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Le lauréat ? Antonio Martin, éditeur et historien pionnier de la bande dessinée en Espagne. Né en 1939, il a fait tout un parcours dans l’édition jeunesse avant de lancer en 1968, sous l’impulsion de Francis Lacassin et de Claude Moliterni, l’équivalent du CELEG, le Grupo de Estudios de las Literaturas Populares y de la Imagen (GELPI) et la revue Bang ! qui se situait dans la lignée de Linus en Italie et de Charlie Mensuel en France. Comme historien, on lui doit une imposante Historia del comic español : 1875-1939 (1978), pionnière du genre.
Il travailla comme éditeur pour les groupes Euredit et Planeta. Dans ce dernier groupe, il occupa le poste de directeur éditorial entre 1983 et 2000. Il finit directeur général du groupe et œuvra à sa retraite pour Glénat Espagne. Il a cependant laissé une impression mitigée pour avoir attaqué en justice un jeune dessinateur, David Ramirez, qui avait eu le malheur de faire de lui une parodie qu’il avait jugée offensante.
Corporatisme ?
Le principal reproche des pétitionnaires ? « Ce n’est pas un auteur de BD ! » proclament plus de 300 auteurs hispaniques (parmi lesquels Paco Roca, Alfonso Zapico, David Rubín, Miguel Gallardo ou encore David Aja) et quelques associations d’auteurs comme ARGH ! (Association professionnelle des scénaristes de bande dessinée), AGPI (Asociación Galega de Professionais da Ilustración) ou APIC (Associació Professional d’illustradors de Catalunya) dans une lettre ouverte.
Le FICOMIC, qui a eu lieu cette année sur support numérique, maintient cependant l’attribution de son Grand Prix mettant en avant l’indépendance et la qualité de son jury composé de membres éminents comme le scénariste Antonio Altarriba (Grand Prix 2019), l’autrice Ana Galvañ, la critique de BD Cristina Hombrados (Asociación de Críticos), Ulises P. López, représentant de l’Association des auteurs, Albert Mestres (libraire), Álvaro Pons (directeur de la chaire de bande dessinée de l’université de València), l’autrice et théoricienne de la BD Marika Vila et le critique et scénariste de BD Antoni Guiral, par ailleurs commissaire des expositions du Festival.
Le FICOMIC rappelle également que le Grand Prix récompense le lauréat « pour ce qu’il a apporté au monde de la bande dessinée », ce qui est le cas du récipiendaire de 2021. Il ajoute cependant qu’il entend les doléances qui lui sont faites et qu’elles permettront sans doute de faire évoluer le prix à l’avenir.
En réponse, plusieurs auteurs appellent au boycott de la manifestation…
Une situation qui fait écho à la crise entre les auteurs français et le Festival d’Angoulême où, là encore, les auteurs remettent en cause la représentativité du Grand Prix et entendent imposer leur point de vue tant dans l’organisation du Festival, que sur le mode de scrutin de ses récompenses.
Par Didier PASAMONIK
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