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Pas mal
28 décembre 2025
Ce qui étonnera les lectrices et les lecteurs quand ils auront pour la première fois cet album en mains, c’est qu’il est très volumineux. Avec 276 pages annoncées par l’éditeur, cet album est assurément parmi les plus gros que l’on ait jamais vus sur le marché français.
Operate to Force JK est un album paru originellement en 2015 dans le catalogue de l’éditeur japonais Taiyohtosho. L’ouvrage accueille une histoire complète racontée sur dix chapitres.
Le thème central de l’album est une thématique plutôt rependue au Japon ces dernières décennies dans l’industrie du Hentai, celle du smartphone qui permet de manipuler physiquement et/ou mentalement une victime, mais elle demeure plutôt inédite parmi les traductions en langue française qui nous parviennent.
Le récit s’ouvre sur le moment où Manabu, un étudiant lambda, se voit donner par une inconnue dans la rue un téléphone aux propriétés magiques. Il suffirait de prendre en photo une personne avec cet appareil pour pouvoir ensuite la stimuler sexuellement en touchant sur l’écran des zones de la photo. Les yeux avertis observeront au détour d’une case que l’inconnue qui a confié ce téléphone à Manabu est probablement un démon-renard…
Manabu ne réfléchit pas longtemps sur la manière de tester le smartphone : il l’utilisera sur Hinata, la chargée de discipline de son établissement, qui l’a surpris un jour avec un magazine érotique parmi ses affaires. Manabu n’a pas supporté le regard supposément méprisant qu’elle lui a adressé ce jour-là et compte bien le lui faire payer…
Comme vous l’aurez compris, c’est le thème très clivant du sexe contraint qui sert de moteur au récit. Son contenu, lié aux nombreuses déboires vécues par Hinata, est souvent très sombre et pourra se révéler malaisant selon le ressenti des lecteurs.
Dans ce cadre, les fantaisies érotiques de l’artiste sont plutôt classiques dans l’ensemble, mais Crimson tire son épingle du jeu quand le smartphone entre en action : Hinata a ainsi l’impression que de nombreux hommes stimulent son corps, ce qui a pour résultat de mettre en valeur des formes variées de préliminaires.
L’atmosphère lubrique de l’album est marquée par une censure sur le plan graphique : que ce soit par l’apparition de mosaïques sur les parties intimes des personnages ou que celles-ci soient représentées comme sombres ou brillantes, la censure graphique est évidente dans cet album. Néanmoins, sa présence ne gâche pas fondamentalement sa beauté plastique.
Operate to Force JK est un récit NTR selon l’auteur, mais pour que cela prenne véritablement sur le plan narratif, on manque cruellement d’empathie pour Manabu. Un personnage principal qui se révèle tout du long être horrible, mu par son unique désir charnel.
Au contraire, nous avons été plus réceptifs à l’écriture plus fine de Hinata, dont la résilience face aux sombres déboires qu’elle subit mérite d’être relevée. Ce n’est donc pas pour rien que Hinata Fujiura est un personnage parmi les plus populaires de la carrière de Crimson, selon son aveu.
Au détriment de l’album, nous avons trouvé que le dessin de Crimson est inégal. Si ses pleines pages sont souvent jolies, son trait se révèle bien souvent inégal selon les cases pour croquer, par exemple, les visages de ses protagonistes.
Notre avis est finalement mitigé : la générosité de l’album est contrebalancée par quelques défauts non négligeables. Il y a, par exemple, un décalage entre la visée exprimée par l’auteur dans sa postface et le ressenti que nous avons eu du résultat final. On se retrouve quoiqu’il arrive prochainement pour vous présenter un coffret de trois albums, signé par Crimson, sorti lui aussi en fin d’année chez Hot Manga.
Par NICKYL
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Operate to Force JK. Par Crimson (scénario et dessins). Traduction de Ly Chung. Hot Manga. Sortie le 17 décembre 2025. 276 pages. 9,95 Euros.