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ONO s’implante au Cameroun et les réactions sont... mitigées

18 mai 2026 Commenter
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NOUVEAUX HORIZONS ! La plateforme de webtoons ONO, lancée en 2023 par le groupe Média-Participations, avec le soutien de Glénat, s’implante au Cameroun. Dans les faits, cela veut dire que les utilisateurs camerounais auront un accès direct au catalogue sans passer par un VPN ou d’autres moyens moins légaux. De plus, les illustrateurs et dessinateurs camerounais vont pouvoir publier directement sur la plateforme et les distribuer à leurs lecteurs. Là où les fans de webtoons ne peuvent que se réjouir, les professionnels camerounais du milieu sont un peu plus réticents, l’irruption d’ONO, un acteur non-camerounais, est-elle une menace pour les structures locales ? Telle est la question qui fuse sur réseaux sociaux.

On va finir par croire que chez ActuaBD, on a du flair... : à peine publions-nous un article complet sur l’impact de Zebra Comics sur le webtoon au Cameroun, que le lendemain, ONO annonce s’implanter dans le pays ! Tout le catalogue d’ONO sera ainsi disponible en ligne pour les lecteurs camerounais !

Mais cette annonce s’accompagne d’une incertitude : alors que les acteurs locaux du webtoon, notamment le fer de lance Zebra Comics, dont la mission consiste à, écrit notre collaborateur Christophe Cassiau-Haurie, « faire de l’Afrique une puissance mondiale dans le domaine de la bande dessinée, de l’animation et de la narration, grâce à des créateurs africains et à la propriété intellectuelle africaine », sont encore en plein développement, l’annonce d’ONO peut être perçue comme une menace. Quelle chance a vraiment une plateforme locale qui a à peine une dizaine d’années face à la force de frappe de Média-Participations et Glénat, qui ont en plus l’avantage de dominer le marché européen du secteur ?

ONO s'implante au Cameroun et les réactions sont... mitigées
Le groupe Zebra en 2017
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Dans les commentaires, deux camps émergent. Pour certains comme l’artiste webtoon Twin’s Art, la présence d’ONO ne fera qu’étouffer les acteurs locaux. On peut lire « La raison du plus fort est la meilleure. Si on est faible on se fait écraser. Si on est fort, on prospère. Juste pour la question, "pour" ou "contre" leur arrivée, je suis contre ! Mais ce n’est pas ici qu’il faut répondre. »

On peut y interpréter une opposition, mais presque résignée. Et on ne peut pas le nier, ONO est un acteur français extrêmement puissant qui pourrait aisément racheter ou écraser ses concurrents grâce au soutien de ses actionnaires. Le spectre d’un néo-colonialisme n’est pas loin : « Nos frères de Zebra et Plumic bossent dur depuis des années avec presque rien. Maintenant les Français reviennent encore nous “coloniser” comme si on n’a rien appris ? ».

D’un autre côté, les plus optimistes voient en l’arrivée d’ONO une opportunité et une reconnaissance de l’art du webtoon au Cameroun. Si la plateforme permet à de plus en plus de lecteurs de lire du webtoon, le marché grandira, et avec lui les opportunités. Du côté des créateurs camerounais, ces derniers auront également accès au gigantesque réseau d’ONO, pour peut-être amener un jour leurs œuvres à se développer à l’international. Les plateformes locales, comme Zebra Comics ou Plumics, ont une carte à jouer : qui mieux qu’eux pour produire des histoires réellement africaines et camerounaises ? Pas des Français, en tout cas.

Zebra Comics s’est fendu d’un commentaire rassurant : « Deux boulangeries peuvent coexister dans le même quartier. Chacune a sa clientèle. C’est une bonne chose d’ouvrir le marché. » Là où ONO est le « big player » international, Zebra et Plumics ont une connaissance du marché local qu’ils ont patiemment construit depuis plusieurs années. La connaissance du marché est souvent ce qui fait ou défait les projets d’une telle industrie. Souvenez-vous que Domino’s Pizza, une multinationale estimée à 15 milliards de dollars, avait fait faillite en Italie après seulement sept ans d’activité parce qu’elle avait échoué à satisfaire le public local.

Tout ce beau monde pourra-t-il cohabiter sans se marcher sur les pieds ?
© ONO - Plumics - Zebra Comics

Au final, ce sont les lecteurs qui voteront avec leur portefeuille. Les avis sont partagés en ligne. Laissons le mot de la fin au bédéiste Paul Monthé, qui a commenté sous la publication : « Le constat est là, glacial : ils débarquent, et pas pour offrir des fleurs à la concurrence... Soit on reste au niveau de "Pour ou contre leur arrivée ?“ en sachant pertinemment qu’ils n’en ont rien à battre, soit on reste focus et on donne le meilleur de soi. Le reste appartiendra à l’Histoire. »

AO

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