Bon
6 décembre 2025
Nous avions laissé nos héroïnes face à un spectacle sidérant : alors qu’elles tiraient un feu d’artifice, un avion de chasse avait fait irruption dans le ciel nocturne de Nagaoka. Dans ce début de tome, nous avons la confirmation qu’il ne s’agit pas d’un drone : une personne se trouve dans le cockpit, et elles échangent avec elle des signaux lumineux en morse. Ne pouvant se poser dans la ville, le pilote leur donne rendez-vous à la base aérienne de Misawa, dans le département d’Aomori.
Yôko et Airi sont enthousiastes, mais elles doivent pour cela traverser toute la région du Tôhoku afin d’atteindre la côte nord de Honshû, l’île principale du Japon. Un long voyage, certes, mais elles ne sont pas pressées. Pour le lecteur, le périple n’est pas non plus excessivement long : le temps de ce tome et de cinq chapitres, un par étape.
En soi, et au bout du compte, il s’agit presque d’un tome ordinaire de la série, mais sous forme expresse en raison de la succession rapide des étapes. Notre duo s’arrête d’abord à Kashiwazaki, pour ajouter un cadenas à la barrière des amoureux, puis à Yamagata, célèbre pour ses tournois de shôgi (échecs japonais) et le mont Zao (un volcan dont le cratère abrite un lac).
Ensuite, nos héroïnes font halte à Sendai pour faire revivre, bien modestement, son célèbre festival Tanabata ; puis elles admirent le fameux Cerisier Briseur de Roches à Morioka ; et enfin, à Akita, elles redonnent un coup de propre à la statue de la princesse Tatsuko, qui, selon la légende, se serait métamorphosée en dragon pour devenir la gardienne d’un lac. Plus un petit bonus à côté d’Akita, avec le village thermal de Nyûtô.
L’ensemble apparaît donc classique, sans surprise, mais agréable grâce à son concept parfaitement maîtrisé : la découverte d’un monde détruit se conjuguant à un tourisme naïf et nostalgique. Cependant, le récit aborde de plus en plus directement ses mystères. En particulier, les « souvenirs » de Yôko se font de plus en plus présents. Elle se revoit désormais systématiquement visiter ces lieux à l’époque où la civilisation existait encore, aux côtés de sa fameuse « sœur », à moins que…
Cette évolution concernant cette mémoire passée a également une conséquence sur l’ambiance : Yôko, jusqu’à présent enthousiaste et joviale, se montre par moments mélancolique, ressentant enfin la tristesse de ce qui a été perdu. Un tome qui apparaît comme un dernier tour de piste avant de nous entraîner vers une rencontre qui pourrait enfin apporter des réponses aux nombreuses questions sur la catastrophe et sur le statut des humains, qui semblent avoir disparu en dehors de Yôko.
Signalons que l’adaptation animée du titre est actuellement en cours de diffusion, disponible en simulcast sur Crunchyroll :
Par Guillaume BOUTET
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Les Promeneuses de l’Apocalypse T.7. Par Sakae Saito. Traduction : Laurent Lemercier. Éd. Doki Doki, collection "Seinen". Sortie le 3 décembre 2025. 176 pages. 7,50 euros.
Les Promeneuses de l’Apocalypse sur ActuaBD :
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