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ONIRISME CHAMPÊTRE - Annoncée pour la rentrée 2025 chez le Lézard Noir, Les Enfants du pommier d’Ai Tanaka est une romance fantastique en 3 tomes publiée en 2011 au Japon et couronnée, l’année suivante, du Prix du Nouvel Auteur lors de la 16e édition du Japan Media Arts Festival. Le premier volume nous laisse toutefois sur notre faim malgré un beau travail éditorial.
Abandonné à sa naissance en 1948 et recueilli par un bonze, Yukinojô est un jeune homme sans histoire et doué dans ses études même s’il a assez peu confiance en lui. Lors d’une rencontre arrangée par ses parents adoptifs, il accepte d’épouser Asahi, une jeune femme dynamique originaire d’Aomori, un village de campagne situé tout au nord de l’île principale du Japon, où elle compte bien reprendre la pommeraie familiale.
Les nouveaux mariés s’installent donc là-bas, et Yukinojô trouve un certain apaisement au contact de sa belle-famille et du rythme lent des saisons. Mais un jour d’hiver, alors qu’Asahi est alitée, il commet sans le savoir un acte irréparable qui va bouleverser le destin du village et de son couple.
On retrouve déjà dans cette première œuvre d’Ai Tanaka son goût pour le fantastique et le monde des rêves qu’elle cultivera par la suite avec les excellents Le Roi des Limbes et La Cuisine du Tengu, également publiés chez le Lézard Noir.
Cependant, contrairement à ces séries, et même si les personnages sont attachants et que l’histoire tient globalement la route, il reste un écueil majeur empêche d’entrer complètement dans le récit : le silence autour du pommier maudit, que tout le monde connaît au village mais dont personne n’a parlé à Yukinojô, même après qu’il a donné à manger la pomme fatale à sa femme sans savoir de quoi il retournait.
Il a bien eu un doute en voyant le pommier chargé de fruits en plein mois de février, mais il ne s’est pas méfié plus que cela. Ce qui reste incompréhensible, en revanche, c’est le silence et la résignation de son épouse et des villageois face aux nombreuses questions de Yukinojô qui cherche à réparer son erreur involontaire. Le volume se termine sur cette ambiance pesante et injustifiée, et il est difficile d’imaginer que tout sera résolu en deux tomes, ce qui gâche un peu le plaisir de lecture et l’envie de découvrir la suite.
Comme d’habitude chez le Lézard Noir, la qualité du papier et de l’impression est au rendez-vous, ce qui compense un peu la frustration précitée. Mention spéciale à l’intérieur de la jaquette en papier épais, semi rigide et semi glacé, qui se lit comme un journal et présente l’histoire résumée de quelques variétés de pommes, le plan de la maison des parents d’Asahi, où les jeunes mariés s’installent, et quelques témoignages de vie locale.
GBé
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