Beromance est un titre que l’on doit à l’artiste Berose et qui a été publié originellement en 2018 au Japon par l’éditeur Akaneshinsha. On croise ces dernières années peu d’albums issus de ce catalogue nippon, seul l’éditeur Hot Manga semble actuellement proposer quelques nouveautés associées.
L’album est un recueil de huit récits qui s’ouvre sur une histoire d’une cinquantaine de pages intitulée Hello Goodbye. On y découvre un monde au bord de la rupture car la communauté scientifique internationale a découvert qu’un petit astéroïde allait dans six mois percuter la Terre et mettre fin à la vie sur celle-ci. Les grandes puissances du monde tentent bien d’envoyer des engins spatiaux afin de faire dévier le projectile, mais rien y fait…
On suit particulièrement les déboires de trois jeunes gens qui continuent d’aller ensemble en cours, alors même que bon nombre de leurs camarades sont absents et se consacrent à ce qui ressemble inéluctablement à leurs derniers jours ; à l’image de ce que l’on observe alors à travers le monde et toutes les sociétés.
Pour conserver le plaisir de la découverte, nous nous arrêterons là pour cette brève présentation, mais sachez que Hello Goodbye est une histoire tout bonnement excellente : même si on est face à un manga érotique, l’histoire est prenante et le sentiment de romance qui parcourt ces pages ne peut qu’interpeller les lecteurs. Hentai oblige, l’auteur fait aussi ici la preuve de ses capacités assurées grâce à son très beau trait et l’ambiance voluptueuse qu’il distille dans ses séquences érotiques.
Avec un départ aussi excellent, nous nous attendions à des histoires de ce calibre dans la suite du recueil, mais ce ne fut pas le cas. En effet, les histoires de Berose nous apparaissent comme inégales, même s’il faut souligner ici qu’aucune d’entre elles nous a paru fondamentalement mauvaise. Chaque histoire est par ailleurs accompagnée d’un commentaire de l’auteur où il explique ses inspirations ou ses intentions. Nous avons trouvé cette démarche bienvenue.
L’ambiance des histoires racontées par Berose est bien souvent différente de l’une à l’autre, ce qui maintient l’effet de surprise pour les lecteurs. Par exemple, on peut découvrir un récit centré sur une comédie romantique et enchaîner avec un autre centré sur une thématique dure, comme le suicide ou le harcèlement scolaire. Concernant ces thématiques plus difficiles [1], nous avons trouvé que Berose se montrait juste dans son propos.
Sur le plan érotique, Berose ne surprend guère : on est ici dans le domaine du « classique, mais efficace ». Toutefois, l’artiste parvient fréquemment à réussir son effet grâce à l’atmosphère sensuelle qui plane au-dessus de ses séquences érotiques.
Ce qui surprend en revanche à la lecture de cet album, c’est que l’artiste y alterne entre des modèles qui correspondent aux critères classiques de beauté et d’autres dont il assume leur potentielle laideur. Ce souci de variété s’observent aussi par la représentation de différentes morphologies pour les corps des personnages, car tous n’ont pas une taille de mannequin et peuvent donc présenter des rondeurs plus prononcées que d’ordinaire.
Cette variété graphique fait aussi ressortir le caractère inégal du trait rond de l’artiste au fil des histoires. Si nous comprenons le propos de l’auteur, ce recueil compile l’œuvre de ses trois premières années de carrière et on ressent donc que toutes les histoires ne bénéficient pas de la même assurance sur le plan graphique.
Globalement, Beromance nous semble une porte d’entrée intéressante pour les lecteurs qui souhaitent s’initier à ce segment. Les lecteurs plus assidus auront eux une très bonne surprise qui mérite le détour. Pour notre part, nous espérons désormais que l’éditeur Hot Manga éditera dans les prochains temps le second tome de Beromance, déjà disponible au Japon.
Par NICKYL
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Beromance. Par Berose (scénario et dessins). Traduction de Yves Bohmler. Hot Manga. Sortie le 17 mai 2024. 192 pages. 9,95 Euros.
[1] Il n’y a pas de thème a priori clivant pour les lecteurs dans cet album, si ce n’est peut-être une histoire de prostitution estudiantine.