Vous l’avez très certainement compris en découvrant l’excellente note accordée ci-contre à cet album : oui, l’attente était amplement méritée. Le Paradis de Nanaka est une série de Doujinshis publiée par Akatsuki Myuuto sur le circuit indépendant nippon depuis 2022. C’est grâce à l’éditeur Irodori Comics que nous voyons débarquer cette série sur le marché français avec un premier volume commercialisé à l’occasion de Japan Expo 2025 et regroupant les quatre premiers chapitres de cette histoire.
On y suit les aventures de Minoru Higurashi, un jeune enseignant pas très bien dans sa peau et transféré par son académie dans une branche reculée à la campagne. Là-bas, il manque dès son arrivée de se faire renverser par un poids-lourds… sous le regard hagard de ce qui ressemble à un démon en armure traditionnelle ?!
Par chance, il ne met ensuite pas longtemps à trouver son nouvel établissement, dont l’architecture est tout bonnement magnifique. Féru de photographie, Minoru dégaine son appareil pour immortaliser la vue. Il mitraille tout ce qui s’offre devant lui, comme le ruisseau enchanteur qui parcourt la propriété… ainsi, qu’accidentellement, les jeunes femmes qui s’y baignent en tenue d’Ève.
Minoru anticipe le scandale qu’il a provoqué par sa maladresse, mais contre toutes attentes, ses sujets involontaires ne lui en veulent pas… et se révèlent même être ses nouvelles élèves ! Minoru est tout de même embarrassé par la situation, mais les six jeunes femmes, toutes sœurs de la famille Nanakamado, ont une idée en tête…
Celle qui semble être leur leader, Ichika (à droite sur la couverture), propose à son professeur un jeu afin de l’intégrer dans l’académie. Bien décidées à « récupérer leur jeunesse », les sœurs Nanakamado lui proposent de jouer aux amoureux et de tous se déshabiller pour se mettre en condition ! Minoru, vierge et ayant essuyé que des mauvaises fortunes avec les femmes dans sa vie, succombera t-il à l’interdit ?
On ne vous en révélera pas davantage en ce qui concerne l’intrigue de cet album, mais faites nous confiance quand nous vous affirmons que son propos est bien plus fin et rassasiant qu’il n’y paraît. En effet, Akatsuki Myuuto n’hésite pas dès le premier chapitre à poser des indices graphiques ou des pistes au détour des dialogues pour conditionner les lecteurs à ce qu’ils vont progressivement découvrir… Quelqu’un dans l’assistance a dit « fantastique » ?
Ce que nous avons le plus apprécié dans cet album, c’est le romantisme dont il fait preuve. Akatsuki Myuuto déploie dans cette série une atmosphère résolument positive et de tous les instants. Minoru et les sœurs Nanakamado partagent des vacances d’été idylliques, où chacun profite pleinement du moment. Pour Minoru, c’est un rêve devenu réalité que de devenir aussi intimes avec toutes ces jeunes femmes et celles-ci n’hésitent pas à exprimer leurs sentiments à l’égard de leur professeur afin de faire reculer ses doutes consubstantiels. Toutes les sœurs Nanakamado ne sont pas aussi mises en avant par l’intrigue, mais le duo formé par Ichika et Minoru vaut le détour.
Les sœurs Nanakamado expriment sans honte leurs sentiments, mais aussi leurs désirs : Harem oblige, Minoru va découvrir le plaisir charnel dans les bras de chacune d’entre elles. La carrière d’Akatsuki Myuuto a démontré que le Harem était son genre de prédilection et cette série ne contredit pas cet état de fait. Les ébats de groupe faisant intervenir les sept personnages sont dynamiques et pour la plupart exubérants. Les lecteurs expérimentés auront peut-être l’impression que l’artiste se révèle classique dans ses propositions érotiques, mais ce dernier se montre aussi diablement efficace dans leur réalisation.
À nouveau, Akatsuki Myuuto démontre sa maîtrise quant à la mise en situation de ses fantaisies érotiques. C’est particulièrement à travers ces singulières situations que l’artiste parvient à faire grimper la tension érotique de ses récits. Dans cet album, nous avons retenu l’exemple d’une partie de cache-cache au sein de l’académie qui surprend par sa tension palpable (la crainte d’être démasqué et l’interdit ainsi dévoilé) et ses finalités scénaristiques.
Le grand format de l’album permet enfin de profiter du très joli trait de l’artiste, mais aussi de la composition recherchée de ses planches : séquences à la première personne (où les lecteurs partagent la vision de Minoru), fréquentes cases panoramiques sur deux pages pour sublimer les héroïnes, fréquentes illustrations de pleine page pour marquer les temps forts du récit… Il n’y a pas à écrire, cet album est un exemple type des qualités de dessinateur d’Akatsuki Myuuto. Relevons aussi à son crédit des scènes d’action réussies, portées par des doux délires d’otaku qui ne manqueront pas d’attirer la sympathie des lecteurs.
Cet excellent album, best-seller du stand Irodori Comics à la Japan Expo 2025, se conclut sur une chute qui appelle un second volume… Est-ce que cet engouement du public français pour l’œuvre d’Akatsuki Myuuto, observé par le président-fondateur On Takahashi, poussera Irodori Comics à proposer la seconde anthologie à l’horizon de Japan Expo 2026 ?
Par NICKYL
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Le Paradis de Nanaka | Harem de beautés dans une académie de campagne | Anthologie vol. 1. Par Akatsuki Myuuto (scénario et dessins). Traduction de Sengan. Irodori Comics. Sortie le 3 juillet 2025. 205 pages. 39,95 Euros.