine (ou Femdom) dans un cadre doux qui sont expérimentées, ce qui permet aux apprentis amants de découvrir des plaisirs insoupçonnés.
Nous avons apprécié ce parcours initiatique du trio réalisé en effet uniquement au sein de la bibliothèque : les apprentis amants peuvent à tout moment se faire remarquer et probablement, chasser de leur établissement ! Ce parfum d’interdit plane au dessus de l’album. Son titre est d’ailleurs évocateur : il faut parfois temporiser son ascension du plaisir pour éviter les impairs.
Le contenu érotique de l’album est éclectique et témoigne de la riche expérience de l’artiste dans le domaine. On part ainsi de séquences sensuelles et douces où la pénétration n’est pas alpha et l’oméga d’une relation sexuelle pour aboutir à des séquences plus luxurieuses et détrempées que l’on attribue aussi d’ordinaire au style de Shiwasu no Okina. On soulignera aussi les qualités de son trait magnifique, capable donc de sublimer des situations fort diverses. Sur de nombreuses planches, son dessin se passe de phylactères pour transmettre une émotion aux lecteurs, et c’est tout bonnement remarquable.
Please ! Freeze ! Please ! est assurément un album incontournable de cette Rentrée 2024. Si vous avez déjà apprécié lire une œuvre de Shiwasu no Okina ou si vous souhaitez découvrir la catégorie des Hentai avec une référence accueillante, cet excellent album saura répondre à vos attentes. N’oubliez pas de soulever la couverture souple de l’album après l’avoir lu afin de lire les notes de l’auteur, surtout qu’il y annonce une potentielle suite à venir pour cette romance en bibliothèque.
Par NICKYL
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Please ! Freeze ! Please ! Par Shiwasu no Okina (scénario et dessins). Traduction du Studio Charon. NihoNiba. Sortie le 27 septembre 2024. 296 pages. 14,99 Euros.