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Le Jackpot Capote est un album publié originellement en 2020 dans le catalogue de l’éditeur WaniMagazine, leader du marché japonais du hentai. Signé par l’artiste Dam, cet album s’inscrit-il dans la longue lignée des recueils d’histoires courtes Vanilla que l’on associe d’ordinaire à cet éditeur ?
Eh bien, ce n’est pas le cas : une nouvelle fois, l’éditeur LiLite a choisi dans ce catalogue un album à l’esprit décalé et osé. Le titre de l’album renvoie à son histoire principale, racontée en sept chapitres. On y suit les déboires du Paradise-Za, un cabaret luxueux et prestigieux du Japon de l’après-guerre. Au fil du temps, le Paradise-Za est devenu un soapland [1], à savoir un type de salon de massage japonais qui flirte souvent avec la prostitution.
Ce récit a deux héroïnes principales. La première, Lina (à droite sur la couverture), est la petite-fille du fondateur de l’établissement. Elle cherche par tous les moyens à lui redonner sa grandeur d’antan. Devenue l’employée vedette, elle multiplie les initiatives pour gagner en popularité auprès des clients et redorer ainsi le blason de la maison familiale.
L’autre héroïne de cette histoire est Ako (à gauche sur la couverture) : elle porte sur ses épaules le concept central de cette fantaisie érotique. Ako ne comprend pas pourquoi elle ne rencontre pas davantage de succès auprès des clients, alors qu’elle met tout son cœur dans son travail. Un jour lui vient une révélation : un accident de préservatif lui fait prendre conscience qu’elle aime les éjaculations internes et que celles-ci rendent les clients accros. Désormais, Ako propose des préservatifs discrètement percés afin qu’ils craquent lors des ébats… D’où le « Jackpot Capote » du titre !
Le contenu érotique mis en scène par l’artiste Dam met donc l’accent sur l’éjaculation interne, une pratique risquée dans le monde de la prostitution mais qui, selon les héroïnes, apporterait davantage de plaisir aux professionnelles comme à leurs clients. Ako et Lina accueillent donc, dans une ambiance lubrique, des éjaculations exubérantes et assurément irréalistes, pour le plus grand plaisir de leur clientèle.
Dans son ensemble, l’histoire du Paradise-Za est intéressante à suivre, mais elle se révèle finalement trop courte à notre goût, puisqu’elle n’occupe qu’une grosse première moitié de l’album. Nous n’aurions ainsi pas rechigné à lire une histoire complète consacrée à cet établissement qui lutte, mû par une douce folie, pour sa survie.
La seconde moitié de l’album regroupe trois histoires courtes, qui reviennent à des schémas narratifs plus habituels de cette industrie. Si la première pourra déconcerter une partie non négligeable du lectorat — une étudiante y succombe aux charmes d’un frotteur qui l’a prise pour cible dans le train —, les deux autres, bien plus légères, confirment l’esprit déjanté qui semble caractériser le style de Dam.
Porté par de plutôt jolies planches, Le Jackpot Capote s’adresse donc aux lectrices et aux lecteurs à la recherche d’un album léger et déjanté. Cette ambiance est d’ailleurs renforcée par la traduction, régulièrement amusante, de Willem Fonteneau.
Par NICKYL
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Le Jackpot Capote. Par Dam (scénario et dessins). Traduction de Willem Fonteneau. LiLite Édition. Sortie le 9 juillet 2026. 184 pages. 12,50 Euros.
[1] Si d’aventure vous recherchez une œuvre connectée à cet univers sulfureux, nous pouvons vous conseiller le très bon jeu vidéo Yakuza : Like a Dragon, de l’éditeur Sega, car le héros principal de ce titre a été élevé par les employées d’un établissement de ce type.