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MARDI PROCHAIN, le 14 avril 2026, aura lieu à Paris à la Librairie Les Merveilles à Ménilmontant une rencontre-débat ou Jean-Pierre Dionnet, cofondateur de Métal Hurlant, Jean-Luc Fromental, éditeur, Benjamin Herzberg, dernier assistant de Will Eisner et Didier Pasamonik, directeur de la rédaction d’ActuaBD raconteront la gestation du premier « Graphic Novel » américain et la genèse éditoriale de la publication de Will Eisner en France. Un moment exceptionnel où quatre témoins viendront rapporter leurs souvenirs de leurs rencontres avec le créateur du Spirit à l’occasion de la Semaine Will Eisner qui célèbre le « roman graphique » sous toutes ses formes dans tout l’hexagone jusqu’au 24 avril 2026.
« Je suis un born again » plaisantait Will Eisner pour commenter l’étonnante deuxième partie de son parcours artistique dans le domaine de la bande dessinée. En 1965, son ancien assistant, Jules Feiffer, qui a fait entretemps une carrière remarquée d’éditorialiste graphique, consacre à son mentor un article dans son ouvrage The Great Comic Book Heroes, l’un des premiers ouvrages consacrés à la bande dessinée aux États-Unis. L’année suivante, Feiffer publie un hommage vibrant à Will Eisner dans le New York Herald Tribune en l’accompagnant de quelques planches du Spirit. La nouvelle génération commence à apprécier le travail de ce fondateur et à prendre conscience de son importance et de son apport.
C’est le cas d’Alan Moore, le célèbre scénariste de From Hell et de Watchmen, qui le redécouvre à cette occasion : « Chaque fois que vous avez l’occasion d’entendre un professionnel de la bande dessinée, n’importe lequel, même moi, pontifier et théoriser sur l’état de l’édition, gardez ceci en tête : nous nous contentons de construire sur les fondations inébranlables qu’a posées Will Eisner » [1]
Mais ça, c’est la première partie de sa carrière. La deuxième est consacrée à son agence de communication dont le premier client est l’armée américaine. C’est le sujet de l’exposition Les Guerre d’Eisner qui s’inaugure cette semaine à La Contemporaine à Nanterre, mercredi 15 avril 2026 prochain.
Entre 1952 et 1971, les comics ne l’intéressent plus. Jusqu’au jour où il est invité, après cette réhabilitation, à recevoir le 2e Grand Prix du Festival International de la BD d’Angoulême : : « Un évènement capital pour moi s’est déroulé en 1975, raconte-t-il. Cette année-là, j’ai reçu le Grand Prix d’Angoulême 2. C’était un temps de grands mouvements. La B.D. venait d’arriver à maturité et les professionnels européens allaient la propulser vers de nouveaux horizons. Aux États-Unis, l’underground s’était chargé de la faire connaître et cette influence s’étendait jusqu’en Europe. » [2]
Grâce aux petits éditeurs indépendants, les Américains découvrent une bande dessinée d’auteur d’une grande technicité, et dans cette forme éditoriale fascinante à leurs yeux : l’album. « Les Français étaient en train de créer une nouvelle race de bande dessinée, loin des super-héros qui avaient si longtemps dominé la scène » [3] analyse Eisner.
De fait, lorsque le dessinateur américain se rend pour la première fois en Charente en 1975, la bande des Humanoïdes associés vient y lancer le premier numéro de Métal hurlant et Casterman publie un épais volume en noir et blanc, le premier album de Corto Maltese : La ballade de la mer salée. En 1977, l’éditeur belge Casterman, qui a l’ambition de devenir « le Gallimard de la B.D. » lance la revue (À Suivre) et les œuvres qui y sont publiées paraissent dans une collection de « romans (À suivre) »….
On vous raconte la suite lors de la rencontre à la Librairie des Merveilles. À mardi !
DP
« L’Aventure éditoriale de Will Eisner » à la Librairie Les Merveilles, 35 rue de Ménilmontant, 75020 Paris. Rencontre de 19h à 21h30. Réservation obligatoire : Sur le QR code ci-dessous, sur ce lien ou encore par mail (librairie@librairiemerveilles.com) ou par téléphone au 01 86 04 60 82.
[1] Alan Moore, « L’esprit pionnier », préface de l’édition française du Spirit, T. 1, Toulon, éditions Soleil, 2002, page 3.
[2] Hervé Cannet, Angoulême, le grand vingtième, préface de Will Eisner, Angoulême, Salon international de bande dessinée, 1993, page 3.
[3] Idem.
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