Miurizuma | L’Épouse vendue est un album paru originellement en 2014 dans le catalogue de l’éditeur japonais Futabasha ; un catalogue que l’on rencontre par ailleurs de manière sporadique ces dernières années parmi les traductions en langue française.
Avec cet album, nous tenons un recueil de cinq histoires plus ou moins courtes, car la plupart sont racontées sur plusieurs chapitres (les plus longues comportent ainsi trois chapitres).
Le sous-titre de l’album, L’Épouse vendue, fait référence à l’une des histoires présentées : on y suit les déboires d’une épouse qui est obligée de s’offrir aux créanciers de son mari, ce dernier ne pouvant pas éponger ses dettes. L’argument de cette histoire n’est pas novateur dans l’industrie du Hentai, mais il reflète globalement bien la proposition de l’album.
En effet, toutes les histoires de cet album ont un thème central sombre car il s’agit de celui de la domination. Dans le cadre de relations sado-masochistes, quasi-exclusivement imposées aux concernées, les héroïnes subissent un « dressage » (selon le vocabulaire de l’album) de la part d’hommes qui ont la mainmise sur elles. Ce « dressage » s’incarne par exemple dans les aventures lubriques vécues par une mère de famille et ses trois filles, qui tombent toutes follement amoureuses d’un employé de bureau d’âge moyen, lambda… et vierge jusqu’à leur rencontre.
À n’en pas douter, le développement des personnages féminins sous la plume de l’artiste Karasu se révélera clivant selon la sensibilité des lecteurs. Pour notre part, nous avons été déçus que l’on retombe invariablement sur le ressort narratif du Mind Break : les héroïnes de cet album succombent quoi qu’il arrive, et quelles que soient leurs convictions initiales, au plaisir charnel de ces ébats extravagants. Assurément, ne recherchez pas des portraits valorisés de femmes avec cet album.
En ce qui concerne le contenu des intrigues, il est fait mention du genre NTR sur la quatrième de couverture, mais rares sont les histoires dans cet album mettant véritablement en scène des personnages torturés par les relations adultères qui leur sont imposées.
Au crédit de l’album, il faut tout de même relever que Karasu a la volonté de mettre en scène des retournements de situation dans la plupart des chutes de ses récits, ce qui rehausse quelque peu à nos yeux la qualité narrative de ces derniers.
Porté par le trait plutôt joli de l’artiste, qui a tendance à croquer des personnages féminins aux poitrines opulentes, le contenu érotique de cet album est à situer du côté Hardcore du spectre. Dans une ambiance bien souvent débauchée, la grande majorité des ébats mis en scène dans cet album sont contraints, et les autres introduisent même la thématique clivante de l’inceste.
On remarque par ailleurs dans les fantaisies érotiques de Karasu une prépondérance de la pratique de la sodomie et de l’emploi de divers jouets sexuels. Le résultat que l’on découvre au fil de l’album est, comme évoqué précédemment, très extravagant, fantaisiste et souligne la visée finalement récréative de l’album poursuivie par l’auteur. Miurizuma | L’Épouse vendue est donc un album à réserver aux lecteurs souhaitant découvrir des mangas érotiques aux ambiances plus sombres et résolument Hardcore.
Par NICKYL
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Miurizuma | L’Épouse vendue. Par Karasu (scénario et dessins). Traduction de Gwendal Malignac. Hot Manga. Sortie le 28 novembre 2025. 232 pages. 11,95 Euros.