Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
SEMAINE WILL EISNER. Jeudi prochain, le 16 mai 2026, à l’Alliance Israélite Universelle, Jérémie Drès, Emmanuel Guibert et Benjamin Herzberg débattront en compagnie de Didier Pasamonik de la caractéristique du roman graphique tel qu’il été conçu par Will Eisner en 1978 : il devenu par excellence un « lieu de mémoire » dons le sens où l’entendait Pierre Nora.
Pour les Américains, le Graphic Novel désigne le plus souvent une bande dessinée dont l’ambition est de faire une œuvre littéraire, à l’instar du roman. À la différence des comic books, ces fascicules de bande dessinée inspirés des pulps diffusant le plus souvent dans un format de 32 pages des aventures de super-héros pour adolescents, le Graphic Novel, par ses thèmes et par son approche narrative, est clairement destiné à un public adulte : « Ce terme forgé par l’Américain Will Eisner en 1978 pour décrire son livre A contract with God, [1] écrit l’historien anglais Paul Gravett, a connu un succès immédiat, sans doute parce qu’il permet de distinguer les publications chères, luxueuses et ambitieuses des comics bas de gamme… Aujourd’hui, le public […] est devenu friand de ce type d’ouvrages, qui quittent de plus en plus les échoppes spécialisées pour apparaître sur les rayons des grandes librairies parés de logos de maisons prestigieuses telles Penguin et Gollanz… » [2]
Le Graphic Novel, caractérisé par les formes romanesques de l’introspection, et du penchant à développer un propos mémoriel et autobiographique, devient une catégorie à part entière de la bande dessinée.
Depuis la Shoah, la nécessité de perpétuer la mémoire des juifs assassinés par le régime nazi s’est imposée à tous. Mais grâce à l’opportun travail de pionnier d’Eisner, de nouvelles générations d’auteurs ont mis leurs pas dans les siens. On peut citer Joann Sfar qui joua un rôle capital dans la rénovation de la bande dessinée contemporaine avec ses amis de l’Association parmi lesquels David B, Emmanuel Guibert ou encore Marjane Satrapi. On mentionnera aussi Ben Katchor (Le Juif de New York, Julius Knipl) et James Sturm (Le Swing du Golem). La Shoah suscite d’autres mémoriaux comme celui de Myriam Katin (Seules contre tous), le brillant Yossel de Jo Kubert ou encore les ouvrages de Jérémie Dres qui réhabilitent la mémoire de ses familles polonaises et égyptiennes.
Avec Fagin le juif ou encore Le Complot, alors qu’il a allègrement dépassé le cap des 80 ans, Will Eisner avait amorcé, avec le concours de Benjamin Herzberg, un travail de déconstruction systématique du discours antisémite avec une verve et une ardeur au combat qui était celle de ses compagnons de l’underground, comme Art Spiegelman ou Dennis Kitchen.
Venez rencontrer Emmanuel Guibert, Jérémie Dres, Benjamin Herzberg et Didier Pasamonik à l’occasion de la Semaine Eisner en France à l’Alliance Israélite Universelle, l’une des plus anciennes associations juives en France
Table ronde « Bande Dessinée, lieu de mémoire » à l‘auditorium de la Bibliothèque de l’Alliance Israélite Universelle, 6 bis rue Michel-Ange, 75016 Paris. Rencontre de 19h30 à 21h00 suivie d’une séance de dédicaces. Inscription : 01 02 03 04 05 06 ou en ligne SUR CE LIEN
[1] Publié en français successivement sous les titres de Un bail avec Dieu (Humanoïdes associés, 1982), Le Contrat (Glénat, 1993) et enfin Un Pacte avec Dieu (Delcourt, 2004)
[2] Paul Gravett, « My Novel is Graphic », traduction de Lily Sztajn, Le Magazine, catalogue officiel du XVIIe Salon international de bande dessinée, Angoulême, janvier 1990, page 62.
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.