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BONHOMME DE NEIGE. Et de trois pour Matthieu Bonhomme sur Lucky Luke. Le cow-boy qui tire plus vite que son ombre créé initialement par Morris revient pour un troisième album sous la plume de l’auteur réaliste français. Lucky Luke qui fête ses 80 ans en cette année 2026, puisque il est apparu pour la première fois dans l’Almanach 1947, un hors-série du journal de Spirou publié en 1946. Un joli cadeau pour le cow-boy solitaire et ses fans. Mais ce n’est pas tout bien sûr.
Matthieu Bonhomme digne héritier de Morris et de Peyo avait inauguré cette collection de Lucky Luke « vu par » il y a bientôt une dizaine d’années. Avec un album remarqué qui nous annonçait la mort du célèbre cow-boy au foulard rouge.
Mais aussi...
Depuis, six autres aventures très diverses du point de vue du contenu ont suivi. Des versions du flegmatique cow-boy signés par des auteurs aussi différents que : Guillaume Bouzard, Mawil, Ralf König, Blutch, Brüno et Appollo.
Blanche neige
En Allemagne aussi cette année, une nouvelle aventure de Lucky Luke, parodie de Blanche Neige signée Reinhard Kleist et Flix, donnera encore un peu plus d’élan à cette veine destinée à apporter un souffle nouveau aux pérégrinations drolatiques du plus fin tireur de l’Ouest sauvage.
Tir en série
On compte par dessus le marché comme par effet boule de neige sur la série télévisée avec acteurs, une coproduction Disney+ et France Télévisions, prévue pour sortir dans le courant de l’année 2026. Au printemps normalement sur la plateforme Disney+.
Accompagnée et précédée comme il se doit, d’un album spécialement dédié de Guillaume Bouzard : comprendre dans ce cas un journal assez particulier du tournage. À paraître le 27 février chez Dargaud. Gare aux balles perdues.
Plus comme de juste, le douzième album du personnage signé Achdé. Sur le sixième scénario concocté pour lui par Jul. Une sortie prévue pour octobre 2026.
Une grande exposition sera inaugurée lors de la trentième édition des Rendez-Vous de la bande dessinée d’Amiens, en juin prochain. Prévue pour célébrer les 80 ans du personnage, l’exposition, enrichie de planches originales, reviendra sur toutes les différentes vies du cow-boy.
On constate de toute évidence que ce 80e anniversaire du cow-boy qui tire plus vite que son ombre va être consacré plus que dignement !
Neige blanche
Mais revenons à nos moutons, en la circonstance blancs comme neige. Puisque ce troisième opus signé Matthieu Bonhomme, après une aventure citadine de Lucky Luke, puis une autre sous le chaud soleil et la rocaille du Far-West, va se dérouler en hiver sous la neige en direction du Canada. Une aventure de 88 pages intitulée : « La Longue Marche de Lucky Luke ». À la sortie prévue pour le 17 avril 2026.
En voici le résumé : Forêts du nord du Minnesota, territoire Lakota. Lucky Luke est chargé par Mr Cramp, patron de l’imposante « Cramp Compagny », de retrouver son neveu, qui aurait été enlevé à la naissance par la tribu des Pieds-bleus. Luke retrouve l’enfant –désormais âgé de 10 ans, nommé Nuage Rouge et fils adoptif du chef Lance de Bois-, mais réalise vite que Cramp cherche en fait à éliminer cet héritier et rival, pour s’approprier pleinement l’entreprise familiale.
Le cowboy fuit immédiatement avec Nuage Rouge désormais en danger vers le Canada et entame une marche longue et périlleuse entre forêt glaciale, loups affamés et (quatre) redoutables desperados envoyés par Cramp !
Dans le sillage des deux précédents opus, on s’attend avec cette nouvelle aventure enneigée au retour de personnages familiers vus d’une manière surprenante, un peu de nostalgie et d’humanité, de grands espaces.
Et un exercice de virtuosité graphique et narratif à la précision redoutable, digne de la gâchette infaillible du cow-boy plus rapide que son ombre. Le tout sans ostentation, de manière sourde comme des pas dans la neige, tout en sachant en mettre plein la vue. Talent d’un sacré Bonhomme oblige. Et le tout pour la reprise, mais oui, d’un personnage classique en plus ! Tant pis pour les esprits chagrins qui déjà ruminent.
Comme si la bande dessinée serait le seul domaine artistique à ne pas devoir savoir faire vivre son héritage, son patrimoine. Allons bon.
Matthieu Bonhomme a su combiner comme rarement l’influence de toute une tradition de la Bande dessinée franco-belge où la lisibilité et l’efficacité narrative étaient les maître-mots. Avec une modernité dans l’appréhension du médium, une ambition qui rendent toujours aussi pertinente et attrayante cette manière de raconter une histoire en image. N’en déplaise aux ignorants, aux sectaires et aux grincheux qui prédisent ou professent sur le mode crépusculaire la fin d’un certain type de BD belge et française.
Ben non en fait, pas du tout.
PA
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