Très bon
16 décembre 2025
Dans un monde ravagé par le « mal cristallin », Saya Ushimitsu, une humaine artificielle rattachée à l’institut du même nom, parcourt différentes mégalopoles à la recherche de survivants à mettre en sécurité ou de cadavres infectés à décontaminer. Dans ce monde désolé, elle finit par croiser le chemin d’Isami et Kanoko, un frère et une sœur qui sont nés immunisés contre le fléau qui a ravagé l’humanité. Ensemble, ils tentent de retrouver un homme du nom de Usa, qui chercherait à rassembler les derniers témoins de l’humanité.
Le voyage de Saya, relativement calme et contemplatif, commence ainsi à prendre une tournure plus aventureuse. La base du récit reste cependant inchangée : des rencontres régulières avec des androïdes, souvent en piteux état, qui font perdurer l’héritage de leur ancien maître, et donc un petit morceau de la civilisation humaine.
Les principales rencontres qui ponctuent ces tomes sont au nombre de deux. Il y a d’abord la gardienne d’une jeune fille, qui souffrait d’une maladie incurable, et qui s’occupe désormais des plantes laissées par cette dernière. Et il y a l’assistant d’un horloger, qui a pris goût au travail d’artisan et qui transmet ce sentiment à Isami en réparant la montre d’un client décédé depuis longtemps. En effet, son ancien maître lui a appris que, lorsqu’on accepte un travail, il faut le mener jusqu’au bout.
Des moments de nostalgie et de poésie triste qui s’articulent avec la nouvelle quête du trio de voyageurs récemment formé. En suivant la piste laissée par Usa, ils passent par des entrepôts souterrains et des tours de contrôle qui vont se révéler fort bien gardées. D’ailleurs, la question de l’armement d’Isami et Kanoko ne va pas rester en suspens, avec également un début de formation pour la plus jeune au pilotage d’énormes machines.
Le clou du spectacle, pour ainsi dire, ce sont les rencontres avec des machines, ou des êtres, qui tentent d’éliminer Saya et ses compagnons. Ces séquences donnent lieu à des scènes d’action spectaculaires et intenses, qui tranchent avec le récit ordinaire. Des ruptures parfaitement calculées, surprenantes, et qui réussissent leurs effets. Et lorsque, à la clé, se trouvent des retournements de situation, comme à la fin du tome quatre, la lecture n’en est que plus réjouissante.
Selon un modèle bien connu et rodé — nous pouvons évoquer par exemple Blame ! — le voyage solitaire de Saya, dans un monde abandonné, se mue petit à petit en quête de la vérité et en survie d’une nouvelle humanité qui a évolué. Le trait de grès de Haruo Iwamune, aussi à l’aise avec l’architecture que la mécanique, confère à l’ensemble une ambiance fort à propos, même lors des scènes d’action. Rien de novateur, mais il s’agit tout de même d’un excellent manga de science-fiction, tout en évocation et en poésie.
Par Guillaume BOUTET
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Mission in the Apocalypse T.3 & T.4. Par Haruo Iwamune. Traduction : Lilian Lebrun. Delcourt/Tonkam, collection "Moon Light". Sorties le 23 avril 2025 & le 10 septembre 2025. 224 pages & 192 pages. 8,50 euros.
Mission in the Apocalypse sur ActuaBD :
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