Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Excellent
18 avril 2026
De nos jours, tous les foyers possèdent des ordermaids, des robots domestiques ayant l’apparence d’adorable soubrette. Bondo Taira, un écolier d’une famille très pauvre, rêve d’avoir lui aussi à son service une de ces assistantes aussi efficaces que ravissantes, surtout que tous ses camarades en ont une chez eux. Mais lorsqu’une ordermaid pour le moins atypique arrive chez lui, le jeune garçon déchante vite : malgré sa puissance, Roboco se révèle être une spécialiste des bourdes et a une conception très particulière du service à la personne !
Me & Roboco est un shônen manga de Shuhei Miyazaki. Il est prépublié depuis le 6 juillet 2020 dans le célèbre Weekly Shônen Jump et compte 25 tomes à ce jour. C’est un gag-manga qui fonctionne sur le principe d’une petite histoire par chapitre. Celle-ci plonge le lecteur dans le quotidien d’un écolier qui s’articule entre l’école, ses amis et sa famille.
L’humour se veut absurde avec Roboco qui ne se comporte jamais comme attendu, se méprenant souvent. Parfois comme un yakuza qui prend mal les réflexions, prompte à se faire respecter avec les poings, ou alors prenant pour un compliment ce qui n’en est pas un. Elle manque de sens commun et de délicatesse, avec des goûts douteux pour la cuisine ou les divertissements. Sans oublier une panoplie de gadgets inutiles, sauf lorsqu’il s’agit d’improbables armes de destruction.
Mais Roboco, en dépit d’être décalée et généralement incompétente, a bon cœur, à l’image de l’ambiance générale de la série. Ainsi, les deux amis de Bondo qui parlent généralement comme de mauvais garçons, limite comme des harceleurs, ont en réalité eux aussi bon cœur, toujours prêts à soutenir leur meilleur ami, et n’hésitant pas à le gâter d’attention. En somme, l’humour repose sur un calage entre le fond et la forme : de l’extérieur cela ressemble à des conflits, mais en réalité ils sont aux petits soins les uns envers les autres.
L’humour et la lecture sont destinés au 7 à 77 ans, même si le côté absurde poussé à l’extrême ne sera pas forcément au goût de tous. Un autre aspect du récit sont les parodies et les références aux mangas du Jump. La grande passion de Bondo est d’ailleurs la lecture du célèbre magazine. Ces références sont nombreuses et se retrouvent au détour d’un dialogue, comme lorsque Bondo, en découvrant Roboco, constate qu’elle a les mêmes genoux que Nappa de Dragon Ball. Enfin, pour terminer sur ce aspect, chaque couverture de la série est une parodie d’une existante : celle de ce premier tome est un détournement du tome 1 de Doraemon.
Les gag-mangas n’ont jamais connu un grand succès en France, et au Japon il s’agit d’un registre-niche, à l’exception de rares cas. De ce fait, Me & Roboco a mis du temps à arriver chez nous, en dépit d’être publié dans le Jump. C’est un manga simple mais drôle et touchant, grâce notamment à ses personnages attachants et à son humour débridé. Une sortie surprenante, dans tous les sens du terme, à ne pas manquer pour les amateurs d’histoires burlesques et bons enfants, qu’on peut retrouver dans le film sorti en 2025.
Par Guillaume BOUTET
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Me & Roboco T.1. Par Shuhei Miyazaki. Traduction : Alexandre Fournier. Mangetsu, collection "Shônen". Sortie le 1er avril 2026. 192 pages. 8,20 euros.