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VÉRITABLES. Baudrillard avait prédit cette constante de l’information d’aujourd’hui : « Plus vrai que le vrai : le vraisemblable ». C’est le cas des Dalton qui doivent leur légende à Hollywood d’abord, grâce au dernier des survivants de la fratrie, puis à la rencontre d’un cow boy qui tire plus vite que son ombre animé par deux créateurs de génie : Morris et Goscinny.
C’est l’histoire d’un truand mort à Hollywood et qui a eu le temps d’inscrire ses méfaits et ceux de ses frères dans la légende. Né le 3 mai 1871, Emmet Dalton est le dernier né des frères Dalton, issus d’une famille de 15 enfants (dix garçons et cinq filles). Il a 21 ans quand ses deux frères sont abattus à Coffeyville. Il les suivit tout jeune dans leurs périples criminels et parvint, après avoir survécu à la tuerie (et à 23 impacts de balles !) puis à un emprisonnement à vie commué à 14 ans de réclusion, de retrouver une vie honnête, tout en essayant de réhabiliter le nom de sa famille. Car son autobiographie écrite en 1918, Beyond the Law (Nous, les frères Dalton, dans sa traduction française), est avant tout un plaidoyer pro domo de ses actions et de celles de ses frères.
C’est ce que l’on apprend dans ce livre de Tom Clavin qui nous révèle qu’avant de devenir des outlaws, les Dalton étaient… policiers, ayant travaillé un temps pour leur frère aîné Frank qui mourut d’ailleurs les armes à la main pour la défense de la loi !
C’est un peu face à l’ingratitude et au manque de reconnaissance du sacrifice de leur frère qu’ils choisirent le côté obscur de la force. C’est aussi un livre mensonger sur les Dalton qui pousse leur frère Emmet Dalton a écrire ses mémoires. Si les faits sont le plus souvent vérifiés, Emmet enjolive un peu l’affaire. Vivant désormais à Hollywood où il décède le 13 juillet 1937 alors que Morris n’a pas encore 14 ans, il intervient comme conseiller sur certaines productions de films.
Morris n’a pas mystère que c’est le film When the Daltons Rode (dont la veuve d’Emmett figure dans les crédits) qui lui donne l’idée des Dalton. Ce qui l’avait marqué dans le film de George Marshall, c’était une équipée de ces quatre cavaliers de l’apocalypse plutôt favorable aux frangins maléfiques.
Dans Hors la loi, il leur règle leur compte : la scène finale de l’album en atteste : ils sont six pieds sous terre ! Mais c’est compter sans Goscinny qui, dans Les Cousins Dalton, leur donne des parents-jumeaux, devenus depuis un archétype de la bêtise.
Aujourd’hui, on ne connaît plus qu’eux. Comme disait l’autre : « Plus vrai que le vrai : le vraisemblable »…
DP
La Véritable Histoire des Dalton, les derniers des hors-la-loi du Far-West- Par Tom Clavin – Alisio Histoire
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