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Très bon
15 juin 2026
Chaque été, les éditions Delcourt/Tonkam ont l’habitude de publier un récit complet, ou un manga court, idéal à lire à la plage, à la campagne ou ailleurs. Et Kaori Ozaki occupe une bonne place dans cette tradition, même si la mangaka, qui a débuté sa carrière en 1993, se fait plus rare ces dernières années. Ainsi, en France, sa dernière publication date de 2020-2021 avec Golden Sheep, et avant, il y avait eu Mermaid Prince (2019) et Our Summer Holiday (2017).
Avec Love is a boxing ring, publié au Japon entre 2022 et 2023, Kaori Ozaki signe un récit typique de son univers, avec une différence notable : exit les adolescents et place aux jeunes adultes, ou un peu moins jeune. Nichiko, 34 ans, a quitté Tokyo pour retourner seule sur son île natale. Un lieu minuscule qu’elle n’a pas revu depuis une quinzaine d’années, comptant un unique feu tricolore et une supérette pour seul commerce ; les quelques enfants qui y habitent se rendent ainsi tous les jours sur l’île principale pour suivre leurs études.
Sur place, elle fait la connaissance de Chimaki, 23 ans, qui travaille à la supérette tenue par sa grand-mère. C’est un garçon étrange, naïf et candide, qui tombe immédiatement sous le charme de Nichiko. Et si cette dernière cache un passé douloureux qu’elle souhaite oublier, Chimaki n’est pas en reste, avec un évènement tragique de son enfance qui a marqué à jamais son destin.
Avec son style juste, mêlant légèreté et question sociétale, Kaori Ozaki nous entraîne dans un nouveau récit estival, moins dramatique qu’à l’accoutumée. En effet, le passé des protagonistes est derrière eux, relatif : il s’agit désormais de trouver un sens à cette vie qui n’a pas été tendre avec eux, dans laquelle ils n’ont pas eu beaucoup de chance, bien qu’ils aient toujours été de l’avant. Bref, c’est la rencontre de deux solitudes qui attendent encore le début d’une vie d’adulte épanouissante, en particulier pour Nichiko, qui commence à se dire qu’elle a sans doute gâché ses meilleures années.
La mangaka accompagne son couple d’un panel de personnages secondaires sympathiques et amusants : la touchante famille de Chimaki, un duo de lycéen vivant leurs premiers émois amoureux et un éditeur qui a perdu la foi en son travail, mais aussi en sa famille. Quelques séquences intéressantes relient tout ce petit monde, avec des situations parfois inattendues, souvent malicieuses, à l’image du titre du manga.
Kaori Ozaki signe une histoire simple, pleine d’énergie et de charme, au graphisme élégant et précis, qui nous fait partager un moment de vie d’une communauté à la fois atypique et ordinaire. Une jolie lecture, optimiste et porteuse d’espoir, qui devrait ravir les amateurs de romance adulte. Un incontournable de l’été, vivement recommandé.
Par Guillaume BOUTET
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Love is a boxing ring T.1 & T.2. Par Kaori Ozaki. Traduction : Miyako Slocombe. Delcourt/Tonkam, collection "Seinen". Sortie le 4 juin 2026. 192 pages & 208 pages. 8,50 euros.
Golden Sheep sur ActuaBD :
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